The Next Big Shit — Episode 81

Vous Sous-estimez Combien Vous Pouvez Gagner

Luc et Alexandre expliquent pourquoi la plupart des gens sous-estiment leur potentiel de revenus et comment viser plus haut.

Speakers
Luc Allain, Alexandre Bonhomme
Duration
Transcript(53 segments)
  1. Luc Allain

    Je pense qu'on est en train de passer le pic de hype du numérique, fait de dire, ah mais c'est cool d'être en ligne, c'est cool de s'afficher, c'est cool de tout ça. T'arrives avec un concept, tout le monde pense que tu vas attaquer un marché spécifique, alors qu'en fait, tu vas juste ouvrir beaucoup plus de chemins possibles pour élargir ce marché. Il y a très très peu de personnes qui peuvent le voir, sauf comme tu l'as dit, les fondateurs. Tu sais jamais ce que tu sous-estimes et ce que tu surestimes. Je vais essayer de réfléchir et te dire quel marché moi, je sous-estime. Alors juste avant de commencer l'épisode, si vous voulez que la personne aille mieux informer en business, tech, finance, on a une usetteur totalement gratuite qui vous envoie en 3u par jour tout ce dont vous avez besoin pour avoir un coup d'avance. Il y a déjà plus de 30 000 professionnels, entrepreneurs, investisseurs qui l'utilisent tous les jours. Donc si ça vous intéresse, c'est le premier lien dans la description. Alex, aujourd'hui, on parle de l'optimisme. On parle de l'optimisme et on parle du fait que je pense que beaucoup d'entrepreneurs sous-estiment grandement ce qu'ils peuvent gagner. Que beaucoup d'investisseurs sous-estiment grandement le potentiel de certaines boîtes. Et on va parler de ce biais humain que Jeff Bezos a souligné à de nombreuses reprises qui nous dit qu'on a tous un biais négatif en soi qui nous entraîne, nous amène à surestimer, survaloriser les risques auxquels on fait face et, certaines fois, sous-estimer les opportunités, les gains qu'il est possible d'avoir. Et en fait, cette réflexion, je l'ai eue en écoutant un podcast et je me suis rendu compte d'une chose, je me suis rendu compte de toutes ces industries qui, en fait, aujourd'hui, sont encore petites parce qu'on les voit avec un prisme soit de notre quotidien, c'est-à-dire qu'on est tous dans une sorte de cadrage mental qui nous empêche peut-être de voir certaines opportunités, de comprendre certaines ambitions parce qu'on voit le monde d'une certaine manière, on est entouré de personnes qui y passent d'une certaine manière et donc certaines ambitions, certaines visions que peuvent avoir des personnes totalement étrangères voire nous paraissent farfelues ou alors parce que, en fait, on voit certains business dans le prisme du marché existant et pas dans le marché qui peut s'ouvrir à partir du moment où le business arrive à réellement accomplir sa promesse. Alors, dans ce podcast, ce que je te propose, c'est, première partie, parler un peu de ce biais qu'évoque Jeff Bezos et j'aimerais rebondir sur le cas Shopify. Ça a été un bon exemple de ce biais. Vous allez voir, c'est assez fou, il y a des investisseurs qui sont passés à côté à l'époque où Shopify réalisait 5 millions de revenus annuels. Ensuite, j'aimerais bien qu'on puisse se demander, quels sont aujourd'hui, Alex, alors deux choses. De 1, les business qu'on a vu passer et dans lesquels on ne croyait pas du tout alors qu'en fait, ça a fini par exploser et expliquer pourquoi on n'y croyait pas. Et troisièmement, essaie de réfléchir à des business, pas forcément à des idées, je parle plus d'industrie, à des industries, en fait, que le marché dans sa globalité aujourd'hui sous-valorise, sous-évalue, alors qu'en fait, ça pourrait donner quelque chose d'absolument énorme parce que certaines personnes ont compris, ont vu des choses que la majorité n'a pas vu. Et je vais donner deux exemples, peut-être que t'en auras d'autres. Dans cette partie, je vais parler du marché de la longévité, qui je pense va être énormissime alors qu'aujourd'hui, il pèse 19 milliards. Et je vais parler du marché des médias qui, alors que la majorité des personnes parce que les réseaux sociaux, pardon, décollent et que Musk a dit vous êtes le Média Now, tout le monde pense que les journaux sont finis et parce que si l'IA arrive et donc tout le monde pense que les médias écrits, voire les médias vidéos sont terminés. Alors que je pense que c'est un business qui, en fait, va exploser. Voilà le programme. Déjà, première question, est-ce que tu es d'accord avec ce biais ? Est-ce que ce biais te parle ? Est-ce que tu as déjà été victime de ce biais ? Alors, on peut commencer avec une anecdote. L'anecdote de Père Alex.

  2. Alexandre Bonhomme

    Non, mais en vrai, oui. Oui, j'ai déjà été victime de ce biais et j'ai été victime de ce biais il n'y a pas super longtemps. Ça doit faire trois ou quatre ans. Un jour, on va dans le Pays Basque avec un entamandu de garçons et je me retrouve dans la bagnole avec un entrepreneur, entrepreneur Bordelay, qui a monté une belle boîte. Et on se connaît depuis longtemps et on a un groupe d'amis communs, dont la personne qui se marie. Et si tu veux, c'était vraiment au moment où avec Will, on a commencé non pas uniquement à faire de la tech et du rapport et de la data, mais on a ouvert les autres activités. Et donc je lui pitche ce qu'on est en train de faire. Je lui dis qu'on commence à avoir un carnet de commandes qui monte. On devait à l'époque avoir signé 5 millions d'opérations, à peu près. Et je lui explique tout ce qu'on fait et il voit que je suis hyper chaud, que je suis hyper bouliche sur ce qu'on est en train de faire et que je lui dis que ça va révolutionner la taille qu'on a et que c'est notre moment, que c'est notre moment, que c'est celui-là, que c'est cette idée, que c'est ce truc-là qui va changer la donne et qui fait passer d'une petite boîte à un truc monstrueux. Et je me souviens, en toute sympathie évidemment, pas il m'a pris de haut, mais il m'a dit, mais mec, ce que tu nous pitches là, là, c'est impossible de scaler. Je ne dis pas que tu n'as pas réussi à faire un ou deux deals et que tu n'es pas un peu malin. Il dit, mais le fait de le scaler, de réussir à en avoir dans toute la France, encore moins à l'étranger, impossible. Et il m'explique par A plus B que c'est impossible, si tu veux, qu'on peut faire un peu d'argent, mais que de manière générale, scaler ce modèle-là est impossible. Trois ans plus tard, c'est aujourd'hui, 95 % de notre chiffre d'affaires sort de ce modèle-là, qu'on soit clair. Et évidemment, il est 50 fois supérieur à ce qu'il était avant. Et j'y repensais, c'est drôle qu'on fasse ce podcast aujourd'hui, parce que j'y repensais il y a quelques semaines en me disant, putain, heureusement que je n'ai pas écouté quelqu'un que je considère plus fort que moi en entrepreneuriat, qui a, et surtout à l'époque, avait plus d'expérience que moi, et surtout à l'époque, avait plus de réussite que moi. Et je me disais, moi je devrais avoir 26. Et lui ? Soit 26, soit 27. J'ai un petit doute sur la date exacte du truc en question.

  3. Luc Allain

    Ouais, mais lui, il avait quel âge ?

  4. Alexandre Bonhomme

    Ah, lui il devait avoir 35 à l'époque, il doit approcher les 40 là.

  5. Luc Allain

    Ok, donc c'était pas non plus un boomer, le mec était quand même assez jeune.

  6. Alexandre Bonhomme

    Non, non, non, et puis il a fait une partie de sa carrière dans la tech en plus. Donc il savait de quoi il parlait. Et, heureusement, on s'entend très bien. Et donc j'avais presque eu peur et tout ça, mais évidemment j'ai décidé de continuer et ça s'est bien passé et cool. Mais quand j'y ai repensé il y a quelques semaines, je me suis dit, en fait, quand tu n'as pas le nez dans une boîte, et que tu n'as pas l'ensemble du plan dans la tête, tu peux avoir tendance à complètement sous-estimer les gains possibles. Et parfois, par contre, à sous-estimer les problèmes possibles. Il y a aussi le bien inverse qui est, tu dis, ah ouais, c'est bien, ça va être facile, alors qu'en fait il va y avoir plein de merde sur la route. Mais je pense que sur les gains possibles, t'as tendance à sous-estimer. Et à ce sujet là, c'était vraiment une anecdote que moi j'ai vécue, donc oui je l'ai vécue de un. Et de deux, j'ai tendance à penser que quasiment tout business, si tu, dans toute industrie, à partir du moment où elle est assez importante l'industrie, si tu le prends bien, je pense que dans toute industrie il peut y avoir une billionne de leurs compagnies. À minima tu vois.

  7. Luc Allain

    Et attends, question, pourquoi il t'a dit que c'était pas scalable, c'était quoi ces arguments ?

  8. Alexandre Bonhomme

    Ces arguments c'était de penser que nous on aurait à chaque fois à intervenir sur les chantiers, qu'on aurait à intervenir sur il y aurait des merdes, on aurait à gérer les retards et tout ça. Ce qu'il avait pas envisagé, si tu veux, c'était qu'on ne se mette que en intermédiaire de financement, mais sur un modèle de partage de marge. En gros c'était ça. Lui il disait, si tu veux partager la marge, alors t'es une forme de copromoteur. Et pas, t'es une forme de banque qui fait payer plus tard. J'exagère, mais en partie ce qu'on fait c'est, on est une banque qui fait payer plus tard. Je schématise grandement tu vois. Et ça il l'avait pas anticipé. Et donc le diable est dans les détails comme on dit, c'est dans le détail du modèle que t'as la capacité à scaler. Et des fois on parle de millimètres de détail entre ce que nous on fait et ce qui aurait été en effet, si son analyse avait été poussée correctement, elle était probablement juste. Probablement si on avait exactement fait ce que lui pensait qu'on allait faire, on aurait eu énormément de mal à scaler.

  9. Luc Allain

    Et est-ce que vous vous êtes recontacté depuis ou pas ?

  10. Alexandre Bonhomme

    On s'est revu, on s'est revu mais on n'a pas reparlé de ça parce que malheureusement il a eu une aventure entrepreneuriale moins fastoche après. Et donc on n'a pas forcément reparlé taf. Mais on s'était vu il n'y a pas très longtemps.

  11. Luc Allain

    Vous pouvez pas aller le voir et lui dire, tiens je t'avais bien dit, chef.

  12. Alexandre Bonhomme

    Non, c'est pas du tout, c'est ni mon style ni mon... Tu vois, tu me connais assez, c'est pas mon style. Donc non. Mais tu as forcé de constater que même des gens smarts et tout ça peuvent complètement rater une opportunité. Et il y a ce fameux meme de Garry V qui dit, oui j'ai raté Hubber, il a dû le répéter à peu près 4000 fois. Tu vois qui c'est Garry V ? Bien sûr, bien sûr. Qui dit qu'il a raté l'investissement dans Hubber 4000 fois parce qu'il n'y croyait pas trop, parce qu'il se disait que ce n'était pas dirigé par Trévis au début, parce que plein de trucs. Et là il est passé à côté de l'opportunité. Donc je pense que les gens, de manière générale quand tu es un investisseur surtout, et que tu dois faire gaffe à ton risque, quand tu es un extérieur, tu sous-estimes grandement la capacité d'un business à exploser. Et je pense que j'ai même un message, j'y crois viscéralement, c'est que quand tu n'es pas le ou les fondateurs, un des fondateurs d'une boîte, enfin à l'inverse pardon excuse-moi, seul le ou les fondateurs de la boîte ont l'idée réelle de jusqu'où va aller le business. Parce qu'en fait le business n'est limité que par leur ambition. Ou après ils changent, c'est plus eux et peut-être que le business va plus loin sans eux. Mais l'équipe dirigeante et notamment pour moi les fondateurs, c'est eux qui définissent, c'est ce que j'appelle l'horizon. L'autre jour je parlais avec des investisseurs, et je leur disais mais c'est quoi votre horizon ? Vous voulez faire un million, vous voulez faire 100 millions, vous ne voulez jamais partir, vous voulez avoir une rente, c'est quoi votre horizon ? Moi je leur dis toujours, l'horizon que j'ai chez Will, je ne l'ai pas encore vu. Je ne sais pas où ça s'arrête. Et tant qu'il n'y a pas un mur, je ne m'arrête pas. Et s'il y a un mur, j'essaierai de le péter. Et donc ils savent que je n'ai pas d'horizon, ils savent que si on arrive à faire un milliard, je suis content, si on en fait 150, je pousserais pour en faire 300. Et à un moment où ça bloquera, évidemment, mais potentiellement. Mais voilà. Et je pense qu'il n'y a que les fondateurs qui peuvent savoir réellement où on va s'arrêter. Et je pense que dans le cadre, tu veux l'évoquer, je vais faire une petite digression avant, mais dans le cadre de Shopify c'est ça. Dans le cadre de Shopify, tu as deux mondes qui s'affrontent. Tu as un fondateur qui te dit, je vais prendre tout le commerce, je vois des choses. Et de l'autre, t'as un investisseur rationnel qui va te dire, bon, le micro commerce fait par des indépendances et on multiplie, on fait un taux de croissance de 10 % à l'an, et donc ça va te faire à peu près ça de revenu. Mais c'est pas ça la réalité. C'est que la réalité, elle évolue et qu'il y a le dropshipping, et que le dropshipping fait d'un produit qui était une sorte de niche, un produit qui est utilisé par des millions de personnes. Je schématise grandement. Mais tu vois ce que je veux dire ? C'est qu'un changement à un moment ailleurs que dans la niche exacte dans laquelle le produit est placé, donne au produit une résonance complètement nouvelle. Quand les mecs, je n'ai pas l'info, mais je suis à peu près sûr de ce que je veux dire. Dans les réseaux sociaux au départ, les mecs se disaient, moi je me souviens, pareil, j'étais petit à cette époque-là, et mon oncle est trader, en gros. Enfin pour l'affaire courte, il est gestionnaire de patrimoine, mais sur du patrimoine financier. En gros, il administre des portefeuilles. Et il me disait, non mais les actions réseaux sociaux, quand Facebook s'est introduit en bourse, je ne comprends pas. En gros, c'est débile. Ça n'a pas de sens, c'est tout ça. Et il ne se rendait pas compte du changement du monde, du changement d'usage des gens qui étaient en train de se passer, et du fait que ça devienne pour des milliers et des milliers de petites tailles et de tailles moyennes, l'outil marketing numéro un, et l'outil de communication numéro un, que ce soit en organique et ou en paid. On s'en fout, tout mélangé. Il ne se rendait pas compte de ça. Et donc, il ne pouvait pas bien pricer le business. Ça, c'est fou parce que c'est vraiment le cadre de pensée. C'est extrêmement compliqué de se dire, OK, en fait, Shopify, en effet, ce n'est pas juste, on va venir attaquer les petits commerces. Shopify, c'est qu'on crée un outil pour permettre à n'importe qui de lancer son petit commerce. Donc, on est face à un marché qui pesait de base, et ils pensaient qu'ils allaient sortir un maximum à 400, 500 millions, les investisseurs s'y rentraient.

  13. Luc Allain

    Et en fait, aujourd'hui, la boîte, elle vaut combien ?

  14. Alexandre Bonhomme

    C'est 198 milliards, la boîte Shopify ?

  15. Luc Allain

    Je ne sais pas, mais elle vaut très très cher. 130, 140 milliards aujourd'hui de valo à Shopify.

  16. Alexandre Bonhomme

    Parce qu'en fait, ils ont permis à littéralement n'importe qui. C'est un peu comme Uber. Je ne sais pas si tu avais eu l'anecdote ou pas. L'anecdote, en fait, de base, c'est que à Uber, Uber à San Francisco, en gros, les investisseurs, ils se sont dit, bon, OK, le marché est axé là-bas, il est de 150 millions. Donc, grosso modo, voici si on prend 50 % des parts de marché, c'est énorme. OK, on prend 75 millions de parts de marché là-dessus. Mais en fait, ce qui s'est basé, c'est que le Uber ici a multiplié par 3 ce marché.

  17. Luc Allain

    Le marché des taxis.

  18. Alexandre Bonhomme

    Oui, à la demande. Parce qu'en fait, ils ont permis à n'importe qui, finalement, d'avoir accès à ces taxis dans les zones non desservies, à des prix plus bas, avec des voitures plus ou moins personnelles, accédé à des nouveaux trajets, etc. Et je peux le faire si c'était la même chose. Et cette capacité, je trouve, en fait, tu arrives avec un concept où tout le monde pense que tu vas attaquer un marché spécifique, alors qu'en fait, tu vas juste ouvrir beaucoup plus de chemins possibles pour élargir ce marché. Ça, il y a très très peu de personnes qui peuvent le voir, sauf, comme tu l'as dit, les fondateurs. Parce que les fondateurs, en fait, ils arrivent avec une vision, avec une ambition qui peuvent paraître totalement démesurées. Certaines personnes peuvent même se moquer de cette vision, mais parce qu'ils vont y croire, parce qu'ils vont se battre pour l'atteindre, ils vont réussir à attendre ça. C'est quand même dingue de te dire que tu es une boîte et que tu viens créer des nouveaux marchés. C'est assez fascinant, assez fascinant. Mais de façon, la plupart des gens, avant que tu sois rentable ou quoi, la plupart des gens voudront t'expliquer que c'est impossible. Et en gros, pas se foutront de ta gueule, parce qu'il y a plein de gens gigabienveillants, mais ils n'y croiront pas.

  19. Luc Allain

    Et toi, c'est quoi les marchés que tu sous-estimes aujourd'hui ?

  20. Alexandre Bonhomme

    C'est une putain de question, ça. Les marchés que moi, je sous-estime. Soit que toi, tu sous-estimes, soit que la majorité des gens sous-estiment aujourd'hui. C'est une excellente question parce que tu ne sais jamais ce que tu sous-estimes pour quand même faire mon philosophe à deux balles. Tu ne sais jamais ce que tu sous-estimes et ce que tu surestimes, puisque de ton point de vue, tu l'estimes correctement. Mais c'est une excellente question. Je vais essayer de t'en trouver. Je vais essayer de réfléchir et te dire quel marché moi, je sous-estime. Quel marché j'aime pas du tout, par exemple. Il y a un marché, alors attends. Il y a un marché que je pense sous-estimer, que je n'ai aucune idée. Je ne suis pas encore heureux, mais je n'ai aucune idée de comment régler le problème, entre guillemets. Et je sais que plein de gens commencent à le sous-estimer de plus en plus. Et ça, c'est le marché du gaming. Le marché du gaming est en train de vachement se transformer. Ubisoft souffre de fous en bourse. Il y a plusieurs boîtes qui ont quand même souffert. Ils sont en train de sortir Electronic Arts de bourse, avec le beau-fils de Donald Trump. Ils sont en train de monter un truc pour sortir. Je pense que c'est un marché, le gaming, qui a coûté tellement cher. C'est un marché qui est en souffrance un peu, qui a des difficultés. Ce n'est pas un marché facile. Sauf que je pense que sur le long terme, c'est un marché qui va continuer de croître et qui va continuer à croître énormément. Et je pense qu'on ne sait pas encore exactement où il va. Et je pense qu'il est connecté à un autre marché, qui est tout ce qui est AR, VR. Depuis que Apple s'est un peu planté, je trouve qu'on n'en parle plus du tout. Donc je suppose qu'il est sous-estimé. Et même moi, je commence à avoir du mal à y croire. Pour autant, si on désobe un peu, je pense que je le sous-estime. Et je pense que beaucoup de gens le sous-estiment.

  21. Luc Allain

    Là, tu parles du marché du AR, VR. De manière générale, le gaming, c'est une industrie qui est en plein boom, qui touche absolument, finalement, presque tout le monde. On a pas mal parlé d'un newsletter. Je sais pas si tu comprends. Vas-y.

  22. Alexandre Bonhomme

    AR, VR. Moi, je te parle des deux en même temps. AR, VR, je pense qu'il est sous-estimé. Et je pense que gaming, il est dans une situation très étrange. Parce que t'as beaucoup de boîtes qui souffrent énormément, avec des mecs qui commencent à dire oui, c'est pas possible de gagner de l'argent sur ce marché-là. Enfin, d'être rentable, parce que les boîtes sont quand même en termes de cash flow, c'est pas extraordinaire. Pour autant, je suis d'accord avec toi que c'est un marché qui, culturellement, est en boom. Et c'est pour ça que je dis que c'est un marché qui va cartonner à horizon 5 ou 10 ans. Mais je pense qu'aujourd'hui, il faudrait faire des analyses. Les analystes qui achètent des actions ou qui ont une pari sur des marchés comme ça, je pense qu'ils considèrent que c'est pas forcément un excellent marché. D'un point de vue investisseur, je me place. Parce que t'as des booms sur certains jeux, certains trucs, mais dans la réalité, tu regardes l'action Nintendo, tu regardes l'action Ubisoft, tu regardes ce qui s'est passé avec Electronic Arts, tu regardes tous ces trucs-là, il n'y a pas un vrai boom sur les trucs, tu vois. Il n'y a pas un vrai boom sur les valeurs qui sont trackables. Le non-côté, je ne sais pas. Le non-côté, j'en ai aucune idée. Est-ce qu'il y a des mecs qui investissent sur des nouveaux trucs ? Je ne connais pas assez bien le marché. Mais j'ai l'impression que c'est un marché qui, financièrement et en termes d'investissement, souffre un peu. Quand même, il est en croissance culturelle. Et je pense qu'un jour, la croissance culturelle va rattraper le marché et va faire exploser ce marché. Financièrement, là, j'entends. Je ne sais pas si mon raisonnement est très clair, mais...

  23. Luc Allain

    J'avais un petit doute, quand même, parce que j'avais... Là, ça m'échappe, donc je ne pourrais pas te donner des contre-exemples, mais j'avais l'impression qu'au contraire, il y avait des boîtes qui... Peut-être pas dans les consoles, mais plus dans les jeux directement en ligne, qui, au contraire, cartonnaient. Mais... Peut-être. Je ne connais pas assez le marché.

  24. Alexandre Bonhomme

    Par contre, ce que je sais, c'est que sur les gros du secteur, ils ont l'air plutôt en souffrance. Enfin, en souffrance. Attention, hein. Toute proportion gardée, pas tous les acteurs, pas Tectoo qui tient GTA et à chaque fois qu'il y a une annonce, ils prennent 10 % en bourse. Eux, ils ne comptent pas, qu'on soit clair. Voilà. De manière générale, j'avais l'impression, tu vois, Microsoft expliquait que ce n'était pas hyper simple sur sa division gaming. Enfin, voilà. J'ai l'impression que ce n'est pas si simple. Donc, moi, j'aurais dit, d'instinct, celui-là. Toi, tu as la même idée. Il y a des marchés que tu sous-estimes ?

  25. Luc Allain

    Alors, un marché que moi, je sous-estime... En fait, moi, j'ai plus pris ça de l'autre côté. J'ai essayé de regarder les marchés que les personnes pouvaient sous-estimer aujourd'hui. Et j'ai essayé de me demander comment, en appliquant cette même réflexion, mais en fait, on le sous-estime parce que on met ce marché dans le cadre actuel avec les data qu'on a actuelles, mais sans voir plus loin sans dézoomer. Alors qu'en fait, ce marché, il peut être énormissime à partir du moment où on s'y préviens. Moi, c'est plus comme ça que j'ai d'abord. J'en ai deux. Déjà, le premier, c'est le marché des médias. Alors, je prêche pour la paroisse, donc c'est facile. Mais, voilà. Comme dit en introduction, ce que je vois, c'est qu'il y a beaucoup de médias qui ferment. C'est... Tout le business model aujourd'hui des médias est vachement remis à question. Au sens où les budgets pubs diminuent. Au sens où on ne sait plus vraiment s'il faut donner tout gratuit ou pas parce que derrière, il y a les LLM qui viennent tout pomper. Certains médias partent dans le gaming. C'est pour... Je crois que c'est le New York Times ou Washington Post, je ne sais plus, qui ont... Je ne sais pas combien de pourcentage de chiffre d'affaires qui est lié au gaming. Des jeux en ligne qui proposent sur la plateforme, un truc totalement délirant. Donc, tu vois, ils se cherchent un peu, on ne sait pas trop où ça va aller. Tu as les réseaux sociaux aussi qui permet à n'importe qui finalement à ubériser le métier de journaliste. Et donc, plus avec l'IA, tu as quand même une petite voie où tu te dis c'est facile quand même de sous-valoriser l'industrie du média. C'est facile de dire l'industrie du média en fait, c'est une vieille industrie, ça va mourir. Ou alors, il n'y a pas vraiment de futur. Je ne vais pas forcément miser des milliards dessus. Alors que moi, ma théorie, c'est qu'en fait, au contraire, le marché du média va être en plein boom dans les 10, 15, 20 prochaines années. Parce que le média dans les prochaines années, ça ne va plus être qu'unique un putain de panneau de publicitaire pour essayer de pousser des marques. Ça ne va plus non plus être uniquement un endroit où on va choper l'abonnement pour recevoir un peu de data. C'est génial, il y a beaucoup de cash flow, c'est un modèle économique qui a été prouvé. Donc ça va continuer, ça va survivre, mais c'est pas que ça. C'est là où peut-être les personnes se trompent dans la taille de ce marché-là. Moi, je suis persuadé qu'en fait, un média de les prochaines années, et ça a commencé aujourd'hui, c'est un tiers de confiance. Un tiers de confiance. Et en tant que tiers de confiance, qui maîtrisent la distribution, un média, en fait, ça va être l'objet de distribution de tout un tas de produits derrière. Et donc aujourd'hui, lorsqu'on voit des médias type Mister Beast, qui attaquent le marché des chocolats, qui attaquent le marché des jouets, qui hashtag bientôt le marché de la banque avec le Beast Financial, quand tu vois tous ces influenceurs qui créent leurs produits, quand tu vois Squeezie qui attaque le marché de la F1, enfin pas vraiment, mais tu vas comprendre à ce niveau-là, en fait, le média, via le tiers de confiance, devient maintenant un moteur de distribution qui vient en fait discruter toutes les industries qui sont aujourd'hui existantes et qui ne possèdent plus ou moins ce tiers de confiance-là. Demain, est-ce qu'une personne qui a 10 à 20 ans va poser son argent chez une banque d'il y a 2000 ans, j'abuse bien sûr, mais où est-ce qu'il va se dire en fait moi, j'ai consommé toutes les vidéos de Mister Beast, le mec, il me propose un truc qui m'a l'air solide, il est gentil, en plus j'ai de l'argent, j'ai des taux d'intérêt intéressants, j'ai des hard drops réguliers. Mec, il va aller où, le gamin ? Il va aller où ? Il va aller chiner sur Beast. Et donc à partir du moment où on voit le média non plus comme un panneau publicitaire, mais comme un outil de tiers de confiance qui peut venir en fait apporter sa distribution pour discruter tous les marchés, ben ça ne se limite plus juste au marché de la publicité ni au marché de l'abonnement. En fait, t'as un média dans la finance, ben en fait tu peux lancer une Fintech, donc c'est le marché de la Fintech, t'as un média autour de la thématique féminine, ben tu peux attaquer le marché du maquillage, tu peux attaquer le marché de l'esthétique, de l'esthétisme, t'as un média autour de l'immobilier, ben peut-être que tu peux devenir un tiers pour maîtriser les flux financiers, et un peu ce qu'on essaie de faire d'ailleurs sur Nextimo, finalement c'est mettre en relation les personnes qui recherchent de l'argent avec les personnes qui en déploient, pareil pour le milieu de la start-up, pareil pour tout en fait. Et donc là où on aurait évalué hier un média à x2, x3, x4 son chiffre d'affaires, peut-être que dans dix ans, la valorisation elle va être x10, x15, x20, x plus, parce qu'en fait le média, c'est l'actif qui ensuite va te permettre de construire tout derrière. Aujourd'hui, si tu veux lancer une Fintech, tu vas te planter, enfin je veux dire la majorité des Fintech se plante, ça n'y arrive pas, donc il faut à chaque fois piloter, etc. C'est demain, tu lances un média où tu deviens une référence, finalement, sur ton marché dans la finance, mais les Fintech, tu peux t'associer avec plusieurs Fintech, tu peux lancer des choses, l'actif reste présent quoiqu'il arrive. Donc là, la valorisation du flux... Je suis d'accord avec toi que, enfin on le dit à chaque fois, donc voilà, la distribution c'est le prochain actif, et donc, à ce titre là, les médias sont mal valorisés.

  26. Alexandre Bonhomme

    La question qu'il faut se poser, dans ce cas de figure, c'est est-ce que les médias de nouvelle génération comme le nôtre ne sont pas encore assez bien valorisés, ou comme celui de Gaspard, qu'on a reçu il y a quelques semaines, mais là, il faut aussi se poser la question suivante, c'est est-ce que les anciens médias, qui actuellement ne valent pas grand-chose, sont-ils eux aussi mal priceés, ou vont-ils disparaître ?

  27. Luc Allain

    Est-ce que c'est possible de récupérer ? Je dis n'importe quoi, je vais prendre l'exemple qu'on prend à chaque fois parce qu'il est à côté de chez nous, mais sachez que nous n'avons rien contre eux, ou rien, enfin bref, on le prend comme exemple. Pas pour l'instant. Est-ce que c'est possible d'acheter Sud-Ouest, et d'en faire une machine de distribution, comme, alors, je ne te parle pas de volume, mais en termes d'idées, comme pourrait le faire un MrBeast, ou est-ce que ça ne marcherait pas du tout ? Et ça, mec, je le dis autant pour nous là, comme si on était dans une réunion interne, donc pour nos auditeurs, mais j'aimerais vérifier un jour, j'espère qu'on aura le cash, la possibilité, tout ça, de le vérifier, et de prendre une ancienne force médiatique importante quand même, on parle de centaines de milliers de lecteurs assidus, et des centaines de millions d'euros de chiffre à effet annuel, voilà, on parle d'un vrai gros bateau, et est-ce que ce gros bateau peut devenir ce tiers de confiance, délivrer de la vraie distribution, et ainsi de suite ?

  28. Alexandre Bonhomme

    Alors, mon avis, c'est que en fait, la distribution ne suffit pas. Sud-ouest, en fait, c'est un tiers de confiance dans l'information, ce n'est pas un tiers de confiance, c'est plutôt une source d'autorité pour l'information, puisqu'à la fin de la journée, il y a la marque sud-ouest, donc on croit à ce qu'on lit, tout à fait, mais ils n'ont pas créé, je crois, en tout cas, pas avec moi, une relation de confiance qui va me faire dire, ah ouais, au fait, si demain il sort un produit, je vais me sentir lié par le produit, émotionnellement, parce que je ne pense pas que beaucoup de personnes se sentent liées émotionnellement avec la marque sud-ouest. Voilà, on suit sud-ouest parce qu'il y a une autorité, mais est-ce que tu te sens émotionnellement touché par ça ? Je ne sais pas. Là où un Mr Bees que tu regardes souvent parce qu'il y a un rendez-vous, parce qu'il y a une sorte de relation parasociale, presque, qui se crée.

  29. Luc Allain

    Moi, je te parle quand même de médias, même ce qu'on peut aller voir, pas forcément d'ailleurs que des médias vidéo, un Bastol Sport qui est un média écrit avec aussi des vidéos, mais c'est surtout un média écrit de base, c'est des créateurs qui portent la chose. Ça reste un média écrit, ça fait plusieurs dizaines de millions d'euros de chiffre à faire annuel, je ne connais pas sa valorisation, mais là, il y a un tiers de confiance, là, c'est intéressant, si demain il sort tout un tas de produits, il y aura ce truc. Les sud-ouest, sur les nouvelles générations du moins, je pense qu'il y a aucune connexion émotionnelle. Si je devais rajouter un point sur les médias, finalement, ils sont sous-valorisés aujourd'hui parce que personne ne prend en compte le fait que c'est un tiers de confiance, ce n'est pas juste un tiers de confiance, c'est un tiers de confiance attaché à une connexion émotionnelle avec le public.

  30. Alexandre Bonhomme

    Je suis d'accord avec toi. Aujourd'hui, je pense qu'il y aurait moyen de travailler, c'est possible de travailler la chose, mais en l'état actuel des choses, je pense que ce serait extrêmement compliqué pour eux d'y arriver.

  31. Luc Allain

    Je suis assez d'accord avec toi et tu te rends compte assez vite que quand ils ont voulu, parce qu'ils ont voulu mettre à une époque cette stratégie en place, déjà parce qu'ils vendent de l'encarpube, c'est une de leurs sous-sous de revenu, ils vendent de l'abonnement, ok, et à une époque, ils ont créé un incubateur, ils ont créé des petites annonces IMO, ils ont créé ci, ils ont créé ça, et en fait, tu te rends compte que ces projets « annexes », entre guillemets, ils ont rarement bien marché. Ils ont eu deux, trois boîtes correctes dans leur incubateur, mais le problème, c'est que je pense que leur culture de boîte était vraiment du journalisme, du vrai journalisme, et pas de la stratégie de distribution. Tu vois ce que je veux dire ? Et mine de rien, la stratégie de distribution, c'est un métier, ça s'apprend, ça se travaille, ça s'intègre à sa culture d'entreprise. Et je pense que pour que ça marche, il faudrait, typiquement, et ce que je me souhaite encore une fois un jour, c'est qu'une équipe comme nous, soyons capables de reprendre, d'acheter, d'intégrer cette culture à l'intérieur de l'entreprise qui ne l'apprend, ce qui est très difficile à faire, mais ce qui, je pense, serait la bonne solution. Un dépoussiérage, en fait, ils ont, l'autorité qu'ils ont, les bassemelles qu'ils ont, et la marque qu'ils ont, c'est des actifs qui sont incroyables. Après, je pense que, voilà, il faudrait faire un dépoussiérage massif, mais c'est possible. C'est possible.

  32. Alexandre Bonhomme

    La question que je me pose c'est à quel point, finalement, ce serait pas, à quel point ce serait pas plus intéressant de mettre tout le cash nécessaire au rachat de ce type de structure finalement sur start from scratch, tu vois, puisque la culture est tellement différente. Même, je veux dire, imagine que tu récupères tous les salaires et tous les journalistes, mais je veux dire, l'écart est tellement différent interne, le public est tellement différent, le rapport à la marque est tellement différent. Je ne sais pas à quel point peut-il y avoir un fit entre une boîte comme celle qu'on essaie de construire avec des... Alors, ce serait extrêmement sexy, ce serait extrêmement valorisant, mais à quel point ce serait un move vraiment stratégique sur ce long terme.

  33. Luc Allain

    En fait, pour moi, ton move stratégique, il est sur le coup de projecteur. C'est qu'en fait, tu passes d'un coup... Parce que tu peux faire from scratch. Disons que je ne sais pas, il y a 10 millions à investir et que avec 10 millions, tu arrives à reprendre le contrôle. Je ne suis pas sûr du tout, mais loin de là. C'est impossible. Disons qu'il te faut 100 millions. On arrive à faire le truc. Le sujet, si tu veux, c'est de dire tu rachètes. Le coup de projecteur va être gigantesque. Alors, t'as intérêt à pas te foirer, en effet, parce que sinon, tu vas avoir des problèmes, en plus, je pense, sociaux, parce qu'il y a des milliers d'employés, au moins des centaines d'employés. T'as toute une complexité inhérente au projet. Par contre, t'es immédiatement mis sur le devant de la scène en mode voilà ce que ce gars essaie de faire, c'est trop bien. Et là, t'as une visibilité que tu ne peux acheter, à mon avis, qu'en récupérant de l'existence. Versus l'autre où t'as beau claquer une somme importante tous les jours sur ta croissance, tu resteras un peu dans ton milieu. Je pense que c'est un peu comme quand... Le truc n'est pas tout à fait la même chose, mais c'est un peu comme quand Amazon a décidé d'acheter Twitch, ou quand Amazon a décidé d'acheter MGM. Et je pense que la meilleure comparaison, c'est plutôt MGM. Il y a quelques années, Amazon, pour récupérer les droits de James Bond et de deux, trois autres trucs pour pouvoir les mettre sur sa plateforme Prime Video, Amazon a racheté MGM, qui est une société, enfin pour ceux qui n'auraient pas la ref, c'est une société de production de films comme Universal ou Warner, ou voilà. En rachetant MGM, ils ont racheté de l'IP. Bon ça, ils ont payé très très cher de l'IP, à la limite, Disney l'a fait pour racheter Star Wars ou Marvel, don tact. Mais surtout, surtout, ils ont, avec cette simple acquisition, le simple fait que cette acquisition paraisse dans les médias, ils ont envoyé un message clair, qui est maintenant, on est capable de racheter une grande maison du cinéma, pour produire des contenus de qualité, et vous n'êtes pas prêts pour ce qui arrive. Et je pense qu'ils ont, pour les gens qui hésitaient à signer chez Prime, rajouter un niveau de qualité induite, si tu veux. Les gens se disent, ah mais si ils ont racheté MGM maintenant, ils ont de quoi faire du bon boulot, au-delà de juste l'IP de James Bond et de trois autres trucs. T'envoies un message, et je pense que quand t'achètes un média, de cette taille là et de cette ampleur là et de cette ancienneté là, alors une fois, ça pourrait être le monde, les échos, ou que sais-je, tu envoies un message important.

  34. Alexandre Bonhomme

    En fait, je suis d'accord avec toi, mais ça fait cher le message. Ça fait cher le message. Si le message est de 100 millions, 100 millions, pour dix fois moins, tu placardes des affiches partout, en France, sur tous les murs de France, et t'envoies des petits papiers dans toutes les boîtes aux lettres de tous les Français. En fait, je suis d'accord avec toi, mais je pense que si le move, c'est uniquement pour le message, ce serait quand même, je sais pas si j'irais. C'est un message très cher.

  35. Luc Allain

    C'est un message très cher, mais en même temps, en faisant toute la com du monde, tu peux pas faire passer le même type de message.

  36. Alexandre Bonhomme

    Tu sais, à la fin de la journée, si je dépense assez pour que tout le monde te voit et que tu crée un bon produit que tout le monde utilise, bah le message, il est passé. Si demain, on a un million d'abonnés à une newsletter, le message, il est passé pour le final.

  37. Luc Allain

    D'ailleurs, propose aux gens de s'abonner parce qu'on n'y est pas encore au milieu.

  38. Alexandre Bonhomme

    Exactement. On a une newsletter quotidienne sur le business et la tech. On vous envoie en 5 minutes par jour tout ce que vous avez besoin de savoir. Il y a de la réflexion, il y a des infos insolites. Je vous encourage à vous abonner. Le lien sera dans la description.

  39. Luc Allain

    Et si on arrive à un million, on rachète le média de votre choix. Vous nous dites en commentaire. Ça peut être sympa comme ça de faire des paliers. Si on arrive, alors les 100 000, on va y atteindre rapidement, mais je pense que les paliers, c'est 100 000, 300 000, 500 000, 700 000, 1 million, ça va être extrêmement compliqué. Et 500 000, je pense qu'il y aura pas de souci. 1 million, je pense que ce sera très complexe. Mais si on a 1 million, faut voir. Si 1 million, on faudrait faire un truc sur le podcast. On invite Xavier Niel. Débat. Je ne sais pas. Faut voir. Faut voir. Bref. Donnez-nous des idées. Donnez-nous des idées en commentaire. Est-ce que tu vois d'autres industries? Sinon, moi, j'en ai une autre.

  40. Alexandre Bonhomme

    Oui, je sais qu'on est d'autres. Vas-y, parce que c'était aussi mon analyse. Donc vas-y, je te laisse la primauté.

  41. Luc Allain

    La prochaine c'est, je pense que la longévité est vachement sous-valorisée aujourd'hui. La longévité, le marché, il est estimé à 19 milliards. Et pourquoi il est estimé à 19 milliards? C'est parce qu'on considère qu'aujourd'hui, c'est un truc un peu de geek pour les bio-hackers de la Silicon Valley qui souhaitent un peu s'optimiser. Et là, récemment, vous avez Brian Johnson qui a levé 65 millions pour sa boîte Blueprints. Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a un certain nombre d'investisseurs comme Kim Kardashian, comme les frères Winklevoss d'ailleurs, les fameux de Facebook qui sont rentrés. Et en fait, je pense que beaucoup de personnes aujourd'hui surprise la longévité parce que tout le monde voit ça encore dans une micro-niche. Tandis que si demain, en fait, la promesse c'est de dire que vous allez vivre 50 ans, 100 ans de plus, que vous allez pouvoir voir vos petits-enfants, qu'en fait vous allez pouvoir garder une belle peau, j'ai bêtise que vous allez pouvoir rester fonctionnel, etc. En fait, ça va plus devenir un accessoire esthétique, ça va devenir aujourd'hui comme finalement faire du sport, comme finalement, en fait ça va devenir un investissement qu'absolument toutes les personnes à condition que le prix reste acceptable va payer. Donc je pense qu'aujourd'hui, c'est 19 milliards de marché, je pense que d'ici 10, 15, 20 ans, le marché, il y a moyen que ça explose à plusieurs milliers de milliards. Parce que je pense que la longévité et la santé vont totalement se mêler et cela à tous les niveaux de la santé. Je pense vraiment que c'est probablement quelque chose que beaucoup de personnes se valorisent.

  42. Alexandre Bonhomme

    Je suis complètement d'accord avec toi et ça me fait penser à un autre marché, mais qui est lié, qui est complètement connexe, qui était le marché de la déconnexion. Je pense que pour l'instant, personne n'a encore réussi à vraiment, vraiment l'attaquer et les gens se disent c'est pour les mecs qui en ont un peu marre, des réseaux et ainsi de suite. Il y a des stats qui sont en train de paraître, qui prouvent que les générations qui arrivent utilisent de moins en moins de produits numériques et de produits en ligne. Ils passent moins de temps aussi pour la première fois, ils passent moins de temps sur Instagram, sur TikTok. On arrive une sorte à un pic, le pic de temps passé sur les réseaux. Et là je pense que ça c'est un des signaux faibles de les business en ligne de manière générale non utilitaire. Je ne te parle pas encore une fois de Salesforce et de ton appli bancaire, de trucs qui sont utiles. Je pense qu'on est en train, alors mon analyse, elle est peut-être compliquée, mais on est en train de passer le pic de hype du numérique. Ce que j'appelle le pic de hype, c'est le fait de dire ah mais c'est cool d'être en ligne, c'est cool de s'afficher, c'est cool de tout ça. Et on va rentrer du coup sur un pic utilitaire online. Parce que personne n'aurait envie d'aller au guichet bancaire pour faire ses virements. Ça, ça arrivera pas, on va pas revenir en arrière à ce niveau-là parce que c'est débile. Ça n'a aucun sens, ça prend du temps, ça prend de l'argent, c'est pas économiquement viable. On vit plus dans ce monde-là. Par contre, le fait de passer toute sa journée sur Instagram, ça, c'est un choix. Et donc, je pense que, on l'a dit plein de fois aussi, les expériences physiques mais le business de unplugger. Parce que quand tes enfants de la génération alpha ou je ne sais pas comment s'appelle maintenant, enfin on est revenu à alpha, vont ne pas vouloir être sur les réseaux et que toi, mec qui a grandi millénial ou début de génération Y, enfin bon bref, si t'as 30 piges, quoi, ou plus, et que t'es addict au téléphone, tu vas avoir envie de unplug pour pouvoir être sur la même longueur d'onde que tes enfants. Et là, mon pote, il y a des milliards de gens à sevrer. Avec des applis, à mon avis, d'une débilité sans nom, de je te bloque au bout d'un moment un peu, enfin ce qui est déjà faisable sur l'iPhone. Et donc, je pense que ça cartonne déjà. Alors ça cartonne à quelques millions, quelques dizaines de millions, c'est pas non plus des milliards. Et en effet, ça commence à arriver. Et je pense que par rapport à nos discussions du jour, je pense qu'on ne va pas jusqu'au bout des choses encore actuellement et qu'on va se rendre compte que c'est un peu la méthode Shopify. C'est qu'on va se dire ah mais attends, c'était pour les mecs qui étaient en surdosage de numérique et en fait on va se rendre compte que c'est pour tout le monde. Ou presque. Et donc en fait, un marché qu'on avait estimé à 500 millions, c'est un marché à 500 milliards.

  43. Luc Allain

    Est-ce que tu connais un peu le marché du sevrage de drogue par exemple ? Par exemple des cliniques ou non ?

  44. Alexandre Bonhomme

    Non pas plus que ce que j'ai pu voir dans 2-3 films quoi tu vois mais non je suis pas expérimenté.

  45. Luc Allain

    Tu n'es jamais allé dans une clinique tu as tourné cette drogue il y a 5 ans quand tu prenais les drogues.

  46. Alexandre Bonhomme

    Jamais, jamais, jamais, non je suis

  47. Luc Allain

    Parce que tu vois, ça pourrait être intéressant de regarder à quel point, parce que c'est des chaînes il y a des chaînes comme ça qui se positionnent, à quel point ces cliniques arrivent à abrasser. Parce qu'on pourrait imaginer des cliniques un peu plus low cost peut-être mais pour justement sevrer, et un peu partout dans le monde d'ailleurs, pour sevrer les personnes à la lecture de téléphone. Et je peux t'assurer que ces trucs seraient plein mais à H24 tu sais que l'une des astres qui marche le mieux c'est le hook, c'est j'en avais marre de scroller sur mon réseau ce réseau pour me tenir informé. Exactement, c'est ça. J'avais du mal à scroller ce réseau pour me tenir informé. Tu veux dire, voilà, pour nous. Pour nous, pour nous oui. Les pubs pour nous oui. Je sais pas si c'était clair pour les gens de dire est-ce que c'était une pub de manière générale ou est-ce que c'était les pubs de nous. L'une des pubs pour nous. mais mec, ce type de hook, tu peux le faire pour tellement de boîtes. Et ça prouve une chose, ça prouve que, alors nous on a un véhicule derrière qui est très spécifique ok, il y a une autre solution mais tu fais le même type de hook mais sur des j'avais marre de scroller ce réseau je commence à déprimer etc etc boum tu les redirige vers des une sorte de clinique où en fait les personnes ils payent, j'ai n'importe quoi, 500€ la semaine, un truc très loco ils ont une chambre, mais en fait ils sont mille de la nature et puis ils ont des activités en groupe je comprends même je comprends même pas que tu vois des trucs genre Center Park alors je suis pas un expert de Center Park, je sais pas exactement ce qu'ils foutent j'y suis jamais allé des trucs comme Center Park ça donne de l'autorité sur ce que tu vas dire non mais c'est ça, je préfère je suis tout le temps très honnête je préfère préciser exactement le contexte dans lequel je dis mes phrases donc je ne suis jamais à la Center Park mais je vois à peu près ce que c'est je ne comprends pas qu'ils fassent pas des retraites quitte à les isoler sur un timing pour pas faire chier tout le monde avec ce genre de truc mais je pense qu'ils devraient essayer ils font un test sur 2 semaines s'ils sont plein à 100 % et qu'ils ont vendu les trucs en 3 minutes, ils ont compris qu'il y a un business model si les responsables du Center Park de Je ne sais où écoutent ça, merci de commenter tu sais un truc, un mix d'autres time left et des cliniques de déconnexion c'est à dire que à la fois vous avez rencontré des personnes et surtout vous avez déconnecté c'est pas le temps d'une soirée c'est le temps d'un week-end, d'une semaine d'un mois mais mec il y avait une stat aussi qui montrait que les jeunes vont de plus en plus en randonnée ok et donc ils te disent pas est-ce que pendant la randonnée ils laissent leur téléphone ailleurs l'étude ne va pas jusqu'à ce point là mais c'était dans le truc toujours de unplug, c'est une activité qui reprend vachement de poils de la bête alors qu'avant c'était quand même une activité plutôt de de trentenaire, quarantenaire enfin tu vois moi en tout cas dans ma génération on avait un peu cette image là tu vois de la randonnée et ben aujourd'hui des jeunes de 15, 16, 18 ans se disent, activité randonnée trop cool tu vois en gros on laisse les téléphones et on va faire autre chose ce qui d'ailleurs est pareil avec la baisse de la consommation de l'alcool et tout ça je pense que cette génération est extrêmement intéressante tout ce qui était un peu border sur les générations précédentes est en train de petit à petit disparaître donc ça je pense que c'est un marché qui aujourd'hui est sous estimé et je pense que c'est un marché qui va valoir plusieurs dizaines de milliards à l'échelle mondiale sans aucun souci je pense ce qui est intéressant c'est le parce que je pense que l'une des causes de ça c'est un peu le retour à l'individu c'est qu'en fait on se rend compte que certaines choses ne sont pas bonnes pour nous, donc on arrête de les faire on va s'introspecter etc etc tout ça c'est assez lié à ok on veut en fait devenir une meilleure version nous même etc et je pense que c'est extraordinaire ça ouvre aussi beaucoup de business mais je pense que le contre-coup de ça c'est que on réfléchit moins en terme de société je pense c'est plus en terme d'individu et donc peut-être que c'est aussi une des causes qui fait que le taux de naissance diminue parce que puisqu'on s'intéresse surtout à nous, du coup on va prendre plus de temps avant de devenir la meilleure version nous même avant de rencontrer une personne à qui on va vouloir fonder une famille et je pense que potentiellement d'ici quelques années, il va y avoir une contre-tendance qui va revenir avec un besoin à nouveau de un peu moins s'intéresser à soi mais plus essayer de se connecter avec les autres avec la société il y a une question qu'il faut toujours se poser, à laquelle j'ai pas du tout la réponse c'est quasiment une ouverture slash conclusion si tu veux c'est toujours d'essayer de comprendre qui est aujourd'hui la contre-culture et je trouve ça extrêmement compliqué aujourd'hui j'ai réfléchi l'autre jour, j'ai pas réussi à trouver une réponse claire dans les années 70, la contre-culture et notamment la contre-culture business c'était un mélange de hippie et d'informatique et la contre-culture a fini par devenir la culture dominante Microsoft, Apple, machin et tout ça ça a mis le temps que ça a mis mais la contre-culture le jeu vidéo ça a été une forme de contre-culture tes parents veulent pas que tu y joues les associations gueulent à la télé parce que c'est violent parce que GTA c'est pas bien blablabla c'est pas bon pour les enfants il faut pas être trop devant les écrans tout ce que tu veux et la contre-culture est devenue un pan de la culture principale en 15 à 20 ans le rock pendant une époque dans les années 70 le rock, le hard rock, le metal, tout ce que tu veux c'était un truc de violence sataniste je sais pas quoi et aujourd'hui tes parents et tes grands-parents en écoutent c'est devenu un pan de la culture et mon take c'est de dire si aujourd'hui quelqu'un arrive à spotter la véritable contre-culture je ne sais pas ce que c'est aujourd'hui j'ai du mal à dire exactement la contre-culture pendant un moment j'ai cru que la contre-culture ça allait être la crypto bon, forcer de constater que maintenant t'as des ETF, bitcoin c'est pas de la contre-culture c'est de la c'est le casino tu vois mais bon bref c'est un autre sujet quelle est la contre-culture ? Si t'arrives à mettre le doigt sur la contre-culture la vraie tu sais ce qui probablement d'ici 5 à 10 ans seront les entreprises dominantes et les marchés qui sont sous-estimés la question c'est qu'est ce qui est marginal aujourd'hui ? qu'est ce que toi tu montres du doigt par exemple ? est-ce que tu vois un petit truc là qui émerge tu te dis bon c'est quoi ce truc c'est bizarre non j'arrive pas à mettre le doigt dessus et qu'est ce qui danse ce truc marginal et cool parce qu'il y a un truc c'est que et ça ne veut rien dire cool en terme de business et tu ne peux pas pitcher ça à un investisseur mais dans la réalité la vraie réalité c'est que les réseaux sociaux avant d'être un business c'était juste cool, cool pourquoi ? cool pour les jeunes, cool pour les jeunes pour les adultes qui voulaient échanger entre eux et les vieux ou l'establishment la culture générale te disait ouais c'est naze ça sert à rien en gros voire c'est dangereux il faut réussir à mettre les doigts sur ces trucs là mais aujourd'hui je ne sais pas ce que c'est si aujourd'hui j'en ai un j'en ai un je ne vois pas comment ça peut devenir quelque chose mais c'est peut-être justement parce que je ne vois pas comment ça peut devenir quelque chose que ça va devenir quelque chose est-ce que tu vois ce que c'est de l'italian brain rot non pas du tout va sur internet et tape ça et les auditeurs vous pouvez taper ça si vous ne voyez pas ce que c'est c'est des espèces de cartoons mais méga chelou généré par IA c'est chelou c'est vraiment bizarre c'est sans droit d'auteur, il y a des dingueries parfois c'est vraiment shady je ne sais même pas exactement qui a inventé comment ça fonctionne très difficile de trouver des informations et l'autre jour j'étais tombé là-dessus je crois que je venais juste de revenir de mon voyage de Noz il y a moins de 6 mois je suis tombé dessus j'ai compris plus ou moins ce que c'était je me suis dit là c'est un truc débile fait par IA et depuis un mois et demi je le vois ressortir, des mecs qui en produisent tous les jours et je me suis retrouvé sur des groupes des conversations instants ou des mecs s'en envoient en mode t'as vu ça, t'as vu ça comme si c'était un vrai truc et là j'ai commencé à me dire ok c'est hyper chelou, c'est irregardable pour moi honnêtement je te le dis c'est pour moi irregardable mais il y a des mecs qui s'envoient ça comme s'il y avait vraiment des messages derrière ils ont des délires là-dessus

  48. Alexandre Bonhomme

    Mais mec faut qu'on en fasse un épisode je vais regarder un peu ce que c'est mais faut absolument qu'on en fasse un épisode

  49. Luc Allain

    Si tu veux on en fait un épisode mais je ne sais pas quoi en dire honnêtement

  50. Alexandre Bonhomme

    Regarde et si tu en tires quelque chose d'intéressant je suis ravi qu'on en fasse un épisode mais j'ai essayé de regarder des dizaines de vidéos dessus je n'ai pas su tirer quoi que ce soit et donc j'ai dit c'est débile

  51. Luc Allain

    Et en même temps je vois que ça a des millions de vues donc à un moment c'est peut-être moi qui ai tort tu vois peut-être, peut-être que c'est un truc dans ce goût là alors peut-être pas ça contre culture mais ce qui est intéressant c'est que attendez je vais pousser la caméra juste pour voir si ouais il y a eu en fait non il y a eu une explosion là en 2025 et ensuite ça a diminué et si tu tapes juste brain rot ça explose aussi

  52. Alexandre Bonhomme

    Bon écoute on en fait un épisode

  53. Luc Allain

    Ok écoute je suis ravi d'avoir donné un sujet tu vois mais c'est peut-être est-ce que c'est de la nouvelle contre culture je ne sais pas mais je sais qu'il y a des choses qu'on ne voit pas et qui seront et qui sont aujourd'hui une forme ou une autre de contre culture et qui seront demain des formes de culture c'est certain c'est juste qu'on a pas réussi à mettre le doigt dessus et celui qui met le doigt dessus et qui sait investir attend il devient pété de tune je mets ma main à couper ce sera les mots de la fin et ça je vais le mettre aussi dans le trailer génial parfait bon bah écoutez merci abonnez-vous c'est très important pour nous et puis et puis à la semaine prochaine