Fracture — Episode 3 —
La France doit-elle toucher le fond pour renaître ?
Romain Dominati, cofondateur du compte X Parti miléiste français, rejoint Eric, Nathan et Tony pour discuter de l'avenir de la France, de la politique de Javier Milei en Argentine et de la liberté au sens large.
- Speakers
- Eric Larchevêque, Nathan Pissaro, Tony Parker, Romain Dominati
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Transcript(286 segments)
Il a réussi à se faire élire en disant « y'a plus d'argent, on va droit dans le mur, on est vraiment dans la merde, on va couper toutes vos aides ». Il a réussi à gagner comme ça.
Et viva la libertad, carajo !
Le salarié moyen, s'il n'y avait pas les charges, il gagnerait 70% de plus.
Est-ce que tu peux avoir de la liberté et de l'égalité ?
L'idéal de liberté un peu Braveheart, Matrix, Neo, Star Wars. En fait, c'était sympa dans les films, mais en vrai, tout le monde s'en fout. Du jour au lendemain, ils ont dit « allez hop, tout le monde enfermait chez soi ». Et puis, il n'y a personne qui a mouffeté.
Nous sommes en guerre.
J'ai jamais mis mon alarme aux Etats-Unis. Parce que tu sais qu'aux Etats-Unis, si t'es sur la propriété, ils peuvent te tirer dessus. Ils ont le droit.
Aujourd'hui, la Suisse et les Etats-Unis, ils ont fait « non, mais restez là ». Si les gens se rendaient vraiment compte de ça, il y aura une révolution.
Est-ce que tu penses que la seule façon d'y arriver, c'est de toucher le fond d'abord ? Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Fracture. C'est un nouveau podcast, donc si vous n'êtes pas encore abonné, je vous invite à le faire. Abonnez-vous, activez la cloche pour être informé lors des nouveaux épisodes. Pour cet épisode, je suis toujours en compagnie de Nathan et de Tony, mes associés dans The Bitcoin Society. Et nous recevons aujourd'hui un invité, Romain Dominati du PMF. Alors le PMF, ça veut dire le parti miléiste français. Bon, je crois qu'on va tout dire, c'est pas un vrai parti. Non. Expliquez-nous, expliquez-nous Romain.
C'est pas une connerie, ça reste quand même sérieux. Mais effectivement, c'est pas du tout un parti. C'est avant tout une page sur X et sur d'autres réseaux, notamment Facebook, Insta, qui relaie les idées de la liberté portées par le président Javier Milei en Argentine, et qui analyse aussi la situation de la France et à quel point ces idées pourraient être bénéfiques pour un pays comme nous qui sommes étouffés par les taxes, la bureaucratie et l'État.
Et quand tu l'as appelé parti miléiste français, c'était un troll ?
C'était un peu par provocation, oui, au tout début, c'est sûr, quand il a été élu. On ne s'attendait pas à ce qu'il y a un tel engouement. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, on est un des comptes les plus suivis dans la sphère libérale française. Et on voit que petit à petit, nos idées commencent à se diffuser dans les médias tradis et auprès des responsables politiques. Donc ça fait plaisir.
Et on utilise le mot libéral, libéraux ou libertarien. C'est quoi le bon terme ?
Comme vous voulez, déjà libéral, c'est pas mal. Parce que vu le niveau moyen en France, déjà si la France pouvait devenir libérale, je serais déjà ravi. Alors libertarien, c'est un terme un peu plus précis qui correspond à l'école autrichienne d'économie. Donc là, on rentre dans des détails. En gros, on va dire que libertarien, c'est plus radical dans la liberté que libéral classique qui laisse une place à l'État.
Donc en fait, si tu es libertarien, plus d'État.
C'est ça.
D'accord. Là, c'est le dogme, le dogmatique. Parce qu'il y a des libertariens qu'on appelle aussi minarchistes.
Oui. Alors eux, ils ne sont pas libertariens.
D'accord. Ils ne sont pas libertariens. Donc en fait, il n'y a pas des degrés. C'est vraiment, c'est noir ou blanc.
Un petit peu, oui.
D'accord.
Alors, pour autant, Milei lui-même, qui se dit libertarien, c'est sa culture économique, il a passé dix ans à enseigner ça. Il se dit pragmatique avant tout. Donc il se dit lui-même minarchiste par pragmatisme. Donc minarchiste, c'est qu'il reconnaît une taille minimale à l'État.
Donc le régalien, la justice, la police, la défense des frontières. Et on s'arrête là.
D'accord. Et l'éducation, la santé ou pas du tout ? Non. Le minarchiste, c'est vraiment régalien en fait. C'est la définition du régalien. Parce que c'est aussi un terme. Si tu es régalien, c'est que tu crois en un minimum. C'est ça.
Mais après, effectivement, régalien, il y en a qui disent, si la santé, c'est un régalien.
D'accord.
Minarchiste, ça veut vraiment dire le minimum. Donc si on peut réduire à presque rien, on le fait.
Et donc toi, tu es libéral ou libertarien ? Tu crois à l'État ou pas d'État ou mieux d'État ?
Moi, je suis aujourd'hui libertarien parce que c'est une philosophie qui est très structurée et qui est finalement un enchaînement logique. Et c'est vraiment… Moi, j'ai un esprit cartésien, ça me plaît.
Donc on parle des premiers principes, je crois, c'est ça ?
Alors, on part déjà du principe que c'est l'individu qui agit et non pas un État, une entreprise, une organisation. C'est toujours un individu, c'est toujours quelqu'un. Les humains, donc, individus, agissent. Ils agissent pour améliorer leur situation, que ce soit morale, financière. En fait, on agit tout le temps pour aller mieux, quoi. En gros, c'est le premier postulat. Et à partir de ce postulat-là, on a une seule règle à respecter. C'est le principe de non-agression. Donc ça veut dire qu'en gros, on ne doit jamais agresser quelqu'un. Que ce soit lui voler sa propriété, lui taper dessus, ou l'insulter, le menacer. Tout ça, c'est une agression. Donc si on respecte ce principe sacro-saint dans la théorie libertarienne, tout le reste peut se faire en laissant les individus agir. Et en fait, on peut le résumer ainsi, c'est respecter le projet de vie de son prochain de manière illimitée, en respectant toujours ce cadre du principe de non-agression, du droit à la vie, du droit à la propriété et du droit à la liberté.
Et à partir du moment où tout le monde respecte ça, on est un peu dans une société qui fonctionne sans avoir besoin d'État.
C'est ça.
C'est assez utopique.
C'est utopique.
Oui, assez utopique.
C'est utopique parce que personne ne l'a jamais essayé. Donc déjà, on aimerait bien voir.
Le principe de non-agression dit qu'il faut une force police, peut-être pour le faire appliquer, donc un État.
Alors non, nous, on est un peu matrixé depuis qu'on est tous enfants à l'école, etc. On identifie que forcément, la police, c'est l'État. Mais ce n'est pas du tout le cas. En fait, on pourrait imaginer un monde où il y aurait des forces privées, mais en concurrence. C'est-à-dire que, par exemple, toi, tu pourrais souscrire à une boîte, un peu comme une assurance aujourd'hui. Tu dis, voilà, moi, tous les locataires et propriétaires de mon quartier, on s'est concertés, on a dit, voilà, on voudrait faire appel à telle boîte pour assurer la sécurité. Donc, tu aurais effectivement, tu aurais des agents de sécurité, l'équivalent de la police, quoi, qui signerait les rues, qui ferait respecter la paix dans la rue, la nuit, etc. S'il aimait qu'il commence à faire n'importe quoi, s'il y a du crime qui explose ou s'il commence à faire les gros bras, l'avantage d'avoir un système morcelé, où justement tu as plein d'entreprises qui sont en concurrence, c'est que tu peux aller voir le voisin. Tu peux engager une autre boîte pour assurer ta sécurité.
Mais comment tu fais pour éviter qu'il y en ait une qui prenne le monopole, parce qu'elle va être finalement plus radicale que les autres, elle ne va pas hésiter à tuer ?
C'est la grande… même pour moi, c'est le grand point d'interrogation, c'est-à-dire, est-ce qu'il y a un moment où il n'y a pas… ces boîtes-là, elles ne vont pas juste toutes s'associer, et dire, bon, maintenant, on rackette tout le monde, et vous n'avez pas le choix. Mais en gros, qu'est-ce que c'est ça ? C'est un État.
Oui, du reste, je pense qu'on accepte l'État à partir du moment où il te donne le droit d'avoir une vie paisible. On confie à l'État, à la base, c'était ça, c'est dire… C'est le deal, oui. Voilà, c'était ça le deal. OK, il y a un État, on lui fait confiance, ça fait partie d'une gouvernance, d'une sorte de république, et c'est laisse-moi vivre tranquille, mets des règles, on te donne ce monopole de la violence pour l'appliquer, et ça fonctionne. Et sauf que je pense que ce qui s'est passé, c'est que l'État est devenu de plus en plus gros et s'implique de plus en plus dans la vie des citoyens. Et je pense que c'est sûrement ça, toi, qui t'as fait peut-être passer un peu de l'autre côté, ou alors c'était vraiment tout petit, tu disais…
Il y a plusieurs questions. En fait, déjà, dans ce que tu dis, c'est vrai, mais le gros problème, c'est la géographie, en fait, la territorialité, parce que s'il y avait plein de petits États, on n'aurait pas tellement ce problème-là. Si par exemple tous les États, ce serait le Luxembourg ou le Liechtenstein, ils seraient tous en concurrence tout le temps, donc ils ne pourraient pas commencer à faire les malins et à vouloir imposer leur force sur énormément de gens de manière autoritaire, arbitraire.
– Sauf qu'il y en a qui a l'arme nucléaire, par exemple, ou qui a réussi à développer…
– Sauf si le voisin aussi l'a, en fait. S'ils sont tous un peu comme au Moyen-Âge, en fait. Vous avez plein de seigneurs… – C'est féodal. – Alors le problème du féodalisme, c'est que c'était les plus forts qui contrôlaient tout, déjà. Donc le principe de non-agression n'est pas respecté du tout. C'était le seigneur et ses chevaliers, ils ne se n'étaient pas d'accord, bon, tu te fais taper dessus. Donc c'est pour ça le côté utopique, c'est de dire qu'il faudrait que le principe de non-agression devienne un tabou ultime dans la société humaine, comme le cannibalisme. Et qu'on soit tous profondément convaincus que c'est mal, y compris les patrons en entreprise de sécurité privée. Donc ça, c'est le côté utopique. Après, il y a effectivement… Je veux dire, plus on va vers la liberté, plus c'est bénéfique pour tout le monde. Donc on n'est pas obligé non plus de viser ça. Peut-être qu'on y arrivera dans 2000 ans, on ne sait rien. Mais en tout cas, à court terme, on peut juste essayer d'avoir un peu moins le poids de l'État sur notre tête. Et moi, je m'en suis rendu compte, puisque tu me posais la question, pendant le Covid, où en fait, là, je me suis dit, en fait, on n'est pas vraiment libre. S'ils veulent nous enfermer tous chez nous du jour au lendemain, on n'a pas le choix. On n'a pas d'autre choix que de dire oui. Et l'idéal de liberté, un peu Braveheart, Matrix, Neo, tout ça, Star Wars, en fait, c'était sympa dans les films, mais en vrai, tout le monde s'en fout. Du jour au lendemain, ils ont dit, allez, hop, tout le monde enfermait chez soi, et puis, il n'y a personne qui a mouffeté. Donc là,
tout le monde avait peur, à la base, au tout début. Au tout début. Au tout début. Bien sûr. Les gens, ils voulaient même rester chez eux.
Au tout début, bien sûr. Mais réflexe de protection normale. Mais au bout de trois mois, de six mois, de un an, plus personne n'avait peur. Juste, tout le monde avait peur de la police. Et remplir son propre truc pour aller promener son chien. Donc là, j'ai toujours été libéral, mais là, je me suis dit, bon, il y a un vrai problème de fond dans la structure même de notre société qui est arrimé à ces États qui, en fait, sont tout puissants. Et donc, j'ai commencé à me pencher dans cette littérature-là et à tirer le fil. Et oui, je suis devenu convaincu.
Tu es déjà allé en Argentine rencontrer Milei ? Parce que c'est un choix, tu vois, Parti miléiste français, tu as un peu de…
Ouais, ça ne vient pas de nulle part. Effectivement, j'ai vécu sept ans en Argentine. Donc, c'est un pays que je connais très bien. J'ai monté un business là-bas que j'ai toujours. D'ailleurs, j'ai un hôtel en Argentine si jamais quelqu'un veut aller à Buenos Aires. Et donc, c'est un pays que j'adore. Et effectivement, quand j'ai vu le phénomène de Milei commencer à émerger, c'était justement pendant le Covid aussi parce que lui aussi, il est devenu fou enfermé chez lui à ce moment-là. J'ai suivi ça de loin. Il a été élu député. Je me suis dit, tiens, il est en train de se passer un truc. Il a réussi à être élu député alors qu'il ne fait que de gueuler sur tout le monde toute la journée, de dire qu'il faut tronçonner l'État. Et puis, quand il y a eu la montée en puissance de l'élection présidentielle, là, j'ai commencé à en parler à des amis. Et donc, on a eu l'idée de créer une page pour relayer ce qui se passait en Argentine. Et donc, dès l'élection, forcément, il y a eu un intérêt autour de la page parce qu'en connaissant bien le pays, je savais aussi d'où venait le pays. Donc, j'avais un peu le point de vue pas d'un Argentin mais presque.
Parce que, au début, ton background, tu as un parcours en économie ou comment tu viens universitairement ?
Oui, tout à fait. Moi, j'ai fait une prépa éco. Après, j'ai fait Sciences Po où j'ai fait un master en éco et j'ai également fait une licence d'éco à la Sorbonne en plus. Donc, oui, j'ai un background assez économiste mais je n'ai jamais utilisé en vrai dans la vie professionnelle.
Et tu étais déjà dans un courant libertaire au moins à ce moment-là ou pas du tout quand tu étais étudiant ?
Pas du tout. Pas du tout. J'ai toujours été libéral parce que de famille, voilà, mon père, mon grand-père ont toujours été libéraux aussi mais je n'ai jamais été militant et non, pas du tout.
Tu te serais senti seul sinon à Sciences Po, je pense.
Alors, ce n'est pas le même si on... Ça fait déjà plus de 20 ans mais après, oui, dans les études, en France, je pense qu'on l'a tous vécu dès la petite enfance. C'est assez orienté mais j'ai toujours gardé le cap.
Et je fais un peu l'avocat du diable. Moi, j'ai été aidé par le gouvernement, l'État. Je suis allé à l'INSEP, ils ont payé, c'est pour mes études. comment tu le vois dans un monde idéal par rapport au sport ou accompagner les jeunes ? Comment ça se passera ?
Oui, c'est une bonne question mais je pense que vu ton parcours en NBA, tu as la réponse puisqu'aux États-Unis, ce n'est pas du tout comme en France et que les meilleurs arrivent quand même à être financés, à avoir des études et à atteindre le top parce que, tout simplement, il y a une demande. il y a une demande pour du basket de haut niveau ou pour n'importe quel sport et donc, s'il y a une demande, il va y avoir une réponse du marché. Donc, le modèle, ça peut être un centre de formation privé, ça peut être une université privée aux États-Unis qui a une bourse pour le basket, etc. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que si des gens veulent quelque chose, le marché va trouver la réponse. Donc, on n'a pas besoin de l'État pour former les meilleurs.
Mais par exemple, qui décide ? Parce qu'à un moment donné, j'ai bien compris un pas de violence, mais qui décide comment ça se passe en fait le système ? C'est juste ça que j'ai du mal à comprendre.
Justement, en fait, c'est décentralisé. C'est-à-dire qu'il y a un système de contrat qui s'établit entre tous les individus qui agissent. Alors, évidemment qu'il va y avoir des individus qui auront plus de pouvoir que d'autres. Mais ça,
je suis d'accord. Mais il va y avoir des désaccords comme les gens qui ne sont jamais d'accord. Donc, qui tranche à la fin ? Par exemple, tu dois faire une ville, il faut mettre, je dis n'importe quoi, un pont là ou une route là. La justice. Qui décide en fait ?
Alors, il y a une analogie qui est pas mal, je pense, c'est celle de la copropriété. Tu vois, un immeuble en copro comme celui où on est en ce moment, eh bien en fait, les copropriétaires, ils sont obligés de se mettre d'accord pour faire des trucs. Pour refaire la cage d'escalier, pour repeindre la façade, etc. Et il y en a toujours qui ne sont pas d'accord. Il y en a toujours qui vont dire « Ah ben non, moi je ne veux pas payer. » Mais à un moment, tu es propriétaire au sein de cet immeuble, tu as accepté le règlement de copro qui dit que si la majorité est d'accord pour repeindre la façade, même si toi, tu n'es pas d'accord, tu dois payer. Ce serait à peu près la même chose. C'est-à-dire, tu n'aurais jamais un droit de propriété total. À moins que tu vives au milieu de la Patagonie et là, oui, tu n'emmerdes personne, tu as ton lopin de terre et tu fais ce que tu veux. Mais dès que tu vis avec des gens, tu es obligé de faire des compromis, des concessions. Donc, tu aurais toujours des règles écrites mais la différence, c'est qu'elles ne seraient jamais imposées. c'est-à-dire qu'on engage notre parole à respecter cette règle. Par exemple, il faudrait lever une sorte d'impôt pour faire un pont, comme tu dis. La différence, c'est qu'en achetant dans ce quartier ou dans cette ville ou même dans ce petit pays, je sais à l'avance, je m'engage, je dis, ok, moi je suis chaud pour payer 15% d'impôt mais je veux que les impôts servent à faire des infrastructures. Et uniquement ça. Par exemple, c'est un exemple.
En fait, ce serait le droit du contrat.
C'est un contrat. C'est le droit du contrat. C'est une philosophie du droit. Mais c'est une ville
qui est privée.
Privée.
C'est ça. Et donc le quartier, à la limite, il est privé. Si quelqu'un veut faire un trou pour passer un câble en disant, moi je vais mettre la fibre optique, ah non, non, non, le mec il dit, non, non, ça c'est chez moi, c'est mon quartier, ma ville, tu ne fais pas de trou. Si tu fais un trou, il y a ma sécurité qui va venir te taper dessus, en gros. Donc c'est privé. C'est-à-dire qu'il n'y a pas, il y a zéro domaine public en fait. Ça n'existe pas.
Zéro domaine public. Mais s'il y a un problème
d'interprétation, s'il y a un problème de justice, qui délivre la justice ?
Justice privée, pareil. Alors ça pour le coup, ça existe déjà. Ça existe déjà même à Paris. Il y en a plusieurs, mais je pense à l'exemple de celle de Paris qui est une cour privée de justice internationale. En fait, c'est des boîtes qui ont des activités d'import-export, qui ont des activités internationales. Elles se sont dit, et ça date, c'est dans les années 80, elles se sont dit, on a un problème, à chaque fois qu'on a un problème entre nous, on est obligé de passer par la cour de Madrid qui va rebondir à la cour de New York. On attend la réponse de celle de Paris et ça prend 4 ans d'avoir un jugement. Donc elles se sont associées, elles ont créé une cour d'arbitrage privée en disant, toutes dans leur contrat, donc entre boîtes, toutes les boîtes qui font partie de cette cour, on dit, nous, si on a un conflit entre nous, on est toutes d'accord pour dire, ok, c'est la cour privée qui va rendre son jugement. Donc un juge va faire son job, il va analyser les documents, machin, et en fait, ça va aller juste beaucoup plus vite. Si le juge, on voit qu'il a un parti pris et qu'il donne toujours raison à la même personne ou un truc comme ça, l'avantage de la concurrence, c'est que comme tu auras plein de sociétés qui feront du droit privé, de la justice privée, tu vas dire, attendez, non, cette cour de justice X, elle est nulle. Maintenant, je vais prendre mon abonnement à la cour de justice Y. Et par exemple, toi, tu veux faire du business avec moi, je te dis, ok, on va travailler ensemble, par contre moi, ma cour de justice, c'est la justice Y, tu la connais ou pas ?
tu te renseignes. Si tu n'es pas d'accord, je ne travaille pas avec toi. Moi, je veux que nos différents soient réglés par cette cour de justice-là.
C'est toujours le contrat.
C'est toujours le contrat.
qui permet de… Et donc, la question un peu plus difficile, pour la justice pénale, comment tu fais ? Tu as un meurtre ?
Pareil, en fait, sur un territoire donné, tu aurais… Donc là,
c'est territorial. Est-ce que tu ne peux pas souscrire ? Parce que là, chacun est libre. C'est forcément territorial, je pense. Là, c'est forcément territorial. Et donc, en fait, ça veut dire que si tu vis dans telle ville qui est privée, elle est sous tel cour de justice, et là, c'est cette cour de justice.
C'est ça.
Et donc, comment tu fais en sorte…
Il peut y en avoir 3-4 en concurrence au sein d'un territoire, ça peut être…
Parce que là, la question qui vient, c'est si tu as quelqu'un qui est très riche,
Oui.
Comment tu t'assures, en fait, qu'il ne s'achète pas son droit de tuer, en fait, tu vois ?
Alors, tu aurais forcément des problèmes, il y aurait certainement des tentatives, mais c'est toujours la même chose, c'est qu'à un moment, si on arrive à prouver… C'est la corruption, en gros. Voilà, on arrive à prouver qu'un très riche, il a corrompu un juge, comme il y a concurrence des juges, ce juge-là, normalement, il est grillé, il ne peut plus bosser. Alors oui, peut-être sur un one shot, il y aurait eu malversation, ça c'est possible.
Mais comme c'est possible dans le système classique actuellement, c'est possible. Oui, c'est-à-dire, ça arrive déjà.
Ça arrive déjà. La différence, c'est que nous, dans notre système classique, on n'a pas la transparence et on n'a pas surtout la possibilité de dire bon, on en a marre de ce système de justice-là, je veux prendre celui d'à côté. On n'a pas le droit, on n'a juste pas le droit. Donc en fait, c'est toujours la même idée. Bon, relation entre contrat, où la mise en concurrence fait émerger les meilleurs, eh bien, ça devrait être… D'ailleurs, le sport, c'est un domaine qui est quasiment déjà… C'est clair. Il ne gaste rien. C'est vraiment la performance, l'effort et tout ça qui est récompensé, le mérite et on voit vraiment le meilleur émerger parce qu'ils sont en concurrence tout le temps entre les meilleurs. Alors que ce soit dans la santé, dans l'éducation, dans la justice, dans la police, tout ça, c'est jamais mis en concurrence. Alors en France, il y a des pays où il y a plus de concurrence, mais en France, ce n'est pas du tout mis en concurrence. Comment on peut espérer avoir les meilleurs s'ils ne sont jamais mis en concurrence ? Ce n'est pas possible. Ce n'est juste pas possible.
Est-ce qu'il existe dans le monde, sur Terre, des endroits où cette liberté absolue existe ?
Non. Parce que je sache qu'il y a des groupuscules, mais vraiment des petites tentatives presque de laboratoire.
Vous êtes combien ? Je ne sais pas.
Je ne sais pas.
Vous n'êtes jamais genre tous réunis ? Non, ben écoute… Pas encore. Je ne sais pas, je ne sais pas.
On va essayer de trouver des réseaux qui peuvent rassembler ce courant de pensée.
Par exemple, juste en France ? Combien en France ?
Honnêtement, vraiment, je n'en sais rien. Je pense que c'est quelques milliers de personnes. Aux États-Unis, c'est déjà un peu plus prégnant. Il y a des sénateurs qui sont libertariens depuis longtemps, revendiqués comme tels. Maintenant, en Argentine, ça devient gros parce qu'avec la pédagogie que Milei a faite, il y a beaucoup, beaucoup de gens qui se sont intéressés à ces idées-là et lui, il les vulgarise très très bien. Et donc aujourd'hui, son parti, il est clairement déclaré comme libertarien et c'est le premier parti du pays. Donc ça commence à faire pas mal.
Je vois.
Et donc économiquement, c'est parti d'où, de quelle thèse, de qui est l'inspiration du mouvement libertarien en économie ?
Je pense que ça remonte à la nuit des temps en Occident parce que ça revient à des penseurs grecs qui déjà voyaient que l'État, c'était un problème, qu'il empiétait sur les libertés des gens. Ensuite, les Romains, le Moyen-Âge, tout ça. Puis ensuite, ceux qu'on connaît, les Adam Smith, Tocqueville, Bastiat, déjà, on avait bien structuré l'impact de la liberté sur l'économie. Mais après, voilà, le vrai courant, on va dire, économique, d'économistes, c'est ce qu'on appelle l'école autrichienne d'économie. Donc, c'est une suite de penseurs. Il y a Menger, Ludwig von Mises, Hayek, Rothbard, etc., qui, eux, ont écrit toute une bibliothèque sur cette théorie et qui l'ont popularisé après, notamment aux États-Unis. En fait, il y a eu un vrai mouvement dès les années 70 aux États-Unis où ça s'est vraiment imprégné dans la culture. Il y a même eu une romancière, Ayn Rand, qui a écrit des romans, mais c'est vraiment presque des livres d'amour, avec des péripéties, des aventures, tout ça, mais sur un fond très libertarien. Elle imagine un monde qui est arrivé au bout où il y a trop d'États partout et il y a une espèce de révolte des entrepreneurs qui fait qu'à un moment, ils disent stop, on ne peut plus faire partie de ce truc-là et qui, justement, se fédère et arrive à faire tomber le système. Et ce roman, il a eu beaucoup, beaucoup de succès aux États-Unis.
Il a vendu à plusieurs millions d'exemplaires. Ça s'appelle La grève, en français. Il a été traduit que récemment. Avant, c'était inconnu en France, ce roman. Il s'appelle Atlas Shrugged en anglais. Il est très, très populaire aux États-Unis, mais en France absolument pas connu.
Exact.
Donc là, on voit que, alors, depuis l'élection de Milei, il y a un engouement, c'est clair. Même le mot libertarien, il était même à peine connu en France avant que Milei soit élu. Maintenant, on le voit régulièrement dans les journaux. Donc, il est en train de porter ce message comme aucun de ses économistes ne l'a fait auparavant. Il a fait plus pour la liberté et pour ce message-là en quoi ? En 2-3 ans qu'eux tous réunis en 100 ans. Donc, ça fait un bel espoir.
Je comprends. Et du coup, qu'est-ce qu'aujourd'hui, dans un pays comme la France, on peut concrètement mettre en place pour aller défendre la liberté, aller vers plus de liberté et défendre toutes ces valeurs-là ? Est-ce que tu as déjà réfléchi ? Il y a du boulot. Oui, je sais.
Il y a vraiment un boulot énorme. Donc, d'abord, il faut, je pense, vraiment faire passer des idées simples pour que les gens réalisent que, non, l'État n'est pas forcément là pour nous aider, non, l'État n'est pas indispensable. Il y a plein de domaines où on peut rogner sur les dépenses publiques et surtout, plus on arrive à réduire le périmètre d'action de l'État et plus les gens sont prospères, sereins, heureux, en paix. On le voit absolument partout. C'est-à-dire qu'il n'y a même pas de contre-exemple. Dans toute l'histoire de l'humanité et sur tous les continents, dans toutes les cultures, quand les gens sont plus libres, ils sont plus prospères et plus heureux. Nous, avec le Parti miléiste, très souvent, l'exemple de la Suisse, parce que c'est juste à côté. C'est un pays qui est juste à côté de nous, qui a une culture en grande partie comme la nôtre, qui est le pays le plus libre du monde et qui est le pays le plus riche du monde. Peut-être qu'au lieu d'à chaque fois de critiquer « Non, mais les États-Unis, ça ne marche pas à cause de ci, à cause de ça », se référer à des modèles lointains de type « Non, mais Singapour, c'est parce que la culture veut… » Non, mais en fait, la Suisse, c'est juste à côté.
Alors effectivement, je partage, moi j'ai habité très longtemps en Suisse, mais j'essaie de trouver un contre-exemple, est-ce que ce n'est pas aussi lié à la taille du pays ? C'est-à-dire que ça marche quand ce n'est pas très grand.
Ben non, c'est ce qu'on dit tout le temps, mais en vrai, la taille du pays, il y a des avantages, des inconvénients, parce que plus un pays est petit, moins il a d'économies d'échelle. Il est obligé quand même de mettre en place des trucs, une infrastructure, une armée, etc., alors que ça peut être moins rentable que pour un grand pays. Il a moins de ressources. La Suisse, par exemple, c'est au milieu des montagnes, ils n'ont pas la mer, ils n'ont pas d'agriculture, et pourtant les gars, ils sont sortis avec tout le monde.
Il y a un petit peu le principe de non-agression, puisque c'est un pays neutre, donc on pourrait dire qu'il applique ce principe.
Exactement. Ben oui, c'est assez ancré chez eux, non seulement à l'international, c'est un pays neutre, mais en plus, entre eux, il y a des Suisses qui parlent allemand, des Suisses qui parlent italien, des Suisses qui parlent français, et ils ont réussi à tous se mettre d'accord. Il n'y a aucun moment où tu as les Suisses français qui ont dit venez, on va envahir les Allemands. Ça ne s'est pas passé comme ça. C'est un bon exemple du fait qu'on peut vivre ensemble, les uns à côté des autres, chacun avec...
Une culture très différente, parce qu'effectivement, tu fais trois heures de route, t'as vu...
Mais on s'échange entre nous, et en fait, tout simplement, c'est beaucoup plus rentable d'échanger avec ton voisin que de lui taper dessus. C'est ça, il faut qu'à un moment, l'échange, ça devienne tellement intéressant que tu n'aies pas envie de te taper dessus.
La Suisse, c'est un État ou une collection de petits États avec les cantons ?
C'est une collection de petits États.
C'est un État fédéral.
C'est une confédération, effectivement, d'ailleurs, qui connaît le nom
du président suisse. Je ne sais pas du tout.
C'est une femme, je crois, non ?
Oui, je crois aussi, mais ça change de temps en temps, comme dans tous les pays, sauf qu'on est incapable de citer un homme politique suisse.
C'est l'exemple qui revient à chaque fois, effectivement, personne ne connaît, et les Suisses s'intéressent plus à la politique française presque qu'à leur propre politique.
Oui, mais comme une télé-réalité. Parce que c'est le sang. Ils regardent ça comme un show, tu vois.
C'est ça, exactement.
Ils nous regardent vraiment comme des pauvres mecs. Regardez, ils se tapent dessus toute la journée à la télé, et nous, on est au top, on n'a même pas besoin d'hommes politiques. C'est clair.
Et la place de la religion dans tout ça ?
Chacun fait ce qu'il veut. Tant que tu n'empiètes pas sur la liberté des autres, tu fais ce que tu veux. Donc, en fait, c'est le même principe pour tout. C'est vraiment dans ton périmètre de liberté et de droit de propriété, tu es le maître de ta vie, de ton projet de vie. Dès que tu vas embêter quelqu'un d'autre, le forcer à faire quelque chose, non, là, c'est que tu n'es plus dans ton droit. Mais tant que tu restes dans le périmètre de ton droit, tu fais ce que tu veux. Tout simplement.
Et c'est vrai, on revenira à la Suisse, c'est vrai qu'il n'y a pas d'armée, il y a une microscopique armée professionnelle, je ne suis même pas sûr. Oui, je pense qu'il y a une toute petite armée professionnelle.
Ils ont un service militaire et tout. Oui, justement.
Par contre, il y a une réserve.
Pour tout le monde. Mais je sais, vraiment, effectivement, l'armée, c'est un tout petit boom.
Ils responsabilisent, en fait, les gens.
Exactement, c'est ça.
Déjà, ils demandent de voter sur la construction d'un pont. Les Suisses, ils vont demander un vote.
Les votations.
Les votations. Oui, enfin, jamais on nous a demandé notre avis, en fait. Et en fait, nous, on met toute notre confiance en quelqu'un qui porte un message, mais si après, pendant les 4 ans, 5 ans, où il est élu, il ne respecte pas du tout le MESM, il n'y a aucune conséquence.
Bien sûr.
Donc, on n'a pas notre mot à dire dans énormément d'éléments importants qui façonnent nos vies. Et ça, ça fait qu'il y a une mauvaise allocation des efforts, des ressources, parce qu'en fait, on prend des décisions pour les gens en pensant que c'est ça qu'ils veulent. Ce n'est pas possible. On ne peut pas savoir. Pour tout le monde, on ne peut pas savoir qu'est-ce qui est mieux pour un tel ou un tel dans une région donnée. C'est illusoire, en fait. On se trompe tout le temps.
Et d'un point de vue très concret, en France, où est-ce que tu rognerais dès le début dans le périmètre de l'État ? Qu'est-ce que tu changerais déjà ?
Oui, il y a du gras partout en France. Donc, déjà, il y a un énorme problème sur les retraites. Ça, c'est évident. On ne peut pas s'attaquer aux dépenses de l'État sans s'attaquer au poste numéro 1 qui est les retraites. Donc, il faut passer à un autre système. On ne va peut-être pas s'approfondir là-dessus, mais ça, c'est une évidence. Il y a des dépenses du train de vie de l'État qui sont incroyables avec des milliers d'agences qui ne servent à rien. Le surcouche d'administration. Avec des hauts fonctionnaires par dizaines de milliers qui sont très, très bien payés. On voit tous les scandales qui sont sortis sur 120 000 euros jour de taxi chez France Télévisions. Enfin, ce genre d'infos est une prise d'une à la suite des autres par rapport aux milliards de déficit. Mais en fait, il faut bien commencer quelque part. Donc, en accumuler, ça va vite. Et puis après, moi, dans mon opinion, on peut changer presque tout. C'est-à-dire qu'on peut changer l'assurance chômage peut devenir privée, l'assurance santé, le système de santé peut devenir privé.
En baissant les impôts, du coup, en contrepartie. Et tout ça,
en contrepartie, évidemment, à chaque fois, en baissant les impôts, baissant les impôts, tout le temps, tout le temps, pour tout le monde, pour faire respirer les gens, pour qu'ils puissent redevenir, mettre de leur vie un salarié moyen, le salarié moyen, s'il n'y avait pas les charges, il gagnerait 70% de plus. C'est-à-dire qu'on propose à tout le monde, tous les salariés, une augmentation de 70%. C'est énorme. On ne peut même pas imaginer ce que les gens feraient avec tout cet argent. Alors, ils auraient la responsabilité de prendre soin de leur avenir. Donc, ils penseraient long terme, ils investiraient pour leur retraite, ils investiraient pour leurs enfants, ils pourraient aussi prendre soin de leurs proches. Si tu as 70% d'augmentation, tu vas forcément prendre soin d'un ami qui a besoin d'argent, de ta sœur qui est malade, je ne sais pas quoi. Tu n'as plus besoin à chaque fois de compter sur l'État. Quelque part, l'État fait qu'on se dit celui-là, il est malade, oui, ce n'est pas mon problème, il y a déjà la sécu pour ça. Donc, on se décharge de nos responsabilités, on se dit je paye déjà assez d'impôts comme ça, ce n'est pas à moi de m'en occuper. Tu as raison. Donc, on a cassé les liens sociaux entre les gens, on a cassé les relations qui font que c'est agréable de vivre en communauté d'êtres humains.
Bien sûr. Et un exemple sur la responsabilité, moi, j'ai constaté quelque chose de frappant entre la France et la Suisse. Donc, moi, ma femme a couché deux fois en Suisse et deux fois, j'ai reçu la facture, ça coûte 25 000 francs, à peu près 25 000 euros. Mais la France, c'est pareil. C'est juste qu'on a tellement la carte verte qu'on passe, on ne sait même plus combien ça coûte au système, mais un accouchement en France, ça ne coûte pas loin de la même chose au système qu'à la Suisse. Sauf que comme tout est payé, on passe une carte, etc., on ne s'en rend pas compte. On ne la voit pas. Alors qu'en Suisse, je dois d'abord avancer, je reçois une facture, il y a écrit 25 000 francs, on avance une partie des frais avant que ce soit remboursé par la sécurité, mais il y a un système de franchise. Et donc, ça te responsabilise quand même à faire des choix. Est-ce que j'ai vraiment besoin d'aller chez le médecin ou est-ce que je peux m'en dispenser ? Et c'est vrai que, pour moi, c'est frappant au niveau de la santé. On a créé un assistana qui est extrêmement élevé.
Et puis surtout, on ne sait pas combien on paye. Parce qu'effectivement, on a accès à tous ces services, c'est très agréable. On nous dit, le système que tout le monde nous envie, mais personne ne l'a copié. C'est bizarre. Et on ne sait pas combien on paye. C'est-à-dire que, sur une vie, on va payer bien plus qu'un Suisse ou qu'un Américain qui va payer à son assurance privée. Parce que tu dois toujours avoir une assurance santé. Tu ne sais pas ce qui peut t'arriver. Demain, tu te pètes la jambe. Donc, tu vas cotiser. Mais sur une vie, ce qu'on prend aux Français à la source, sur les salaires, c'est bien supérieur à une cotisation santé privée.
Moi, j'ai eu un choix à faire il y a deux mois. J'ai pu choisir, est-ce que je m'assure auprès d'une sécurité privée en Suisse ?
Donc,
en Suisse, tout est censé être plus cher que la France. C'est un pays où il coûte plus cher. Ou est-ce que je vais à la sécurité sociale ? Il y a un choix, il y a un statut très particulier en Suisse qui permet de faire un choix en tant que Français. Mais j'ai fait les calculs. Mais jamais je vais aller sur la France. Surtout que je suis dans un désert médical. Laisse tomber. Donc, la Suisse me coûte 30% moins cher. Donc, c'est vraiment, alors que c'est censé être plus cher qu'en France.
on n'a pas le droit. Tu sais qu'il y a un mec qui l'a fait déjà depuis 20 ans, je crois, il est en bataille avec le fisc, le pauvre. Il a dit, il était salarié, il a dit, moi je refuse de payer les charges par la sécu parce que je ne l'utiliserai pas. Et il a contacté une boîte privée européenne pour avoir une assurance. Les mecs, ils ont fait un redressement, il a porté plainte, machin. C'est monté, ça fait 10 ans qu'il est en procédure, c'est monté jusqu'à la cour européenne des droits de l'homme. Parce que juste, le gars, il a dit, je veux juste ne pas payer cette assurance-là, si c'est vraiment trop bien leur service,
tout le monde va continuer à payer la sécu parce que c'est la meilleure. Mais en fait, ils savent que s'ils sont mis en concurrence avec un autre système privé, ils perdront plus leurs clients. Et le gars qui a voulu s'échapper, il est encore en procès le pauvre.
Et par exemple, ensuite, je ne sais pas comment ça marche au niveau de la santé, tu vas prendre ton assurance, imagine, tu ne le fais pas parce que tu vois, tu ne t'es pas responsable.
Alors c'est obligatoire. C'est obligatoire. C'est obligatoire, ouais.
Parce que comment tu fais si les gens, finalement, c'est la responsabilité individuelle, les gens ne le font pas parce qu'il y a des gens qui sont, on va dire, bêtes, qui ne pensent pas.
Non, mais pareil, c'est obligatoire. C'est comme pour conduire. Je ne veux pas dire de bêtises. Pour conduire, tu es obligé d'assurer ta voiture. Si tu renverses quelqu'un, il faut qu'il soit assuré, c'est obligatoire. C'est encore une fois, le contrat, c'est-à-dire que sur le territoire donné, on repart dans l'utopie, on dira, les gars qui veulent rentrer sur ce territoire-là et s'installer, il faut qu'ils montrent qu'ils ont une assurance parce que sinon, effectivement, tu fais un accident, tu tues quelqu'un.
Je ne veux pas dire quelque chose qui serait faux. Je sais que le minimum légal, c'est ce qu'on appelle la LAA, c'est l'assurance accident. Je crois que l'autre partie pour les frais de santé, c'est aussi obligatoire, mais j'ai un doute. Mais moi, je l'ai toujours pris parce que c'est évident que je vais m'assurer pour la santé. C'est comme si tu roules au tiers à l'assurance. C'est très risqué.
Parce qu'il y a des gens, en fait, après, qui ne prennent pas de responsabilité. Ils ont un problème. Qu'est-ce que tu fais ? Tu les laisses mourir. Après, il y a des problèmes d'éthique qui se posent parce que la question que j'ai envie de te poser, c'est est-ce que tu peux avoir de la liberté et de l'égalité ? Ou est-ce que la liberté crée les inégalités et que c'est comme ça et qu'il faut l'accepter ?
Oui. Non, en fait, je pense que tu as raison sur la deuxième option. En fait, il y a des inégalités partout. C'est-à-dire qu'on est tous nés différents. Il y en a qui courent plus vite. Il ne peut rien.
Mais ça, c'est pas qu'on se vérifie encore. Moi, Tony, 50 mètres, il y a un éther sur la table et il va se négocier. Non,
mais c'est vrai. Le monde est inégal tout le temps. Sur un territoire donné, il y en a un, il va piocher, il va tomber sur une pépite d'or et l'autre, il n'y aura rien. L'inégalité, elle est partout. Il y a une banane, elle est meilleure que l'autre. C'est comme ça. Le monde est fait d'inégalités tout le temps. Donc, vouloir rendre un monde égal, c'est anti-nature quelque part. Ça marche pour les ressources et pour les humains aussi. Donc, l'important, ce n'est pas tellement de réduire les inégalités, c'est de faire en sorte que tout le monde soit plus riche. L'erreur classique de la gauche, c'est qu'en voulant tout égaliser, ils ont rendu tout le monde moins riche, mais plus égaux. On tire vers le bas. D'accord, on tire vers le bas. C'est facile. C'est quand même plus intéressant de rendre tout le monde plus riche et que même le plus pauvre, il soit plus riche que s'il avait été égal aux autres. Donc, effectivement, la liberté, ça engendre aussi des disparités qui sont naturelles, qu'on retrouve partout, tout le temps, tout le temps. On ne peut pas y échapper, c'est comme ça. Ce qui est important, par contre, c'est qu'il n'y ait pas de... En fait, c'est moral parce que personne n'est lésé. Il ne faut pas qu'il y ait d'injustice. Ça, c'est différent. Ce n'est pas pareil que l'inégalité. Il ne faut pas confondre les deux. Tant que l'inégalité, elle est justifiée par quelque chose. Elle est juste. Il y a quelqu'un qui a fait quelque chose pour profiter d'un bon en avant. Ce n'est pas une bonne expression, mais on ne retrouve rien à dire là-dessus moralement. Ça, c'est vraiment du droit.
Tu as créé le compte XPMF, Parti Milléiste Français. Tu tweetes beaucoup sur le sujet, tu fais des propositions. Pourquoi est-ce que tu ne t'es pas pris au jeu ? Pourquoi est-ce que tu n'es pas allé vers la politique au sens électoraliste ?
Oui, on me l'a déjà posé plusieurs fois cette question. Déjà, c'est un milieu que je connais bien et qui est très difficile. On a toutes les chances de se pervertir soi-même parce qu'on va forcément faire des concessions sur ses idéaux. On va forcément s'associer avec des gens qui n'ont pas les mêmes idées que nous. Le mérite n'est pas du tout récompensé. Contrairement justement au sport, ce n'est vraiment pas un milieu où la probité, l'effort, le mérite est récompensé. Donc ça, déjà, je préfère m'en écarter. Et puis, en plus, il faut se rendre compte que je pense que c'est les idées qui changent le monde. En fait, quand les gens commencent à penser un peu différemment, ils demandent des réponses politiques. Et forcément, les hommes politiques, c'est leur job. Donc ils vont s'en emparer. Ils vont dire « Ah, il y a une demande pour de la liberté. Donc moi, je vais me faire l'avocat de la liberté. » Et des idées aussi radicales que celles que je viens d'exposer, je pense qu'on peut beaucoup plus les transmettre à travers la société civile ou des comptes sur Internet, des influenceurs, etc., qu'à travers un parti politique.
Toi, Tony, il y a pas mal de sportifs qui sont allés en politique. Est-ce qu'un jour, on va voir Tony en politique ?
Non, franchement, ce n'est pas quelque chose qui m'intéresse. Ce n'est pas quelque chose qui m'anime. Et bien sûr, j'ai envie de vivre dans un monde meilleur, être sûr que mes enfants, ils ont un super futur. Mais je préfère le faire d'une autre façon. La politique, c'est quand même très difficile. Et je ne pense pas que je serais bon là-dedans.
Je ne pense pas.
Non, franchement, je ne pense pas. Toi, Nathan ?
Alors moi, je suis tout sauf politisable, mon cher Tony.
Ah non, mais je pense que là, ça ne marcherait pas longtemps. Nathan, politique, je pense qu'il y aurait assez rapidement des petits dérapages qu'il viendrait mettre.
Déjà, moi, je n'ai aucun filtre entre ce que je pense et ce que je dis.
Oui, déjà, ce n'est pas une bonne idée.
Je pense être honnête, naturel, être en train de se dire. Donc forcément, je ne suis pas un politicien. Malheureusement, oui. Mais regarde,
Milei, c'est ce qui a plu aux gens.
Il a une vraie personnalité.
Il a une structure derrière idéologique très solide, mais lui, il dit tout ce qu'il pense. Et d'ailleurs, il l'a dit plein de fois. Il dit, je préfère dire une vérité désagréable qu'un mensonge facile et il le dit tout le temps. Et donc, il a réussi à se faire élire en disant, il n'y a plus d'argent, on va droit dans le mur, on est vraiment dans la merde, il faut tout couper, on va couper toutes vos aides et il a réussi à gagner comme ça parce qu'en fait, il a dit la vérité aux gens et les gens, à force, ils se sont dit, mince, il a raison.
Mais c'est vrai que ça a coïncidé avec une situation économique en Argentine que nous, on n'a quand même pas. Tu vois, une inflation, tu allais presque avec ta boîte.
Donc, est-ce que tu penses que, parce que bon, on est tous persuadés que la solution libérale est la meilleure pour obtenir la prospérité, donc on aime bien faire l'avocat du diable, etc. Mais bon, on est tous acquis, évidemment, à la même cause. Mais est-ce que tu penses que pour arriver vers un choc de liberté, vers un choc libertarien, mais pas forcément extrême parce que bon, il s'agirait plus de faire à la Milei, quand même à un moment de faire des accommodements raisonnables, d'être pragmatique. Est-ce que tu penses qu'on doit, la seule façon d'y arriver, c'est de toucher le fond d'abord ?
J'espère pas. Pareil, c'est une question que je me suis posée plusieurs fois parce que c'est vrai que l'exemple argentin, il va un peu dans ce sens-là. Parce qu'ils avaient déjà touché le fond plusieurs fois, en fait. Donc eux, ils avaient vu ce que c'était que faire faillite, la pauvreté, les gens dans la rue, tu vas à la banque, ben non, on te dit ton argent il a disparu. Il avait déjà vécu plusieurs fois. Et c'était, alerte rouge, ça allait à nouveau arriver. Il se trouve que ça coïncidait avec en plus le cycle électoral. Et donc là, ils se sont dit non, ok, on va changer du tout au tout. En France, c'est vrai que tant qu'on est confortable, qu'on a notre canapé, notre Netflix, on a du mal à se rendre compte qu'il va y avoir un gros problème.
Oui, on a du mal à se dire ok, il va falloir qu'on coupe et que ça aille encore plus dur. Et surtout, qu'il y a quand même une grosse partie de la population qui bénéficie quand même des aides et qui trouve normal aussi qu'on ait un système de redistribution.
Ils ne sont pas de notre côté.
Donc, en fait, chacun voit midi à sa porte aussi. C'est le propre de l'homme. Non, mais c'est facile pour nous de dire ben ouais, parce que bon, nous, quoi qu'il arrive, notre situation, elle est faite. Donc, qu'on dise on coupe tout, ça ne va rien changer pour nous. Donc, c'est une position qui est facile en fait pour nous à dire. et pour autant, il est nécessaire, c'est un peu la tragédie des communs, c'est-à-dire que chacun doit accepter en fait de se faire mal pour pas que la société entière se casse la figure. Et c'est ça qui paraît aujourd'hui difficile et qu'un candidat qui soit libéral, qui propose vraiment une solution extrêmement radicale de coupure, il aurait très très peu de chances d'être élu. Ce qu'on voit quand même,
c'est qu'il y a quand même un sentiment de colère et d'injustice justement qui est en train de monter de beaucoup de gens justement avec ce que je disais tout à l'heure du fait qu'on nous prend 60 ou 70% de notre salaire. Déjà, c'est tellement énorme en fait et c'est là-dessus qu'il faut faire de la pédagogie, de l'éducation, c'est que si les gens se rendaient vraiment compte de ça, il y aura une révolution parce que, en gros, les gens qui ont un salaire, c'est tous les gens qui font tenir tout le système. C'est eux qui bossent, c'est eux qui se lèvent tous les matins pour bosser et on leur prend pourquoi ? Pour redistribuer justement. Donc, si ces gens-là se disent non mais ok, je veux bien donner 20, 30%, 40%, je veux bien donner pour aider les gens dans le besoin, mais pas autant, il ne reste plus rien. En fait, ça marchait tant que tu pouvais t'élever socialement, tu pouvais commencer à bosser et puis à 30 ans, commencer à acheter ton premier appart, tu avais de quoi acheter une voiture, tu avais de quoi acheter quelques mètres carrés en plus pour avoir un enfant, ça fonctionnait.
Mais maintenant, 30 ans, l'appart seul, tu ne l'achètes plus quand tu es dans une grande ville.
En fait, les gens, le salarié moyen, dans la France des années 70-80, tu mettais environ 25 ans de travail pour doubler ton niveau de vie, donc vraiment ton niveau de vie dans ce que tu peux acheter, posséder au quotidien. Aujourd'hui, c'est 70 ans. 70 ans, ça veut dire que tu n'y arriveras jamais.
Mais les gens, ils ne partent pas avec plus dès le départ, plus gros salaire dès le départ ?
Non, bien sûr que non. En fait, la France des années 80, elle avait le même revenu par habitant que les États-Unis ou que la Suisse. Aujourd'hui, la Suisse et les États-Unis, ils ont fait « pfff, et nous, on est resté là ». Donc, c'est là qu'il y a un vrai problème. C'est que tant que, en gros, chacun pouvait trouver assez pour espérer, voilà, vraiment s'améliorer au cours de sa vie en bossant, ça va, parce que le travail, il est récompensé. Donc, ça donne envie à tout le monde de se lever le matin et d'aller bosser. Quand le travail, il ne paye plus, qu'il n'est plus récompensé, déjà, tu te démoralises, t'arrêtes. Alors, tu dis « attendez, je ne vais pas me casser le cul pour faire 200 euros d'augmentation, il y a 70% qui vont être pris. Je vais gagner quoi ? Ben non, je ne vais pas bosser plus. »
Alors, qu'est-ce qu'on peut faire si par le système électoraliste, politique classique, peu de chance d'y arriver parce que ça ne passera pas et que la réponse, ce n'est pas on se bat, qu'est-ce qu'on peut faire ? Tu vois, qu'est-ce qu'on peut faire concrètement impacter le débat politique, le débat économique ? Tu vois, quelles sont les actions qu'on peut mettre en place pour essayer de faire évoluer les choses avec les leviers qu'on est capable d'avoir ?
Et est-ce qu'il y a un problème aussi au niveau européen ? Donc, je sais que certains libertariens utilisent l'expression « le U R S S ». Est-ce que tu partages ça ?
Non, sur l'Europe, je ne partage pas vraiment parce qu'en fait, on voit qu'il y a plein de pays d'Europe qui s'en sortent avec la France qui sont bien plus libéraux et qui fonctionnent très bien. Et en fait, l'Europe, oui, alors oui, c'est de la bureaucratie, c'est une barrière sur plein de choses et tout. Mais avant que ce soit un vrai frein à tous nos problèmes, on en a tellement à raison déjà. Je veux dire, concentrons-nous déjà sur nous-mêmes avant de dire que c'est la faute de l'Europe. Et après, pour les actions concrètes, je pense vraiment qu'il faut ouvrir les yeux aux gens avec des actions de com, tout simplement, de la pédagogie, mais de tous les jours, avec un message qui petit à petit va sortir de la bulle des réseaux sociaux pour aller dans les médias traditionnels. On voit que la gauche mène très très bien la bataille culturelle depuis 60 ans, 70 ans. Et ça se passe partout, par des bouquins, des BD, des films, de la chanson, un festival, plein de choses en fait, qui peuvent faire en sorte que petit à petit, les gens se rendent compte que ce n'est pas ça la bonne solution. Donc concrètement, tu peux avoir des outils pour éveiller les gens, un outil par exemple qui leur montre quel est leur taux global d'imposition. Ils vont en ligne, hop, ils voient ça, ça peut choquer. Tu pourrais avoir un moyen de recueillir l'avis des travailleurs, des gens qui bossent vraiment tous les jours et qui ont un truc qui les bloque dans leur quotidien, un truc tout bête, une norme, une taxe qui vraiment leur fait perdre un temps fou chaque semaine. J'en sais rien, moi, le garagiste, le boulanger, il va te dire, voilà, moi, si il n'y avait pas cette norme-là, la productivité serait de 10, 20% supplémentaire. Ça, on pourrait essayer de faire sauter ces petits verrous un à un en en parlant dans la presse, en allant faire du lobbying, en mettant la pression sur les responsables politiques pour que finalement, il y en ait de plus en plus qui s'emparent du problème.
Écoute, ça tombe bien parce que c'est exactement, je pense, la mission qu'on s'est donnée avec The Bitcoin Society et tout ce que tu viens de dire, c'est des choses, je pense, qu'on va mettre en place dans les semaines qui viennent.
Carrément. j'avais une autre question à te poser. Il y a une initiative libertarienne radicale qui a été tentée aux États-Unis, enfin, qui part des États-Unis, qui est Prospera. Est-ce que tu sais… – Au Honduras. – Au Honduras. Est-ce que tu sais expliquer ce que c'est Prospera et qu'est-ce qui se passe concrètement ?
– Oui, tout à fait. C'est le hasard de la vie. Mes parents ont vécu en Honduras et le Honduras, c'est un pays pas facile à vivre. Le seul endroit sympa du Honduras, c'est cette île. – Pourquoi ? C'est pas facile. – C'est un narco-État. C'est pris par les narcos sur la route de la drogue et donc c'est un État ultra corrompu et très très violent. Donc, tu te balades dans la rue, tu vois des mecs passer avec des shotguns, c'est normal. Tu vas au resto, il y a un gars avec des flingues devant le resto juste pour surveiller le resto.
– Est-ce que ce n'est pas l'incarnation d'un État libertarien où chacun se… – Non, mais tu vois…
– Parce que le principe de non-agression, il est transgressé tous les jours par des groupes violents qui ne sont pas du tout contrôlés, par rien. Et donc, le seul endroit agréable du pays, c'est une île en face qui s'appelle Roatan. Sur cette île, d'ailleurs, on parle anglais alors qu'au Honduras, on parle espagnol. Elle est vraiment plus loin dans les Caraïbes et c'est à cet endroit-là que des Américains ont fait Prospera. Donc Prospera, c'est en fait, ils sont arrivés à un moment où le Honduras, c'était vraiment très mal et il y avait besoin d'argent. Et eux, ils se sont fait backer par des grosses fortunes américaines et par…
– Voilà, et par aussi deux sénateurs américains, je crois, un démocrate, un républicain. Ils ont fait une délégation. – Ils ont levé 500 millions, je crois. – Voilà, ils ont levé 500 millions, ils sont allés voir le gouvernement hondurien et ils leur ont dit voilà, nous, on peut vous donner, d'ailleurs, je ne sais pas combien, mais on peut vous donner un chèque et après, on vous donne un chèque chaque année en échange de quoi ? Vous nous laissez avoir une petite parcelle, c'est vraiment petit.
– Ouais, ouais.
– C'est, je ne sais plus, mais je crois que c'est 3-4 hectares, enfin, c'est vraiment tout petit sur Roatan, donc sur cette île, cadre assez sympa, île des Caraïbes, très jolie. Ça devient une zone franche et vous ne venez pas nous embêter quoi. La police hondurienne, elle ne rentre pas, il n'y a pas d'impôt, juste on vous paye un loyer chaque année et ils ont un bail de, je crois, 99 ans. Et on fait ce qu'on veut.
– Il n'y a pas d'impôt ?
– Il n'y a rien.
– Comment ils font pour rentrer et venir ?
– Ils sont bien obligés de passer au Honduras à chaque fois. Et puis surtout, ils sont très très peu, je crois qu'ils sont allés, ils étaient 20 et maintenant, je crois qu'ils sont 200.
– À habiter vraiment sur place, c'est ça ?
– À habiter sur place, ils ont construit 2-3 immeubles, ils ont fait un truc assez étonnant, ils ont fait un immeuble qui accueille des scientifiques qui veulent faire des expériences que les autres pays ne veulent pas accepter, des trucs sur les gènes, etc. Il y a un truc crypto aussi, ils se sont organisés mais le problème qu'ils ont eu très vite, c'est qu'en fait, au bout de 3-4 ans, il y a eu des élections au Honduras.
– Exactement, changement de situation politique.
– Changement de situation politique. La nouvelle présidente qui était d'ailleurs la femme de celui d'avant qui avait été condamnée pour corruption, bref, elle a dit non mais moi, je n'ai jamais donné mon accord pour ce truc-là. Donc, on envoie la police et puis on va les dégager.
– Ok, ils avaient signé j'imagine une sorte de charte.
– Ils avaient signé un contrat et les mecs, non mais moi, ce n'est pas mon problème, c'est le président d'avant quoi. Donc, ils ont commencé à envoyer les flics. Eux, ils ont porté plainte à une cour pénale internationale et comme ils étaient backés quand même par des sénateurs américains, l'ambassade des États-Unis a dit attention, vous avez signé un contrat avec nos citoyens là, vous ne pouvez pas revenir comme ça dessus, sinon attention, on va bloquer le Honduras, on va bloquer les imports-exports, les machins.
– Les États-Unis, ce n'est pas n'importe qui.
– Voilà, ce n'est pas n'importe qui. Donc là, ils se sont calmés, les Honduriens. Ils ont dit ok, on ne vient pas vous envahir, on laisse la cour internationale décider et ça fait, je crois maintenant, deux ans qu'ils sont en procès, je crois que ça doit finir dans pas très longtemps d'ailleurs. Mais donc, il est possible, on va voir justement, est-ce que la cour pénale va dire bon, ils ont acheté un bout de pays, c'est illégal ou alors au contraire, ils ont signé un contrat, ça tient. Et si la cour dit Prospera a le droit d'exister, qu'est-ce qui va se passer ? Et là, ça sera intéressant.
– Je te pose la question parce que quand Eric a fait la présentation pour la première fois de The Bitcoin Society, il y a quelques libertariens, je pense radicaux, je ne sais pas si c'est le bon terme ou pas, qui disaient oui, non mais vous n'avez pas de couilles, il aurait fallu acheter des terres en Afrique, dire c'est moi le roi, envoyer tout le monde, mais moi tu me dis, écoute Coco, j'ai acheté des terres en Afrique qui fait 40 degrés toute l'année, tu vas vivre au sein d'une population qui elle n'a rien, qui n'est pas ta culture, qui n'est pas ton truc, va vivre là-bas. – Bah écoute, je suis peut-être con mais je préfère payer mes 70% d'impôt en France. – Bien sûr,
personne n'y va, mais c'est clair, c'est clair. Il y a d'autres exemples comme ça au Paraguay, mais pareil, c'est au milieu de la montagne au Paraguay, mais là, c'est vraiment les colons du Far West, les mecs, ils y vont avec leur famille et effectivement, personne ne va les embêter parce qu'il n'y a pas de police là-bas. Ok, mais c'est une aventure, ce n'est plus du tout…
– Tu as l'appendicite, tu meurs.
– Oui, voilà, clairement. Et puis, moi, quand Eric m'a parlé pour la première fois du projet, moi, ce qui m'a plu, c'est qu'en fait, on prend le problème à l'envers. C'est-à-dire que d'abord, on constitue une communauté de gens qui ont les mêmes valeurs, qui commencent à se dire ok, on peut travailler ensemble en ayant de moins en moins besoin de l'État, en réunissant notre force productive, notre créativité, notre patrimoine, etc. Et puis, après, puis en plus, il y a le trésor en Bitcoin, après, avec cette force-là, tu peux aller voir quelqu'un et dire ok, on a, je ne sais pas combien, on a un million de membres et on a 20 000 qui sont chauds pour vivre, je ne sais pas où, ouais, un coin n'importe où. Là, peut-être, mais de le faire en disant j'y vais tout seul avec mon couteau,
c'est très, très risqué. – Si personne ne te prend en sérieux, tu te fais… – Ouais,
et puis les 400 ou 500 millions de Prospera, je ne sais même pas qu'est-ce que ça va devenir, eux, ils peuvent se faire virer manu militari du jour au lendemain, clairement.
– Ouais, il n'y a pas de durabilité.
– Je pense que le problème est dur à entendre, mais le problème, il doit forcément venir d'une réforme interne et il n'y a pas d'autres solutions à part… Il y a deux solutions, c'est soit tu te barres, ok, tu vas dans un autre pays et là, effectivement, c'est possible, soit tu te bats avec tes armes et tu dois faire changer ton système, ou alors sinon, c'est un abandon et ok, ça peut marcher aussi, mais je ne pense pas qu'il y ait d'autres solutions alternatives. – Encore,
tu te barres où ? Parce que ce n'est pas si facile.
– Bien sûr, et en plus, il faut accepter l'autre culture, si tu as des enfants, c'est encore plus dur, si tu as un métier ancré dans le réel, genre un restaurant, il faut repartir à zéro, les questions sont infinies.
– C'est sûr. En fait, c'est ça, c'est qu'on n'a pas la possibilité, il n'y a pas de concurrence entre les territoires justement, donc on n'a pas la possibilité de dire, allez, je m'en vais parce que vous gérez tout très mal, les services, ça se dégrade, l'école de mes gosses, elle est devenue nullissime, je vais faire trois heures d'attente si je vais aux urgences, donc en fait, je vais aller… – Trois heures, tu t'en sors bien. – Et encore, je vais faire aller 30 kilomètres plus loin et là, il y a un système qui marche, ça n'existe pas.
– Toi, Tony, tu as vécu en France, je suis en France maintenant, tu as aussi vécu beaucoup aux États-Unis, un système plus libéral anglo-saxon.
– Surtout au Texas.
– Surtout au Texas, exactement. Déjà, est-ce que tu as été un peu choqué par la culture, le fait, les guns partout et aussi, j'imagine, une façon de voir les choses assez différente, comment tu as vu ça en tant que Français, a priori, qui vient d'un système quand même, qui est avec beaucoup d'État ?
– Sachant que tu es parti très jeune ? – Je ne sais pas, moi, ma mentalité, c'est que je m'adapte en fait. Donc, je m'adapte au pays où je suis en fait. Et c'est vrai que c'est très différent entre les États-Unis et la France. Et moi, j'essaie toujours de dire, j'essaie de prendre le meilleur des deux mondes, même si des fois, ce n'est pas facile parce que, tu sais, aux États-Unis, il y a toujours ce truc où tu ne peux pas parler politique et religion à table. C'est des sujets très, très sensibles. C'est un peu une expression qu'on dit aux États-Unis. Le Texas, c'est vrai que ça va un peu loin. C'est vrai qu'au début, – Tu t'es surpris au début ? – J'étais un peu surpris au début quand tu vas au supermarché et que tu vois les gars avec leurs guns. Tu sais, tu les vois, ils peuvent marcher et tu es open carry, comme ils disent. Tu peux les voir. C'est vrai qu'il y a moins de bagarres. Tu fais moins le malin quand même quand tu sais qu'il y a plein de faits. Tu te prends un klaxon. En France, ils sont tous en train de gueuler ça. Là, aux États-Unis, je te jure, tu ne cries pas parce qu'ici, tu sais que ça peut mal finir.
– Tu ne sais pas.
– Tu vois, moi, par exemple, aux États-Unis, je ne devrais peut-être pas dire ça publiquement, mais c'est bon, j'ai mis la maison en vente, mais je n'ai jamais mis mon alarme aux États-Unis.
– Ouais.
– Parce que tu sais qu'aux États-Unis, si tu es sur la propriété, ils peuvent te tirer dessus. Et ils ont le droit. En France, vous savez la règle, si tu tires sur quelqu'un, déjà, normalement, tu ne devrais pas avoir de… – L'arme, ça ne devrait même pas arriver. – Ça ne devrait même pas arriver. – En tout cas, si tu fais mal à quelqu'un, on va dire ça comme ça, alors que tu es chez toi et c'est eux qui t'attaquent techniquement, toi, tu peux aller en prison. C'est incroyable, cette règle. C'est juste pour utiliser un exemple. – Ouais, c'est très intéressant. – Après, je me dis, tu préfères quoi ? Tu peux shooter comme tu veux ou tu préfères la France mais personne « not gun » ? Enfin, tu sais, je ne sais pas. Et donc, moi, ce que je dis par rapport à moi, parce que c'est dur de dire « Ah, on va essayer de changer les choses. » Il faudrait que ça prenne… Il faut tellement de personnes pour avoir un impact, on va dire, au niveau mondial ou dans un pays. Je dis, j'essaie juste de m'adapter aux règles et je m'adapte au pays parce que je trouve que pour faire lancer des mouvements comme ça, ça prendrait des années et des années. Bon, après, on dit ça, mais regarde en Argentine, ça allait vite. – Ça allait vite, ouais. – Je ne sais pas. En fait, j'ai du mal à m'en rendre compte de ce que la population veut vraiment parce que, par exemple, les guns, c'est un sujet aux États-Unis. Tu as une grosse partie qui ne nous en veulent plus parce qu'après, tu as des accidents comme les écoles. C'est vrai que moi, quand j'ai eu mes enfants, j'avais un peu peur de ça parce que tu as des fous qui rentrent dans les écoles et qui tirent sur tout le monde pour aucune raison. Et en France, tu n'as pas de gun, mais il y a des cambriolages tout le temps. Donc, je ne sais pas. Je ne sais pas ce qui est mieux.
– Alors, ce n'est pas le sujet.
– Non, je sais que ce n'est pas le sujet, mais c'est juste pour donner un exemple.
– Non, mais c'est bien. Je suis à toute façon. – Statistiquement, je pense que là, pour le coup, le fait de ne pas avoir d'armes en France, on y gagne quand même plus qu'aux States.
– Alors, pour moi, c'est un point vraiment intéressant parce que, voilà, j'ai toujours pensé comme toi. – Parce que moi,
ça aurait été ma prochaine question. Dans ton monde à toi…
– J'ai toujours pensé comme ça, même en étant libéral. – Mais c'est autorisé ? – Oui, parce qu'en fait, c'est un des points sur lesquels j'ai changé d'avis en essayant de réfléchir de manière purement logique et de ne pas mettre de sentiments là-dedans. C'est qu'en fait, pourquoi les Américains, ils sont aussi attachés que ça à leur droit au port d'armes ? À l'origine, c'est justement pour dire « Non, l'État, il ne peut pas venir faire n'importe quoi. » Parce que si tout le monde est armé, la police ou l'armée en face, elle est toujours en infériorité numérique en fait. Donc elle ne peut pas empiéter sur ta propriété, elle ne peut pas venir du jour au lendemain te dire « Les impôts, ils passent de 30 à 50 %, ben non, ce n'est pas possible parce que tout le monde sort le flingue. » Donc c'est pour ça qu'ils y sont attachés. – C'est pour ça, du reste,
qu'ils défendent aussi la capacité d'avoir des armes automatiques. Parce qu'en fait, on a des sujets sur le port d'armes. – Pour être à égalité quoi. – Exactement. Les gens disent « Non, non, mais on veut nos AR-15, les armes automatiques, ce n'est pas parce que… » En tout cas, un gun, ça suffit, un revolver, ça va suffire pour te défendre chez toi. Tu ne peux pas tirer à l'arme automatique chez toi. C'est très compliqué. Il faut mieux avoir quelque chose de plus compact. Mais… Et donc les Américains… – C'est au bazooka. – Oui, c'est au bazooka. – Non, mais les Américains, ils disent « Non, non, mais on veut garder nos armes automatiques parce que justement, c'est ça, c'est ce que tu dis, on veut pouvoir être un contre-pouvoir avec l'État. »
– Oui, alors on voit que malgré tout, ils ont quand même un État très puissant. Donc voilà, il y a d'autres problèmes. Mais c'est vrai que, en fait, tu te dis, par exemple, les Suisses, encore une fois, eux, après leur service, ils ont tous une arme chez eux. Donc c'est le pays, en théorie, je pense que ça va être le pays le plus armé au monde puisque chaque foyer a l'arme du service chez soi. Et pourtant, il n'y a jamais de mort ou très peu par balles. – Oui, la Suisse,
c'est pas connu pour ces tueries de masse.
– Donc en fait, les problèmes aux États-Unis, il y en a énormément, mais ils sont liés à d'autres défaillances qui ne sont pas… En fait, c'est pas le flingue qui tire tout seul, c'est le mec qui est derrière le flingue qui est le criminel. C'est lui le problème, c'est pas l'arme en elle-même.
– Tu disais que tu as changé d'avis. – J'ai changé d'avis, oui. – Tu étais comment avant et tu étais comment même ?
– Eh bien, j'étais un peu comme Nathan à dire, en me disant, « Oui, mais les statistiques, elles sont en notre faveur, notre modèle est mieux parce qu'il y a moins de morts, et je me suis en train de me dire que ce n'était pas un problème de l'outil, c'était un problème de l'utilisateur de l'outil. Et qu'effectivement, si on va plus loin, on se rend compte qu'en fait, c'est aussi des défaillances par ailleurs de l'État américain qui font qu'ils ont créé de l'injustice, du ressentiment, de la frustration et donc une envie de violence chez une bonne partie des gens. Cette envie de violence, effectivement, quand tu as un flingue, tu es plus dangereux qu'un simple couteau.
– Oui, c'est ça.
Parce que c'est plus facile de tuer son voisin. – Mais il faut voir le problème à la source, il faut voir le problème à comment faire une société apaisée où on n'a pas besoin d'avoir du ressentiment les uns envers les autres, on ne ressent pas d'injustice, donc on ne sort pas nos armes, tout simplement, comme les Suisses. Donc les Américains, ils ont un problème de fond. Et après, comme ils ont des armes, ce problème de fond fait qu'il y a plus de victimes. Mais par contre, pour se défendre d'un État central, de n'importe quelle forme de coercition en fait, n'importe quelle forme de gars gros bras musclés qui vient m'imposer quelque chose, si j'ai une arme, il va être moins chaud pour m'imposer quelque chose. C'est-à-dire que si moi, demain, je vois quelqu'un dans la chambre d'un de mes gosses, est-ce que j'ai le sang-froid de me dire « Ah, attends, en fait, en France, je n'ai pas le droit de lui sauter dessus parce que le gars, si je lui casse la nuque avec ma batte de baseball, c'est moi qui vais en taule » alors que… Ben non, enfin, c'est quand même un système complètement absurde. On ne devrait pas avoir à se poser ces questions-là.
Si demain, tu avais une baguette magique et que tu pouvais influer sur des décisions en France, on avait un peu parlé tout à l'heure, ce seraient quoi les trois premières décisions que tu prendrais ? Qu'est-ce qu'il faudrait vraiment changer pour que c'ait un impact ?
Oui, les trois premières, je dirais, la première, c'est de faire une réforme du système du Conseil constitutionnel parce qu'en gros, on sait très bien que toute réforme majeure, elle va être bloquée par le Conseil constitutionnel. D'accord,
donc tu commences un peu par la base ? Déjà,
on commence par la base, c'est déjà, on trouve un moyen, on le réforme, on le supprime, enfin, ce qu'on veut, mais il faut qu'il arrête de bloquer tout. Deuxième, c'est de changer le statut des fonctionnaires. Ce n'est pas possible d'avoir des millions de gens que tu n'as pas le droit de… ce n'est même pas que tu n'as pas le droit de les virer, tu n'as même pas le droit de leur dire
tout à l'heure, tu en parlais, je veux dire, aujourd'hui, tu veux changer tes tuiles, tu as la commune, tu as la communauté de communes, tu as le département, tu as la région, tu as les architectes des bâtiments de France, tu as mes fesses sur une salade, je veux dire… Ah, moi,
je suis dans l'immobilier à titre professionnel, c'est un des secteurs les plus régulés et je te confirme qu'on ne peut rien faire, on ne peut pas bouger le petit doigt. Donc ça, c'est une catastrophe. Et après, en troisième, ça peut être effectivement supprimer la loi SRU qui est la loi qui encadre toutes les règles d'urbanisme en France et qui freine tout, c'est-à-dire que tu ne peux rien construire à cause de cette loi, qui impose aussi le système des logements sociaux qui est une aberration puisqu'en fait, c'est les consommateurs qui payent leurs logements très très chers pour pouvoir avoir 50%, au moins 25% de logements sociaux partout. Bref, donc ça, c'est un poids lourd, mais effectivement, aussi la réforme des retraites, changer le système des retraites, il faut le faire le plus vite possible en fait. Chaque jour qu'on perd, avec ce système, c'est un poison qu'on laisse à nos enfants et un boulet qu'on se traîne pour toute la France.
Et est-ce que tu penses qu'en France, on pourrait gouverner par référendum ?
Oui, pourquoi pas.
Est-ce que tu penses, en fait, c'est la question, est-ce que les gens sont suffisamment intelligents pour qu'on leur laisse, tu vois, qu'on leur laisse le droit de...
C'est sûr.
C'est souvent une question qu'on pose. Ben oui,
non mais déjà, si on ne leur pose jamais la question, ils ne risquent pas d'y réfléchir.
Exactement.
Donc, si on les laisse tout le temps dans l'obscurité, en leur disant « ne vous inquiétez pas, il y a les patrons de Bercy qui vont faire tout mieux que vous », ben oui, les gens, effectivement, ils ne se posent pas les bonnes questions, donc ils ne réfléchissent pas, donc on les considère comme des idiots. C'est terrible de penser ça. Je pense au contraire qu'il faut faire participer les gens au maximum et qu'il n'y a personne qui sait mieux que toi-même ce qui est bien pour toi. Personne. Même la personne la plus humble de France, elle sera mieux pour elle-même que moi, tout simplement. Je n'ai pas à m'immiscer dans la vie des gens, je n'ai pas à dire « ah non, tu sais quoi, tu dois mener ta vie comme ça ». Non, ce n'est pas la bonne solution.
Et qu'est-ce que tu penses d'un système, on pourrait appeler de technocratie, c'est-à-dire où pour pouvoir gouverner, c'est un peu ce qu'il y avait à l'Antiquité, avant de pouvoir gouverner, tu dois faire 20 ans, 30 ans d'études, tu dois tout savoir et donc tu aurais une vingtaine de sages, tu vois, qu'est-ce que tu penserais de ce système ? Je suis contre,
je suis contre parce que je pense que tu as souvent un problème avec les experts, tu vois. Les experts sont par nature très très formatés parce que justement ils ont fait 20 ans où on leur dit c'est ça, c'est ça, c'est ça et donc finalement ils sont persuadés de toujours avoir raison et en plus ils disent ce que je dis c'est assis par 20 ans d'études et je suis un scientifique donc vous devez m'écouter, donc c'est le meilleur moyen d'aller droit dans le mur. Je pense que le bon sens tout simplement, le bon sens de chacun, le bon vieux bon sens paysan ou on l'appelle comme on veut, c'est ça qui est le plus proche de l'action, c'est ça qui est le plus proche de la bonne décision. C'est vraiment comment un expert depuis son bureau parce qu'il a fait 20 ans d'études sur l'agriculture il saura s'il vaut mieux planter les radis en septembre ou en octobre. Peut-être qu'il le saura sur le papier mais il ne va pas voir les nuages, il ne va pas sentir le gras de la terre etc. et je pense que vraiment c'est une énorme erreur de confier les clés du camion à des soi-disant experts. Il faut réduire le champ au maximum des décideurs quels qu'ils soient. Après les décideurs il vaut mieux qu'ils soient des gens qui ont envie de s'impliquer dans la vie publique mais à côté de ça qu'il y ait une vie à côté qui est
un métier. Justement la 5ème république on pense qu'elle est un peu terminée pour poser des questions sur sa viabilité comment tu verras une 6ème république ?
Wow ! 6ème république bonne question écoute il faudrait je pense décentraliser un maximum déjà il faudrait vraiment redonner
sur les régions en fait
même plus bas je pense que la région c'est une échelle sentimentale
comme communauté de communes
Ouais non mais déjà le département généralement au niveau d'un département t'as quand même une grosse cohésion économique culturelle voilà c'est un ensemble assez cohérent et après au niveau d'une mairie encore plus forcément le maire d'une commune il sait mieux ce qui va bien pour son avenue que le gaz dans un ministère c'est une évidence effectivement je pense la région ça sert à rien donc il faudrait décentraliser au maximum le pouvoir et libéraliser c'est à dire rendre au secteur privé un maximum de choses donc comme je le disais à commencer par les assurances chômage retraite santé qui sont en fait des énormes mammouths très très très pesants qui nous coûtent très très très cher en fait ces fameux 70% d'augmentation des salaires ils passent tous là-dedans quoi ce dont on a besoin pour avoir des routes la police la justice et tout c'est dérisoire à côté la plupart des pays du monde jusqu'à la première guerre mondiale il n'y avait pas d'impôts il y avait 10% d'impôts max pourtant il y avait des routes il y avait des trains il y avait des mines il y avait plein de trucs mais avec 10% d'impôts tu peux déjà avoir une infrastructure suffisante pour faire tourner un pays
super
c'est passionnant c'est vrai qu'on interagit moins peut-être que dans d'autres podcasts parce que désolé j'ai voulu parler c'est bien moi je suis captivé par ce que tu dis je bois tes paroles c'est tellement intéressant et on sent vraiment que tu vois tu t'es posé 20 000 questions avant de ne serait-ce que lancer le compte Twitter j'ai beaucoup de respect pour ça merci
tout ce que je retiens c'est 10% de taxes
voilà c'est ça non mais ce message là il est tellement naturel 10% de taxes augmentation de 70% de ton salaire ça devrait ça c'est du populisme libéral je le vois pas comme ça
quand tu as dit 70% c'est énorme c'est énorme pour le salaire moyen
pour les gros salaires c'est encore plus pour le SMIC c'est un peu moins c'est plutôt autour de 50%
mais même c'est énorme mais où ça va tu te dis mais où est l'argent
c'est énorme
en tout cas ça fait partie des missions de The Bitcoin Society de donner plus la parole à des idées libérales pour essayer d'impacter justement les idées impacter un peu la culture économique donc merci beaucoup Romain d'avoir passé du temps avec nous pour nous expliquer un petit peu les choses et je pense que de toute façon c'est notre mission de continuer de porter ces idées de mettre en place toutes les idées que tu as mises sur la table pour pouvoir essayer d'impacter les choses à notre niveau et de faire avancer ces idées là dans la bonne direction
bon et pour conclure la tradition du saladier Romain va tirer un petit papier mon cher Romain tu vas comprendre ça signifiera une anecdote pour l'un de nous
alors c'est pour toi
merde
mais je ne sais pas de quoi il s'agit TDAH
ah ouais
je crois que Simon on a tous compris de quoi il s'agit TDAH alors ça veut dire quoi
TDAH alors trouble de l'attention et hyperactivité voilà la petite anecdote c'est qu'effectivement je suis gros hyperactif j'ai été sous traitement pendant une grosse dizaine d'années ça m'a permis de faire des études supérieures et tout sinon tu prennes la Ritaline je suis Concerta moi c'est l'autre
c'est l'autre
ouais pendant des années ça m'a énormément aidé ma vie a changé du jour au lendemain quand j'ai commencé le traitement il y a eu des effets secondaires perte de poids machin etc ça fera l'objet d'un autre épisode mais c'était double personnalité c'est à dire que quand j'avais mes cachets j'étais quelqu'un quand je n'avais pas mes cachets j'étais quelqu'un d'autre et ça fait ça fait 6 ans que j'ai arrêté le traitement
là tu es tout seul
là je suis tout seul nous sommes un et voilà et depuis le médecin m'a dit à un moment donné il faut vivre avec je n'exclus pas en toute transparence parce que parfois c'est pas facile de reprendre du traitement mais voilà pour des moments
quand tu dois te focus
ouais pour des moments quand je peux me focus ou voilà c'est la différence entre les deux médocs mais c'est un autre sujet il y en a un où tu peux le prendre pour un moment l'autre c'est pour la journée donc tu n'as pas ça
il y a 4h 8h la journée
ouais c'est ça et voilà donc ce que ça m'inspire c'est ça ça a été c'est une grosse partie de ma vie de ma personnalité mais Eric il regarde il fait mais comment il connaît ça Tony en fait c'est mon fils mon fils il était des H
je crois qu'il y a de plus en plus de personnes d'enfants TDAH ça touche 7% déjà 7%
et c'est quelque chose qui n'était pas connu à mon époque donc moi j'avais juste les profs qui attendaient mes parents
ça fait les tests plus tard
ouais en gros j'ai fait j'ai fait du coup avant de commencer le traitement tu fais un test de QI vous serez tous heureux de savoir que j'ai un QI de 122 quelqu'un d'exceptionnel en face de vous non non mais bon ça ne veut rien dire les tests de QI de toute façon c'est très abstrait je m'en souviens comme si c'était hier et voilà et donc après tu commences le traitement et il y en a pour qui ça se passe bien d'autres pour qui ça se passe mal mon frère a jamais supporté ça et moi ça s'est très très bien passé
en tout cas ça me permet les téléspectateurs les spectateurs peuvent mieux aussi de comprendre aussi merci Romain d'être venu d'avoir porté la parole libérale libertarienne dans ce podcast cet épisode de Fracture est terminé merci beaucoup de nous avoir suivis n'hésitez pas à vous abonner et à laisser des commentaires pour réagir sur tout ce qui a été dit dans cet épisode nous faire des suggestions nous proposer de nouveaux invités merci et à très bientôt pour un nouvel épisode de Fracture
allez c'est parti on va devoir et on va devoir selon à qui s'adresse le mot s'exprimer sur ce que nous inspire ce qui a été tiré
selon à qui s'adresse le mot
tu m'as embroué j'ai rien compris fin.
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