The Next Big Shit — Episode 5

Devenir riche en profitant des industries oubliées

Luc et Alex parlent des industries oubliées et des opportunités business à saisir.

Speakers
Luc Allain, Alexandre Bonhomme
Duration
Transcript(64 segments)
  1. Luc Allain

    Alors l'une des manières sous-côtées, selon moi, tu me diras ce que tu en penses Alex, pour réussir à créer des très très beaux business, pour réussir à sortir immédiatement du lot et à ne pas se confronter à la concurrence qui arrive de partout, c'est de s'éloigner le plus possible des business tendance. Ce que j'appelle business tendance en gros, c'est lancer du web 3, lancer de la crypto, lancer des projets NFT pour les paires de blue market. C'est par exemple lancer un projet ChatGPT 4 mois après ChatGPT 3. C'est s'éloigner de tout ce bruit et de revenir aux fondamentaux. C'est de regarder les business, les industries qui existent depuis des dizaines d'années. Si ce n'est beaucoup plus d'ailleurs, plus c'est long et plus c'est toujours en vie, mieux c'est. Et de se demander, ok, quelles sont les industries qui n'ont pas été modernisées depuis le temps et qui n'ont pas été concurrencées depuis le temps parce que finalement tout le monde les aurait prises pour acquises. Et en fait, on se rend compte que c'est dans ces industries-là qu'il y aurait le plus d'opportunités. Je donne un exemple tout bête. C'est un podcast comme ça de je crois du fondateur Thibaut Ollier, l'un des fondateurs de eFounders où il disait grosso modo, lui son gros kiff, c'est d'avoir finalement ce prisme de pensée, de réflexion en disant, ok, c'est quoi les industries qui existaient hier, qui vont exister demain et surtout que tout le monde a prises pour acquises. Et c'est comme ça qu'il a eu l'idée d'Aircall parce qu'il s'est dit, ok, la téléphonie d'entreprise, il y en a depuis quelque temps maintenant. Bon, c'est un peu vieux, maintenant on va essayer de le moderniser, on va essayer de le relier à des technos qui sont beaucoup plus modernes. Donc aujourd'hui, Alex, ce qu'on voit c'est simple, on voit des industries que tout le monde a prises pour acquis qui existent depuis des dizaines d'années et sur lesquelles il pourrait être intéressant de se positionner en tant qu'entrepreneur ou même si, eh bien, vous chers auditeurs, vous avez des boîtes, vous êtes CEO d'entreprise ou alors vous êtes des investisseurs, ça peut être aussi intéressant de se dire, voici le type de produits, voici le type de filiales qu'on pourrait créer pour justement prendre ses parts de marché sur ces industries finalement que tout le monde, je répète, ont prises pour acquis. Alex, est-ce que tu veux commencer avec une industrie ?

  2. Alexandre Bonhomme

    Ouais, moi j'ai une première idée, je ne vais pas, évidemment, je ne vais pas être chiant, je ne vais pas citer l'immo cette fois parce que c'est évident pour tout le monde, blablabla.

  3. Luc Allain

    Pourquoi pas, pourquoi pas ?

  4. Alexandre Bonhomme

    Mais non, mais non, on va faire plus original pour une fois, on va faire plus original. Moi j'en ai un et je pense que c'est une industrie qui en plus peut être complètement gigantesque et c'est une industrie qui va devoir se renouveler d'ici peu de temps puisqu'elle est liée à la pyramide des âges, donc plus il y a de vieilles gens qui malheureusement vont vieillir et donc au bout d'un moment, pour l'instant encore, mourir, il va y avoir énormément d'héritage et tu vas voir où je vais en arriver. Cette industrie, pour moi, c'est la gestion de patrimoine et la gestion de patrimoine, on va dire, grand public. Il n'y a pas forcément besoin de gestion de patrimoine pour les mecs qui sont très très riches, ils sont gérés par des mégabanques d'affaires, tout ça, c'est un autre sujet. Mais tu as toute une catégorie de gens qui ont de l'argent mais qui n'en ont pas assez pour être éligibles à du Rothschild et ainsi de suite, qui veulent quand même faire fructifier leur patrimoine, qui vont hériter d'une partie de patrimoine, potentiellement relativement important. Et pour ces gens-là, tu n'as pas forcément de prestas ou de produits de gestion, il n'y en a pas énormément. On voit quelques attaques, alors tu as des plateformes de brokerage, tu as Robinhood aux États-Unis, Trade Republic en France, je ne sais pas s'il faut en citer trois, mais en gros ce genre de trucs. Mais tu dois le faire tout seul, c'est-à-dire que tu prends tes propres choix, tu prends tes propres trades, tu prends ton propre investissement, tu te démerdes, tu peux acheter des ETF, mais ça te demande quand même de comprendre un peu ce monde-là. Mais tu as toute une génération qui n'a pas forcément l'habitude des applis, qui n'a pas l'habitude de tout ça, qui avait avant historiquement un gestionnaire de patrimoine, et il y avait dans chaque ville des dizaines de petites boîtes de gestionnaires qui avaient un, deux, trois, dix clients de proximité, de confiance, ils leur vendaient des trucs. Et je pense que sur ce créneau-là, il va y avoir une industrie à aller attaquer, parce que c'est un marché énorme, parce que c'est un marché qui va changer de main, donc c'est le bon moment à mon avis pour leur proposer une offre, parce que ce n'est pas parce que ton grand-père ou ton père avait un gestionnaire de patrimoine, d'autant plus si le mec a 50-60 ans, il est en train lui aussi de partir à la retraite petit à petit, machin, toutes ces boîtes-là, elles ne vont pas forcément trouver de repreneur, elles ne vont pas forcément continuer, donc tous leurs clients, qui en plus vont potentiellement changer de génération, vont recevoir de l'argent, et cet argent il va falloir le placer et l'investir, et tout le monde n'est pas un expert en placement, en investissement. Et c'est une industrie qui est historiquement plutôt très rentable, plutôt très solide, parce que souvent c'est des contrats à très long terme, c'est-à-dire que quelqu'un ne vient pas te placer son argent pour deux semaines, ça n'existe pas, il te laisse son argent un an, deux ans, dix ans, vingt ans, et donc s'il y a une boîte qui arrive à capter, et à faire, je ne sais plus rien, de la gestion avec une IA, gère pour toi tes finances, faire attention quand même que le truc ne fasse pas n'importe quoi, mais si tu arrives à avoir ce genre de choses, je pense qu'il y a une app et un business à lancer sur ce sujet-là, de la gestion patrimoine, encore une fois intermédiaire, pas les énormes patrimoines. Donc voilà, ma première idée d'industrie probablement sous-côtée, peu connue, pas forcément hyper sexy de prime abord, mais qui à mon avis a vraiment un, de beaux jours devant elle, et deux, de beaux jours si on arrive à un peu la disrupter, et un peu l'attaquer différemment pour la nouvelle génération.

  5. Luc Allain

    Donc, en gros, c'est comment est-ce qu'on gère la distribution, enfin l'héritage, entre des individus, des grands-parents par exemple, et leurs petits-enfants, et derrière comment on va leur permettre une sorte d'assurance vie, quoi. Assurance vie qu'on distribuerait aux petits-enfants ?

  6. Alexandre Bonhomme

    Ouais, alors le problème de l'assurance vie, c'est que tu n'as qu'un seul choix, tu peux souscrire à une assurance vie, mais tu vas souscrire, je ne sais pas, chez AXA, tu vas souscrire au truc, et tu as un choix. Là, moi, ce que je dis, l'avantage d'un gestionnaire de patrimoine, c'est qu'il va te dire, ok, on va prendre tes 100 000, disons, de cash à investir. Il va te dire, ok, on va mettre 20 000 sur une assurance vie, on va mettre tant en action, on va essayer de faire un peu d'immobilier avec le reste, et puis le reste, on va se garder, j'en sais rien, compte à terme que tu vas ouvrir à 4 % en ce moment, ou des taux comme ça. Et donc, ce genre de truc, ça, à mon avis, c'est un peu plus large que juste vendre des assurances vie. En ligne, ça, c'est ok. Moi, je parle d'un truc un peu plus dynamique, quand même. Un truc où tu as vraiment une gestion, des conseils, et où tu peux prendre du recul et te dire, ok, c'est quoi ma stratégie, sans pour autant être un vrai trader et sans pour autant tomber dans des trucs type, encore une fois, Trade Republic ou je ne sais pas quoi.

  7. Luc Allain

    Et ça s'adresserait aux grands-parents ou ça s'adresserait du côté des enfants ?

  8. Alexandre Bonhomme

    Non, côté enfant. Moi, je dirais côté enfant. C'est au moment de la passation. Pour moi, le mec qui fait ça, il chope ses clients au moment soit de ce qu'on appelle la donation, donc le patrimoine descend, ou au moment, évidemment, malheureusement, de l'héritage. Pour moi, c'est là la plus grosse clé d'acquisition. Mais après, je dis ça, ça peut très bien être un mec qui juste gagne un peu d'argent et décide de passer par un gestionnaire de fortune en ligne. Un gestionnaire de patrimoine en ligne.

  9. Luc Allain

    Ok, ouais.

  10. Alexandre Bonhomme

    Un truc un peu intégré parce qu'aujourd'hui, tu as des applis très thématiques. Tu as de l'appli sur de l'immo, de l'assurance vie, tu as des applis de bourse. C'est très, très thématique. À ma connaissance, mais après, je n'ai pas regardé tous les produits, mais à ma connaissance, il n'y a pas un produit vraiment gagnant qui aurait ce format gestionnaire patrimoine, c'est-à-dire où tu peux t'exposer à un peu de chaque, un peu de tout. Et en fonction de tes appétences, j'aime pas l'immobilier, je ne touche pas. Mais si j'aime la bourse, l'assurance vie et un peu de cash placé, ça, go, j'y vais.

  11. Luc Allain

    Ça, je te rejoins totalement. Je te rejoins totalement et ce serait quand même...

  12. Alexandre Bonhomme

    Je ne dis pas que ça n'existe pas du tout. Je dis que je n'en connais pas et que si je ne l'ai jamais vu, c'est qu'à priori, ça ne va pas être méga, méga visible. Sauf erreur de ma part, évidemment. C'est vraiment une application où tu viens de recevoir pas mal de cash et tu peux le répartir en fonction d'un... Tu es questionnaire, tu comprends ton niveau de risque que tu es prêt à prendre, avec pourquoi pas des propositions après, de positions.

  13. Luc Allain

    C'est vrai que moi, j'ai surtout laissé en crypto, un peu en immobilier mais tokenisé aussi et zéro en bourse. Et c'est vrai que maintenant, avec le recul, j'aurais bien aimé pouvoir diversifier, mais je déteste que ce soit prise de tête. C'est-à-dire que je déteste me dire que j'ai investi dans... En plus, la crypto, c'est horrible pour ça, parce qu'il y a 36 wallets, il y a 36 plateformes, il y a 36 blockchains. On s'y perd, c'est l'enfer. Et pouvoir se dire que tu as une plateforme où tu peux investir un peu en crypto, un peu en immobilier, un peu en bourse, un peu en or, tout est centralisé au même endroit.

  14. Alexandre Bonhomme

    Ça doit exister, ça, je pense.

  15. Luc Allain

    C'est ce que je me dis aussi, mais en tout cas, tu n'as pas un produit qui aujourd'hui... Je ne vois pas un produit qui ressort. Tu as toujours tes applis bancaires, tu peux faire un peu ça sur Revolut. Tu peux acheter de l'or, mais tu n'achètes pas de l'or physique. C'est pareil, tu achètes de l'or papier, de l'or digital. Tu peux acheter un peu de crypto, tu peux acheter un peu d'action. Ça, c'est faisable, mais tu n'as pas de conseil, tu n'as pas ce backup. Si tu veux faire un truc qui n'est pas dans leur méthode, tu ne peux pas aller le demander. L'avantage d'un gestionnaire de patrimoine à l'ancienne, entre guillemets, c'est que tu lui dis, j'ai entendu parler du fait qu'acheter des montres, c'était un super coup en ce moment. Est-ce que tu peux m'expliquer comment on fait et comment on peut attaquer le marché ? Tu ne peux pas acheter une montre sur Revolut, tu n'as pas placé dans les montres. Ça n'existe pas.

  16. Alexandre Bonhomme

    Ok, finalement, une super app qui réunit tout ça avec un gros levier humain, ou du moins avec l'IA ou que sais-je, qui permet aussi de vachement te conseiller et de t'aiguiller sur tes choix.

  17. Luc Allain

    Carrément. Et finalement, il y a même les achats de tableaux. Il y a une boîte qui est aux États-Unis, je ne me souviens plus du nom, mais qui fait des très gros chiffres. Et en fait, eux, ce qu'ils font, c'est investissement dans des tableaux. C'est un peu l'immobilier tokenisé, ce que tu veux. C'est j'investis, j'achète soit le tableau directement, soit une part de ce tableau-là, j'investis là-dessus. Et je trouve ça trop cool ces investissements alternatifs auxquels personne ne pense, mais qui très souvent sont beaucoup plus profitables. C'est comme investir dans le vin. Il y a des boîtes comme ça qui permettent d'investir dans des bouteilles, d'investir dans l'alimentaire, mais qui prend de la valeur.

  18. Alexandre Bonhomme

    Ouais. Intéressant, ouais. Bon alors. Pas mal. Elle est pas mal. Tu as fini sur ça ou pas ?

  19. Luc Allain

    Ouais, j'ai fini sur ça.

  20. Alexandre Bonhomme

    Ok.

  21. Luc Allain

    Alors moi, l'industrie à laquelle je pense, on est loin de la finance, mais moi je pense aux médias. Je pense que les médias ont beaucoup... Déjà, ce qui est bien avec les médias, c'est que c'est un business qui existe depuis longtemps. Voilà. Depuis très très très très longtemps, il y a des personnes qui partagent l'information, c'est quelque chose dont tout le monde aura besoin. La question c'est est-ce que finalement, avec l'avènement de l'IA, les médias ou la création de contenu informatif va avoir vraiment un futur incroyable. C'est la question que je me pose. Je ne sais pas. Je pense qu'on aura toujours besoin d'un relais d'information, sous quelle forme, je ne sais pas. D'ailleurs, je parie beaucoup sur... Bon ça, je vais développer ça un peu après, mais je pense que je parie beaucoup sur l'humain, sur la création d'un lien humain. Et donc, je pense que le futur des médias, et aujourd'hui ce qui n'existe presque pas finalement, c'est les médias rattachés à un personal branding. Hugo Décrypte le fait, et ça a super bien marché, mais un Figaro rattaché en fait à deux, trois têtes que l'on voit régulièrement, poussé par ça, le Monde, ce qu'on veut, finalement on ne voit pas énormément. Donc, mon idée, qu'est-ce que c'est ? Mon idée, c'est de se dire, ok, l'industrie médiatique, ça existe depuis longtemps, il y a de grandes chances pour que ça continue à exister demain. Ce qui est bien, c'est qu'il y a eu très très peu finalement de modernisation, de coups de jeune qui ont été passés sur cette industrie-là. On a pu le voir avec les Hugo Décrypte, le Média, le Crayon, qu'il y a eu quand même un mouvement de personnes assez jeunes qui ont voulu démocratiser l'accès aux médias, notamment aux plus jeunes, mais ça reste sur de l'actualité qui est assez mass market. Voilà, ça va être des débats, des débats politiques, ça va être un truc concernant l'écologie, ça va être des faits divers à la con. Mais une niche au sein des médias qui selon moi pour l'instant n'a pas été vraiment modernisée, c'est la niche business. Niche business, informations tech. On a quelques médias, on a Capital, on a Les Echos version business, on a BFM Business qui attaque ce créneau, il y a aussi Digital, je ne sais plus comment ça s'appelle, il n'y en a pas encore. Mais voilà, on reste sur des choses qui sont un peu plan-plan avec un blog, quand on regarde leur newsletter, c'est la newsletter qu'on reçoit par semaine. Il n'y a rien d'humain, il n'y a aucune émotion qui en ressort, c'est assez plat, c'est de l'information, de l'information brute que l'on reçoit. Et je pense que attaquer ce segment-là avec une approche assez moderne, comme on a pu le voir avec Hugo Décrypte et compagnie, je pense que ça va être très intéressant. Surtout qu'en fait, c'est quelque chose qui a super bien marché aux États-Unis, je pense à Morning Brew, je pense à The Hustle, il y en a une petite dizaine comme ça et qui ont réussi à se vendre. Morning Brew s'est vendu 78 millions alors que ça a été bootstrappé, totalement fou. Et ça a été créé en 2017 et je crois que ça a été vendu en 2021, 2022, donc très stylé. Et là aujourd'hui, ils vont atteindre les 100 millions d'euros annuels sur leurs produits, donc potentiellement aussi une valorisation qui se rapproche du milliard pour un média qui a été créé en 2017, donc hyper stylé. Donc voilà, selon moi, l'industrie qui peut-être, il y a peut-être quelque chose à faire en France, en Europe, essayer de donner un petit coup de jeune sur l'industrie médiatique et pourquoi pas attaquer comme ça des niches. Alors j'ai parlé du business mais on peut aussi parler d'autres, un média, je ne sais pas...

  22. Alexandre Bonhomme

    Pour les femmes, mince, ça a été racheté, d'ailleurs ça a été un des médias qui a été racheté par le Figaro. Femmes Actuelles ?

  23. Luc Allain

    Femmes Actuelles ça m'a l'air.

  24. Alexandre Bonhomme

    Ouais ? Ouais c'est sûr. En tout cas, Femmes Actuelles ça existe.

  25. Luc Allain

    Ok, parce que du coup, je pensais à Valeur Actuelle, je me suis mis en erreur, aucun rapport.

  26. Alexandre Bonhomme

    Non, aucun rapport là, mais ouais ouais. Femmes Actuelles, ouais c'est ça.

  27. Luc Allain

    Mais voilà, c'est les médias qui ont encore une fois, c'est les sous-niches qui peuvent être intéressantes à attaquer mais avec un coup de pinceau un peu moderne. Et donc justement ce coup de pinceau moderne, la question c'est quelle forme il peut prendre et donc là directement on peut regarder ce qui se fait aux États-Unis. Eux ils ont un modèle avec beaucoup plus de newsletter, donc beaucoup moins blog où on va écrire tous les jours un article mais plus newsletter où on va prendre quelques points, on va essayer de développer, on va essayer de raconter des histoires. Et aussi une présence sur les réseaux qui est aussi plus jeune, plus moderne. Et puis voilà, l'idée que j'ai eue tout à l'heure, enfin que j'ai partagée tout à l'heure, c'est pouvoir se dire ok, ça pourrait être intéressant d'avoir du build in public avec des têtes qu'on voit sur les réseaux qui justement bâtissent ce média. Et ça, ça n'existe pas pour l'instant. Enfin ça n'existe pas dans certaines niches. Un Hugo Décrypte, version business. Voilà à mon avis une possibilité. Et en fait, pourquoi ça pourrait être aussi très intéressant, c'est que déjà rien que le modèle économique actuel des médias est assez intéressant. À ton avis combien en 2022 ont fait le Figaro ?

  28. Alexandre Bonhomme

    Je ne sais pas, je dirais plus de 100 millions.

  29. Luc Allain

    Ils ont fait 575 millions le Figaro. Alors que ce Figaro n'a pas de présence au sein de la télévision et ce genre de choses. Quand on sait que le modèle médiatique aujourd'hui, c'est bon il y a la publicité comme d'hab. Et puis très souvent il y a des modèles agences. Mais ce qui est génial à partir du moment où en plus tu niches sur le business ou la tech ou autre chose, c'est que tu peux imaginer tout un panel de choses. On peut imaginer, je ne sais pas, une communauté de réseaux avec que des entrepreneurs, des investisseurs avec un prix d'accès entre 1000 et 10 000 euros par an, où le but c'est de faire du networking, de faire des dîners, de faire des retraites, ce genre de choses. On peut imaginer un panel d'agences intéressantes. On peut imaginer de la formation, on peut imaginer la tech, on peut tout imaginer. Et en fait aujourd'hui avoir un média, c'est avoir une source, une puissance de distribution qui est juste dingue. Donc je pense qu'il y a quelque chose de gros à faire dedans.

  30. Alexandre Bonhomme

    Ok, donc prochain ?

  31. Luc Allain

    Non, tu peux commenter, je t'ai coupé juste avant.

  32. Alexandre Bonhomme

    Je disais dans tous les cas, à mon avis, la bonne idée, peu importe la niche que tu choisis, et ça on en fait souvent la même analyse sur le podcast, mais c'est de se dire, si tu arrives à avoir un personal branding, déjà tu as un média à toi tout seul. Ce média après, qu'est-ce que tu en fais, comment tu le transformes en un vrai média, c'est autre chose, mais fondamentalement, c'est comme si tu avais un média. Et donc, derrière, suivant qui tu es, tu peux attaquer la niche que tu veux. Avant, tu n'aurais jamais pu faire un média, j'en sais rien, de badminton. Enfin, un média de badminton, il faut être sacrément accroché pour le rendre rentable dans un pays comme la France, parce que tu n'as pas un million de mecs qui kiffent le badminton au point d'en acheter un journal tous les dimanches. Maintenant, mec, ça ne te coûte quasiment rien. Tu peux avoir un média niché sur le badminton. Pour peu que tu arrives à avoir mille vrais fans, comme tu le dis tout le temps, tu peux en vivre. Et donc, tu as des... Caché derrière du personal branding, tu peux avoir des micro-médias, donc des micro-journaux, des micro-chaînes YouTube et ainsi de suite qui se développent et qui prennent le rôle d'un média. Et je suis d'accord avec toi, Hugo Décrypte a cartonné le truc, le Crayon aussi. Et il n'y a pas eu pour le moment cette niche business vraiment attaquée. Il n'y a pas eu un... Encore une fois, ou alors j'ai pas vu, et il est possible aussi, ça nous arrive toujours de ne pas voir des trucs, mais il n'y a pas eu un Morning Brew à la française. Après, est-ce qu'il y a assez de volume en France d'actualités tech et business pour que... Tu vois, aux États-Unis, ils sont très, très vénères là-dessus. Ils envoient beaucoup d'actu, tu as la moindre levée de fonds, elle est couverte, le machin. Je ne sais pas si en France il y en a autant. C'est aussi une bonne question à se poser, ça. Peut-être que c'est pour ça qu'il n'y a pas eu de Morning Brew à la française. Je ne sais pas.

  33. Luc Allain

    Après, l'info peut venir de l'international. Après, tout dépend de la pertinence des infos. Mais quand on voit à quel point en France on suit l'évolution de... Enfin, en France, dans la microniche de laquelle on est, on suit l'évolution de ChatGPT, quand on suit l'évolution des gros... En fait, on voit qu'il y a eu une internationalisation, finalement, des outils techniques et même des figures publiques. Et je pense que maintenant, il y a beaucoup moins de barrières comme ça. La seule barrière, c'est la barrière de la langue. Et je pense que c'est bien de faire des infos peut-être nichées français, mais je pense qu'il n'y aura aucun problème à expliquer qu'il y a telle marque qui a fait telle chose, qui a arraché telle chose, parce que ça reste des informations pertinentes que les personnes après peuvent réutiliser dans leur business.

  34. Alexandre Bonhomme

    Oui, tu es correct. Et en fait, la force d'un média aussi, c'est que ça reste un actif qu'il est possible de revendre. Là où uniquement le personal branding en tant que média, puisque aujourd'hui c'est vrai que n'importe qui finalement peut être son propre média sur Internet, seulement il ne construit pas un actif en faisant ça. Il construit finalement une force de distribution qui peut être intéressante, qui peut lui permettre de construire des actifs derrière, mais ce n'est pas quelque chose qui va pouvoir être revendable. Et en plus, très souvent, le type va s'ultra-nicher. Ça aussi, c'est la grosse problématique de la plupart des personnes qui se considèrent comme un média et donc créent du contenu sur les réseaux. Le problème, c'est qu'on se niche. Parce que généralement, l'idée courante, c'est de dire ah oui, quand on se lance, il faut se nicher. Bon bah moi, je vais être le mec qui va créer des shorts. Je suis l'expert des shorts, je suis l'expert du TikTok. Bon bah moi, je vais être l'expert du Twitter. Bon bah génial. Ça, c'est trop cool. Mais au bout d'un moment, t'es ultra-niché, t'es connu pour ça. Et puis le jour où tu vas parler d'autre chose, tout ton engagement va mourir. Parce qu'en fait, tous tes abonnés t'ont suivi pour ça, tu vois. Là où développer un média qui est large par essence, te permet de totalement distinguer ton personal branding. Par exemple, tu peux, avec ton personal branding, build in public le média. Donc comme ça, ton personal branding est détaché de ça. Finalement, après, tu pourras faire tout ce que tu veux. Le média prend de la valeur. Et le média est suffisamment mass market et suffisamment global pour distribuer à peu près tout. En fait, à partir du moment où on s'adresse à une cible spécifique, après, tu peux leur vendre toutes les choses qui peuvent les intéresser. Des communautés, de la tech, de l'agence, du service, du conseil, pas mal de choses. Même d'ailleurs de l'événementiel. Un exemple tout bête. Imagine un énorme média qui cible tous les entrepreneurs, les CEOs, les investisseurs. Demain, tu fais une promo pour ton hôtel. L'hôtel que tu aurais bien créé. Enfin, que tu aurais bien créé d'ailleurs, je ne sais pas. Mais celui qui réunit les entrepreneurs. Bon ben voilà, c'est parfait. C'est la cible parfaite pour ça.

  35. Luc Allain

    Très, très clairement. Non, non, mais très, très clairement. Donc numéro 3, je crois.

  36. Alexandre Bonhomme

    3, oui.

  37. Alexandre Bonhomme

    Je vais peut-être dire une immense connerie. Je vais peut-être dire une immense connerie, mais je me lance parce que je pense qu'il y a un truc à jouer. Les applications mobiles.

  38. Luc Allain

    Tu veux dire de quoi tu parles ?

  39. Alexandre Bonhomme

    Je pense, mec, que petit à petit, les applications mobiles, c'est en train de se perdre. Je pense qu'on est au début de la vague de descente. Alors d'où vient mon analyse ? Si tu regardes récemment, qu'est-ce qui est financé par les VC ? Qu'est-ce qui se lance de manière massive ? Tu regardes les annonces. Il y a beaucoup de boîtes deep tech qui se sont lancées. Il y a beaucoup de boîtes de SaaS assez classiques qui tournent sur laptop, machin. On voit de plus en plus de boîtes un peu hardware ou un peu on va dire vie de tous les jours, lifestyle, complément alimentaire, tout ce genre de trucs. De moins en moins d'apps. Je ne sais pas si c'est une analyse que je fais parce que j'ai des... J'en sais rien. Les algos que j'utilise font que c'est targeté comme ça. Mais moi, je pense que à part l'app qu'on utilise là pour se filmer, c'est la dernière app que j'ai téléchargée et c'est la dernière app que j'avais téléchargée. Ça se trouve sur l'année dernière, je n'ai pas eu une seule nouvelle app. Pas une seule nouvelle app. Et pourtant, je m'estime plutôt relativement très connecté. Et alors, ça veut dire que c'est à mon avis un marché en décroissance. Ça veut dire que petit à petit, il y a de moins en moins de concurrence dessus. Alors, est-ce que le marché est déserté parce qu'il n'y a plus de place à prendre ? Ou alors, si un truc est vraiment bien senti, est-ce qu'une app va se retrouver avec moins de concurrence qu'elle ne l'aurait eu il y a 2, 3, 4 ans ? Et peut-être qu'il y a un truc à exploiter là-dessus. Donc, le marché des app mobiles, ça ne veut rien dire, évidemment. Mais mon analyse, c'est de dire que le format app pour délivrer quelque chose est en fait en train d'être de moins en moins utilisé et je pense qu'on ne le voit pas encore. Et qu'il n'y a pour l'instant que des signaux faibles. Et moi, je regarde ça sous l'angle qui investit où et que choisissent les VC. Ça se trouve, on va publier ça, il y a 4 VC qui vont nous répondre en nous disant n'importe quoi, moi j'investis dans ça, ça, ça, et voilà, j'aurais tort. Mais de ce que moi je vois, moins en moins d'apps. S'il y a de moins en moins d'apps, c'est qu'il y a de moins en moins de concurrence. Et s'il y a de moins en moins de concurrence, c'est qu'il y a peut-être un truc à aller choper. À mon avis.

  40. Luc Allain

    Ouais, je trouve que c'est une analyse pertinente. Alors, je n'ai pas du tout vu les chiffres au niveau des investissements des VC et tout, mais ce qui est vrai, moi qui suis beaucoup dans la sphère entrepreneuriale et qui suis énormément les tendances, les tendances de mode justement sur les nouveaux business à lancer, qui cartonnent, blablabla. Il y a eu énormément de dropshipping, un peu moins après. Il y a eu énormément toute la vague web 3, etc., un peu moins après. Là, on rentre beaucoup dans la vague, il faut créer du contenu et beaucoup dans la vague, il faut faire des SaaS. J'entends beaucoup de SaaS, j'entends beaucoup de création de contenu. Et on a aussi un peu la vague, il faut créer des communautés, et bon, ça rejoint un peu la création de contenu.

  41. Alexandre Bonhomme

    Mais c'est vrai que je pense qu'on a eu toute une vague app consumer qui a été lancée après justement succès de Facebook, succès de Snapchat et compagnie. Est-ce que la plupart des personnes ne se sont pas découragées, ils ne se sont pas dit mais en fait c'est plus simple, il faut viser des SaaS, il faut viser ce genre de choses ? Très certainement.

  42. Luc Allain

    Lorsqu'on regarde la courbe au niveau des tendances, on voit qu'en France, quand tu tapes juste app mobile, c'est quand même en croissance. Mais quand tu tapes au monde, donc il y a eu un gros pic en 2009, et puis après c'est stable, c'est stable, c'est stable, c'est stable. Depuis, quand je regarde depuis 2014, mec, c'est stable. Ça n'a pas bougé depuis 2014. On essaie de mettre la courbe...

  43. Alexandre Bonhomme

    Sachant que paradoxalement, dans le même temps, tu as de plus en plus de gens qui ont des mobiles.

  44. Alexandre Bonhomme

    Des mobiles, donc des OS, donc qui téléchargent des apps. Donc si tu veux, à mon avis, en effet, ça corrobore avec mon analyse, c'est de moins en moins un sujet chaud.

  45. Alexandre Bonhomme

    Et si ce n'est plus un sujet chaud, ça veut dire que c'est comme les mecs, je ne sais pas si tu as vu ça, je fais un micro aparté, les mecs qui retournent aujourd'hui sur Facebook et qui cartonnent en production de contenu. Moi, mec, je fais partie d'une génération où on a vu, j'estime qu'on a vu mourir Facebook. Moi, je suis arrivé, j'ai eu Facebook, je devais être en quatrième, ou un truc comme ça, un bail du genre. Et donc, c'était ultra à la mode, ultra stylé et tout. Et donc, j'ai eu le temps de visualiser le ça monte, ça monte, ça monte. Tout le monde là, tu viens un peu lassé et ça descend. Moi, aujourd'hui, je ne suis pas sûr d'utiliser... Enfin, tu vois, si j'utilise Facebook 10 minutes par semaine, et je ne sais même pas pourquoi je vais dessus, parce que j'ai quasi plus d'interactions. Sauf que, l'autre jour, j'ouvre un Reels de Gary V, qui dit, ouais, Facebook, ça cartonne machin. Donc évidemment, je prends mon petit téléphone, je suis sur Facebook, je regarde les Reels de gens qui ont publié. Mecs, ils font des scores de zinzin, des trucs, des 200 000, 300 000, 500 000 vues sur des vidéos qui font 3 000 sur Insta quoi.

  46. Luc Allain

    Après, Instagram a quand même bien géré la chose, c'est-à-dire que maintenant, nous, sur NBS, on publie sur Facebook. Bien. Mais juste parce que j'ai activé l'auto-publication à partir du moment où c'est publié. Là où les personnes peuvent être smarts, et en fait, c'est... Je crois que... Ah, à vérifier. Mais je crois que ce n'est pas possible de relier un compte Instagram à un profil perso Facebook. Et en fait, j'avais demandé à un ami, il y a un moment de ça, et en fait, lui, il publie sur Facebook, mais il publie sur Facebook sur une page perso. Et à ce qu'il paraît, ça cartonne bien plus que si on publie sur une page entreprise. Un peu comme sur LinkedIn où finalement tous les posts entreprise disparaissent, on n'envoie aucun, par contre, c'est que les posts persos qui sont mis en avant. Donc, c'est vrai que l'auto-publication, ça va, sur Facebook, finalement ne marche que pour les pages, et donc il y a quand même un micro-effort à faire pour publier sur Facebook, et la majorité des personnes ne le font pas parce qu'ils se disent que ça ne va plus rien. Et en fait, je suis rejoint parce que non seulement, finalement, même si on n'a plus l'impression d'aller sur Facebook, ça reste, je crois, l'une des apps les plus utilisées au monde. Je crois que c'est d'ailleurs l'app la plus utilisée au monde.

  47. Alexandre Bonhomme

    Et c'est ça. Et en plus, ça réunit la tranche d'âge qui a le plus d'argent aujourd'hui. Donc...

  48. Luc Allain

    Bah, mec.

  49. Alexandre Bonhomme

    Et ouais, mec. Donc, mec, on va venir se créer un compte NBS.

  50. Luc Allain

    Et mec, tu vois, pour être très clair avec toi, donc l'analyse sur les apps, c'est la même chose. C'est de dire, c'est des business qui à un moment étaient tellement violents en termes de concurrence que les gens, dès qu'il y a eu d'autres trucs qui sont arrivés comme TikTok ou le SaaS pour faire des parallèles, les gens sont allés dessus et ils se sont détournés du truc. Sauf que tellement de gens s'en sont détournés qu'en fait, il y a de la place. Beaucoup. Et je pense, sur les apps, c'est plus difficile à traquer. Mais je ne serais pas étonné que dans les 12 mois qui viennent, on commence à voir des mecs qui ressortent des apps et qui profitent du fait qu'ils ont moins de concurrence qu'il y a 5, 7, 8 ans.

  51. Alexandre Bonhomme

    Après, c'est vrai que les apps, ça reste quand même... Là, il y a une boîte dont la big idea, c'est de dire, on va créer des apps. Donc c'est une boîte qui investit dans des apps, mais des apps uniquement B2B. Et donc ils font le pari que demain, les professionnels, même tout le monde qui bosse dans les boîtes pour le marketing ou l'innovation, eh bien vont utiliser des apps pour bosser, mais cela directement depuis leur téléphone. Et j'ai trouvé que leur approche était intéressante parce que ça changeait.

  52. Luc Allain

    Je n'ai pas plus de raisons rationnelles à apporter. Ce n'est pas cool d'utiliser Slack sur ton téléphone. Moi, j'utilise Notion sur mon téléphone. Enfin, tu vois, why not ? Si mon CRM est sur téléphone, go. Enfin, en fait, pourquoi pas ?

  53. Luc Allain

    Oui. Ok, intéressant. App mobile. Pour le coup, je ne m'attendais pas à ça.

  54. Luc Allain

    Moi, j'en ai une petite dernière, ça va être assez rapide. Moi, c'est l'industrie au niveau des artistes, notamment au niveau des peintres.

  55. Alexandre Bonhomme

    Oui.

  56. Luc Allain

    Eh bien, figure-toi que je n'ai jamais été vraiment sensible à l'art pictural. J'adore la musique et tout ça, mais je n'ai rarement été sensible au tableau. Et je suis allé à une conférence il n'y a pas si longtemps où en fait, c'était un type qui expliquait toute l'histoire de l'art moderne depuis le XVIIIe siècle. Et en fait, j'ai trouvé ça passionnant. J'ai trouvé ça passionnant puisque le type en parlait avec humour, avec passion. Et en fait, ça m'a fait réfléchir. Je me suis dit mais la salle a été pleine, il devait y avoir 3000 personnes dans la salle. C'était une salle assez importante pour les conférences. Et je me suis dit qu'en fait, l'art pictural avait un peu... Dans mon imaginaire, ça avait été un peu mis de côté, tout comme l'opéra, tout comme le théâtre. Les arts nobles, finalement, avaient été un peu mis de côté. Enfin, pas les arts nobles, mais ce style artistique a été un peu mis de côté. Et lorsqu'on voit... Moi, ce que ça m'inspire, c'est lorsque je vois ça et lorsque je vois aussi la prolifération finalement de contenus faciles à générer avec ChatGPT, notamment, avec les canva, avec les no-codes, avec tout ce que tu veux, même si le no-code c'est un peu différent, je me dis qu'une industrie qui pourrait être très intéressante, plutôt un business qui pourrait être très intéressant, c'est revenir à des habitudes qui étaient anciennes. Un exemple tout bête, pour que ce soit plus clair. Aujourd'hui, on paye cher pour faire venir des photographes professionnels à domicile pour une belle photo de toute notre famille. Je ne connais pas vraiment le prix, mais généralement, ça reste une belle prestation, donc à mon avis, ça ne va pas être donné.

  57. Alexandre Bonhomme

    Imagine demain des peintres... Pour un mariage, c'est genre 1000 balles, que tu saches.

  58. Luc Allain

    Ok. Mais moi, je te parlais plus d'une photo simple, pas d'une multitude de photos et d'un album photo qui sort derrière. Imagine derrière créer même une plateforme où le but c'est de faire venir à domicile ou de faire vivre une expérience unique qui ne sont aujourd'hui plus de toute actualité. Donc au lieu que ce soit des photographes qui viennent chez toi prendre une photo, c'est un peintre qui vient et il dessine, il peint tout simplement la famille entière sur un tableau. C'est tout bête, mais en fait lorsque j'ai vu, enfin vous allez surtout vous dire que c'est débile, mais lorsque j'ai vu les milliers de personnes qui étaient rassemblées pour une conférence sur l'art moderne, lorsque je vois toutes les personnes qui continuent à aller au théâtre, mais en fait ce sont des choses qui sont immortelles, ça ne va jamais mourir. Et donc je pense que de plus en plus il y a des personnes qui ont une sorte de nostalgie vis-à-vis de ce type d'art. Et je pense que ça peut être une prestation qu'aujourd'hui on ne voit pas du tout, et à mon avis qui peut se transformer en un très beau business, c'est de se dire ok on va faire venir des peintres comme ça à domicile, et la promesse c'est on va immortaliser non pas sur une photo, mais immortaliser sous forme picturale un moment. Là je pense au tableau, dans le film Titanic par exemple, où on voit la femme qui s'est immortalisée avec la peinture et tout, et personnellement je trouverais que c'est un super cadeau. Moi si on m'offre ça un jour, même pour ma famille, il y a un côté qui est là où une photo capte l'instant présent, je trouve qu'une peinture, ça a quelque chose de beaucoup plus symbolique.

  59. Alexandre Bonhomme

    Je suis d'accord avec toi, mais ce que tu veux en fait, que ce soit ça ou le théâtre, c'est un business d'expérience. C'est-à-dire de dire ce que tu payes ce n'est pas tant le rendu, c'est l'expérience de faire un truc très très très inhabituel. Les trucs un peu traditionnels ont cette capacité, quand je dis traditionnel j'entends qu'on pourrait dire d'anciens, ont cette capacité à faire vivre une expérience plus qu'aller faire un ciné, et plus que regarder un truc sur Netflix. Parce que plus tu permets d'avoir l'expérience facilement et rapidement, genre aller voir une pièce de théâtre c'est plus compliqué que d'aller au ciné, ce qui est plus compliqué que de regarder un truc sur Netflix, ce qui est plus compliqué que de regarder un TikTok. Et donc tu as une espèce d'inversement proportionnel, valeur de la chose, valeur de l'expérience versus facilité d'accès à l'expérience. Et je pense que tu peux jouer facilement tout au long de cette chaîne de valeur. Et je pense que pour moi la mauvaise idée, parce que j'ai déjà vu des mecs le faire, c'est genre de dire on va créer une app pour faire du live de théâtre. En fait tu niques l'expérience. Dans ce cas-là tu vas sur YouTube regarder une pièce de théâtre qu'un mec a filmé, fin de l'histoire. Ça je ne crois pas du tout. Moi pour le coup, je dis rarement ça, mais s'il y a bien un truc auquel je ne crois pas, c'est à des modèles qui sont basés sur une expérience, et d'essayer de digitaliser un truc qui n'est pas digitalisable. Ça pour moi c'est le truc qui ne fonctionne jamais.

  60. Luc Allain

    Et pourtant la dernière fois tu avais parlé de la messe en live.

  61. Alexandre Bonhomme

    Ouais, je suis d'accord avec toi. Moi je pense que c'est un truc qui ne marche pas forcément. Par contre là ce que je sais, c'est qu'il y a des mecs qui ont levé sur cette idée-là.

  62. Luc Allain

    Moi je trouve que ça ne marche pas, mais potentiellement là ils viennent chercher autre chose que l'expérience. Ils viennent chercher la foi et tout ça, et peut-être que ça c'est un peu plus accessible. Mais un théâtre, un vrai théâtre ou une vraie performance, en live je ne vois pas...

  63. Luc Allain

    Non, non, en fait je suis d'accord avec toi, mais vraiment l'idée c'est de venir apporter une expérience qui est nouvelle, mais en se basant sur le divertissement qui... Je ne sais pas si c'est possible, mais c'est faire vivre des expériences à domicile qui sortent totalement de l'ordinaire. Et en fait je me rends compte d'une chose aussi, c'est qu'il y a un énorme marché non pas sur les produits qu'on propose, mais sur la manière dont on apporte ses produits. Là je suis tombé, alors aucun rapport, mais je suis tombé sur un site qui fait 1,5 million d'euros par an de chiffre d'affaires, c'est plus de 100 000 balles par mois. Et en fait c'est un site qui te propose de te faire livrer des trucs, des éléments, des choses sexuelles grosso modo. J'ai halluciné, c'est dingue. Mais sous forme de chocolat, donc tout est en chocolat. Et en fait l'idée, la promesse, c'est livrer ça à un ami, livrer ça côté blague. Et en fait j'ai vu de plus en plus de business comme ça, alors pas forcément avec le même type de produit, mais où l'expérience est différente. Et je pense que finalement là où tout le monde se concentre sur le produit, peut-être qu'un même produit mais avec une expérience totalement différente crée un business totalement nouveau, un effet waouh et un effet en plus bouche-à-oreille qui peut être très intéressant. Tout comme il y a un type aux États-Unis qui a créé du chocolat qui est censé dynamiser nos parfums sexuels, c'est un type qui s'appelle Olivier Brocato je crois, très intéressant il a fait un podcast, c'est passionnant, il avait une stratégie uniquement d'affiliation qui était monstrueuse. Et là encore, finalement c'est un chocolat, enfin je veux dire je suis sûr qu'on peut acheter des trucs comme ça ou des chocolats aphrodisiaques, enfin je veux dire à mon avis c'est pas nouveau. Mais en fait il a apporté, il a mis sur le devant de la scène un message, une expérience qui était nouvelle. Et je pense que ça permet aussi de voir le business différemment. Il y a le produit, il y a aussi l'expérience qu'on vend derrière le produit, d'où l'idée du tableau, du peintre qui vient à domicile.

  64. Alexandre Bonhomme

    De toute façon le branding et le process de delivery dans beaucoup de business est aussi important quasiment que le produit. Alors c'est pas vrai pour Tesla, c'est pas vrai pour Apple, c'est pas vrai pour toutes ces marques qui ont des produits incroyables. Mais quelque part Apple, tu vois, la boîte, la commande, le service client, tout est léché nickel et ça augmente aussi la qualité, perçue en tout cas, du produit. Et je pense qu'il y a des business où tout ce qui est avant l'achat est quasiment plus important que le truc lui-même. Tu vois, du chocolat, c'est impossible aujourd'hui, avant que tu sois un maître chocolatier de très très très haut niveau, mais du chocolat en ligne, c'est compliqué de se démarquer plus que ça. Je n'ai pas goûté ce truc-là, mais je suppose qu'il a plus ou moins le même goût que si j'achète du chocolat en supermarché. Donc il n'y a plus qu'un truc qui fait la diff, c'est le branding. Le branding, c'est ça, mais la promesse aussi derrière, la promesse de l'expérience. Au sens très large du terme, j'ai même envie de dire quasiment le SAV et tout ce qui est autour.