Fracture — Episode 1

Il y a les gens qui font et ceux qui critiquent

Premier épisode de Fracture. Tony Parker revient sur ses débuts dans le basketball et les difficultés rencontrées, Eric Larchevêque raconte ses premiers pas d'entrepreneur, et ensemble ils annoncent le lancement de The Bitcoin Society.

Speakers
Eric Larchevêque, Nathan Pissaro, Tony Parker
Duration
Transcript(190 segments)
  1. Tony Parker

    La première fracture, je dirais, c'est quand j'étais petit et qu'on me disait « ****, j'avais du mal avec cette phrase-là ».

  2. Nathan Pissaro

    Au moment où t'es drafté, qu'est-ce qui se passe dans ta tête ?

  3. Tony Parker

    Premier truc que je dis au coach, je ne dis même pas que je suis content. Je dis, je vais montrer à toutes ces équipes-là qui ne m'ont pas pris.

  4. Nathan Pissaro

    Je vais vouloir les défoncer. Le parcours de Eric Larchevêque nous dresse un sacré portrait. Le ****, le poker professionnel et la crypto. En résumé, il aime l'argent facile et sans effort.

  5. Eric Larchevêque

    Je suis avec un monument de l'écosystème crypto. Eric Larchevêque.

  6. Tony Parker

    Bonjour Eric Larchevêque.

  7. Nathan Pissaro

    Bonjour Eric Larchevêque.

  8. Tony Parker

    Eric Larchevêque.

  9. Eric Larchevêque

    Eric Larchevêque.

  10. Nathan Pissaro

    Eric Larchevêque.

  11. Tony Parker

    Vous êtes très remonté Eric Larchevêque.

  12. Eric Larchevêque

    Quand on est déçu, on se met en colère.

  13. Nathan Pissaro

    Là, on en vit souvent.

  14. Eric Larchevêque

    Et donc, ouais, je m'en suis pris plein la ****.

  15. Nathan Pissaro

    Tony Parker dans un projet égale projet de ****. Qu'est-ce que vous répond à ça ? On va rétablir la vérité. Il voulait que tu annonces ta candidature au présidentiel en 2027.

  16. Eric Larchevêque

    Pourquoi j'y vais pas ? Parce que... Bonjour et bienvenue dans ce premier épisode de Fracture. C'est un nouveau podcast. Je suis avec Nathan et Tony. Dans les futurs épisodes, on aura des invités exceptionnels qui viendront partager leurs propres fractures. Mais là, pour commencer, ce sont nos fractures. C'est un nouveau podcast. On démarre de zéro. Alors, s'il vous plaît, abonnez-vous. Activez la petite cloche. Vous allez voir, on aura des invités exceptionnels dans le futur. On a déjà Tony Parker qui est avec nous. On va passer un très bon moment avec Nathan. Pour commencer, on y va tout de suite. Nos premières fractures. Donc, Nathan, vas-y, c'est toi un petit peu qui va nous distribuer la balle.

  17. Nathan Pissaro

    Merci, mon cher Eric. Du coup, je commence tout de suite avec Tony. Tony, tu as connu plein de choses dans ta carrière. Quelles ont été tes premières fractures, tes premières difficultés ?

  18. Tony Parker

    Je dirais que quand tu grandis en France, c'est la mentalité. Je dirais que c'est ça, moi, ma première fracture. Parce que moi, j'ai grandi avec un père américain, une mère hollandaise. Donc, j'avais ce côté, le papa, tu sais, tu as une grande confiance en soi. Tu sais, un peu arrogant, mais c'est ce qu'il faut pour réussir dans le haut niveau. Et après, tu as le côté européen avec ma mère où quand tout va bien, pas trop s'enflammer. Quand tout va mal, pas trop être trop dur avec toi-même. Et tu essaies de trouver ce happy middle, ce juste milieu. Donc, moi, j'ai essayé de grandir avec le meilleur des deux mondes. Et la première fracture, je dirais, c'est quand j'étais petit et qu'on me disait, le plus important, c'est de participer. Et bien ça, j'avais du mal avec cette phrase-là.

  19. Eric Larchevêque

    Parce que tu étais dans le basket dès le début.

  20. Tony Parker

    Basket dès le début, oui. Moi, j'ai grandi avec le basket. Si, j'ai essayé le foot. Alors ? J'ai essayé le foot et j'ai joué pendant trois ans. Mais après, j'ai vu Michael Jordan à la télé et j'ai décidé de switcher. Est-ce que tu penses, alors ce n'est pas forcément le sujet, mais tu penses qu'un bon sportif t'aurait fait carrière dans le foot ou tu penses que… ? Ben oui, moi, je pense que j'aurais fait carrière dans le foot, ça, c'est sûr. Parce que je pense qu'avec la mentalité que j'avais, les qualités athlétiques, j'étais super rapide. Je pense que j'aurais pu faire une bonne carrière. Après, je ne sais pas jusqu'où j'aurais pu aller. Mais en tout cas, je pense que j'aurais pu être un bon footballeur.

  21. Eric Larchevêque

    Et qui te disait l'importance de participer ? C'était tes coachs ?

  22. Tony Parker

    Oui, mes coachs. Mais c'est un coach professionnel. Oui, le coach qui t'entraîne quand tu as 9 ans, 10 ans.

  23. Eric Larchevêque

    Mais tu étais dans un vrai club.

  24. Tony Parker

    Ah, j'étais dans un vrai club.

  25. Eric Larchevêque

    C'était un vrai coach avec des vrais objectifs. Exactement. Et le coach te dit l'importance, c'est de participer. Et toi, à 9 ans, tu te dis mais qu'est-ce qu'il me raconte ?

  26. Tony Parker

    Moi, je dis qu'est-ce qu'il me raconte ? Parce que pour moi, le plus important, c'est de gagner. Et donc, j'avais du mal avec cette phrase-là. Et donc, pendant longtemps, tu sais, je parlais avec mon père et je dis mais je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi il me dit ça. Ça sert à quoi si tu fais du sport et que tu n'essaies pas d'être le meilleur ? Ben, j'avais du mal à comprendre. Et donc, c'est pour ça qu'en 98, quand l'équipe de France de foot, ils ont gagné avec Zizou et Titi, et ben, tu voyais la France gagner. Les gens, ils étaient heureux. Moi, j'étais fier. Moi, j'avais envie de faire pareil après avec mon sport. Et donc, moi, je fais partie de cette génération-là. Moi, Teddy Riner, après, on a tous voulu, à notre façon, marquer l'histoire de notre sport.

  27. Nathan Pissaro

    Et tu étais à l'INSEP ?

  28. Tony Parker

    Oui, j'étais à l'INSEP, bien sûr.

  29. Nathan Pissaro

    Oui, donc, génération Teddy, il y avait qui avec toi à l'INSEP ?

  30. Tony Parker

    Il y avait Teddy, il y avait Ladji Doucouré, il y avait Boris Diaw, Ronny Turiaf.

  31. Nathan Pissaro

    Ladji, c'était 110 mètres haies ?

  32. Tony Parker

    C'est ça, exactement, oui.

  33. Nathan Pissaro

    Teddy, ils ne se le sont pas un peu bagarrés, tous les sports de l'INSEP ?

  34. Tony Parker

    Ben, si, tu sais, c'était un peu le… Comment je pourrais dire ? Il était hors normes, parce que, tu sais, nous, il y avait David Douillet, déjà, qui était déjà hors normes à sa façon à lui. Et puis, tout de suite après, tu as un nouveau qui arrive et Teddy, c'était un génie, quoi. Et son corps, déjà, il était hors normes. Et tu voyais déjà qu'il allait faire quelque chose.

  35. Eric Larchevêque

    Et comment tu expliques que tu avais cette espèce de rage ? Parce qu'à 9 ans, se dire non, mais moi, je veux gagner, et j'imagine que c'était très important pour toi, ce n'était pas juste gagner pour gagner, faire un caprice, comme des fois, les enfants peuvent le faire. A ton avis, ça vient d'où, cette rage ?

  36. Tony Parker

    Je pense que c'est tout ce que j'ai regardé à la télé. Je pense que j'ai été beaucoup influencé par mon père, par Michael Jordan. C'était cette mentalité de gagner, de marquer l'histoire de ton sport, de ramener des titres.

  37. Eric Larchevêque

    Une mentalité quand même plus américaine, tu penses ?

  38. Tony Parker

    Je pense que j'ai été grave influencé par cette mentalité-là, ça c'est sûr. Et après, j'aime bien aussi la mentalité européenne, parce que j'ai pu trouver ce que je disais tout à l'heure, ce juste milieu. Je pense que c'est bien le mix des deux, et j'ai fait un peu mon cocktail à moi en prenant les meilleurs des deux mondes.

  39. Eric Larchevêque

    Est-ce que toute cette carrière que tu as faite, le fait d'aller loin, c'est toi ou c'est ton père ? Parce que souvent dans les sports de haut niveau, c'est les pères qui vont vraiment être des tirants.

  40. Tony Parker

    Je pense qu'il y a un peu des deux. Je pense qu'il y a un peu des deux. Mais c'est clair que les gens, ils parlent beaucoup de mon gros mental. Mais j'ai été façonné par mon père. Ça c'est sûr, au niveau mental, mon père m'a énormément aidé. Comme il était basketteur professionnel aussi, je me suis beaucoup appuyé sur son expérience. Et après, j'ai pris des choses à moi aussi par rapport à ce que j'ai vu à la télé et comment j'ai été inspiré et l'athlète que je voulais devenir et comment je voulais moi impacter ma génération à moi. Je pense qu'au début, tu rêves en grand. Et je le dis souvent dans mes interviews, qu'il faut que tu rêves en grand. Et si tu dis ton rêve à quelqu'un et il ne se fout pas de toi, c'est que tu ne rêves pas assez grand. Ça c'est ma phrase. Donc on se foutait de moi quand j'étais petit. Parce qu'on parle de fracture quand même sur cette émission. Moi en France, tu es trop petit, tu es trop maigre, tu n'y arriveras jamais. Mais c'est un peu trop négatif au lieu de laisser une place pour le rêve. Je trouve que c'est important de rêver. Et donc moi de 9 ans jusqu'à 14 ans, c'était le rêve. Le rêve, la NBA ? La NBA, la NBA. Et de devenir le premier meneur européen à réussir à la NBA.

  41. Eric Larchevêque

    Quand tu dis ça à ton coach, quand tu dis ça à tes coéquipiers en disant « moi je veux aller à la NBA ».

  42. Tony Parker

    Ils rigolent, ils rigolent. Mais après, tu passes les échelons, après j'arrive à l'INSEP et là ce n'est plus un rêve. Après quand j'arrive à l'INSEP, ça devient un objectif après. Après tu es driveé par ça, ça devient une obsession.

  43. Eric Larchevêque

    Mais est-ce que c'est l'objectif de tous ? Ils sont tous en mode NBA au basket ? Non, non.

  44. Tony Parker

    C'est pour ça que moi je pense que j'étais différent et je l'ai vu très très tôt. Parce que pour eux, la NBA c'est comme si c'était inatteignable à l'époque. Tu sais à l'époque, il n'y avait pas beaucoup de repères. Ah oui bien sûr. Ce n'est pas comme maintenant.

  45. Nathan Pissaro

    C'était ma question. En France, avant toi, il y a qui qui a fait le jump Europe to NBA ? Pas Europe, France to NBA.

  46. Tony Parker

    France to NBA, personne. Parce que juste avant moi, tu avais Jérôme Moiso et à l'époque il s'appelait Olivier Saint-Jean, Tariq Abdul-Wahad. Ils étaient allés en collège. Et donc après, de collège américaine, ils sont allés en NBA. Moi j'étais le premier à jouer en France et d'aller direct en NBA. Surtout que j'avais 19 ans. Tu sais quand je suis titulaire à 19 ans, je suis le plus jeune meneur de l'histoire. À l'ASVEL ? Non, non, non, non, je parle en NBA.

  47. Nathan Pissaro

    Dans quel club tu jouais en France avant ?

  48. Tony Parker

    En France, je jouais au PSG. Au PSG ? J'ai joué deux ans à Paris, de 17 à 19. J'ai fait deux ans à l'INSEP, 15, 17. Après 17, 19, Paris. Et après je suis parti.

  49. Eric Larchevêque

    Et donc quand tu parles au coach, même quand tu étais au PSG, j'imagine que tu avais toujours cette obsession d'aller au NBA.

  50. Tony Parker

    Bien sûr.

  51. Eric Larchevêque

    Toujours, tout le temps, tout le monde te dit, mais oublie. Ils te disent d'oublier en fait, non ?

  52. Tony Parker

    Exactement, ils me disent d'oublier.

  53. Eric Larchevêque

    Que tu vas être déçu ?

  54. Tony Parker

    Que j'ai la grosse tête, que je ne m'en rends pas compte, que des trucs comme ça.

  55. Eric Larchevêque

    Et toi, tu te dis quoi ? Je ne suis pas facile quand tout le monde te dit. Bien sûr. Mais non, à un moment tu devais te dire, attends, je suis en train de me raconter une histoire.

  56. Tony Parker

    Exactement. Mais je ne me suis jamais dit ça en fait. Je me suis dit que moi je croyais en mon truc et j'étais en mode, tu sais quoi, je vais travailler et je vais être discipliné. Puis je vais montrer aux gens qu'ils ont tort en fait. De toute façon, il faut que tu aies cette mentalité-là parce qu'après, bien sûr, les critiques arrivent. Non mais de toute façon, lui, il est fou, il ne se rend pas compte. Et donc très très tôt, il a fallu dealer avec les gens qui te critiquent, qui te jugent parce que juste tu as des gros objectifs. C'est quand même assez marrant.

  57. Eric Larchevêque

    Et ça se traduit comment ? Est-ce que ça veut dire qu'après l'entraînement, tu vois, comme on pourrait l'imaginer, tu restes des heures à marquer des trois points pendant quatre heures, cinq heures, tu vois, ça veut dire quoi concrètement ?

  58. Tony Parker

    Concrètement, c'est que tu travailles plus que les autres, c'est-à-dire que je suis le premier à la salle. Je travaille pendant des heures, tout le monde part, tu es encore à la salle, tu es le dernier à partir. Et en fait, et puis moi, j'aimais bien visualiser, j'aimais bien écrire mes objectifs. T'as compris ? J'avais mon petit livre, j'écrivais tous mes objectifs et après, je visualisais. Je trouve que c'est très important. Moi, je visualisais que j'avais la balle, il reste cinq secondes et quatre, trois, deux, un, tu fais le tir exactement. Tu as la dernière seconde.

  59. Eric Larchevêque

    Moi, tu fais cette espèce de film épique dans ta tête et tu te projettes.

  60. Tony Parker

    Et je me projette et je le faisais, mais tout le temps dans ma tête. Je m'endormais le soir et je rêvais de ça.

  61. Nathan Pissaro

    Et donc, Europe, début, jeune, première fracture. Ensuite, en NBA, ça y est, c'est d'autres challenges. Même quand tu performais, ce n'était jamais assez parce que tu étais un petit meneur. C'était quoi les nouvelles fractures qui sont arrivées une fois que tu as comblé la première d'arriver aux US ?

  62. Tony Parker

    Je pense que quand tu arrives après en NBA, tu as 19 ans, il faut que tu prouves. Et moi, le plus important pour moi, c'était de prouver à mes coéquipiers que le petit Frenchy, il sait jouer au basket. Parce que tu sais, les Américains, ils sont très, très fiers. Basket, ils sont numéro un et pour eux, c'est les meilleurs. Il n'y a personne d'autre qui peut jouer au basket.

  63. Nathan Pissaro

    C'est pour ça qu'ils donnent d'ailleurs le titre de champion du monde quand tu gagnes l'NBA. Alors que c'est un championnat national. Ça, quand même, ça fait couler beaucoup dans les States. Ça, c'est assez clair.

  64. Tony Parker

    Mais après, notre coach, c'était le premier. Mais Pop, c'était le premier à dire non, non, on est champion NBA. On n'est pas champion du monde. Lui, c'était le premier à dire ça.

  65. Eric Larchevêque

    Et donc, tu es en NBA. Donc, ça veut dire que tu as été drafté. Moi, je sais ça. C'est exactement ça, Eric. Je pose la question. Je ne connais pas grand-chose au basket, contrairement à Nathan. Donc, au moment où tu es drafté, qu'est-ce qui se passe dans ta tête ? Parce que j'imagine, tu arrives, tu t'espères, tu ne sais pas. Tu as été drafté parmi les premiers.

  66. Tony Parker

    Non, j'ai été drafté 28e, donc très, très loin. Sur quoi ? Tu es à 60 joueurs qui sont draftés. Tu as un premier tour, 30 joueurs, deuxième tour, et ça va jusqu'à 60. Et premier tour, la différence, c'est que tu as un contrat garanti pendant 4 ans. Si tu es au deuxième tour, tu n'as pas de contrat garanti. Il faut que tu ailles au training camp et gagner ta place. Donc, j'étais 28e, mais moi, je pensais que j'allais être drafté beaucoup plus haut. Donc, je t'avoue que quand je suis drafté, moi, je suis en mode vénère. Ah oui, je suis en mode vénère. Donc, fraction. Ah oui, grave. Déception. Je me disais, ah oui, ils m'ont disrespecté comme ça.

  67. Eric Larchevêque

    Tu es drafté, et tout le monde te dit.

  68. Tony Parker

    Alors que j'aurais dû être content d'être drafté sur toi, c'était pas, il n'y avait pas beaucoup de repères. Tu étais le premier français, oui. Mais moi, j'étais en mode, je t'ai énervé.

  69. Eric Larchevêque

    D'accord, et donc, ça s'est vu, tu n'étais pas content ?

  70. Tony Parker

    Je n'étais pas content. Si tu demandais à Popovich, après la draft, tu as ton club qui t'appelle. Et donc, je prends le téléphone. Premier truc que je dis au coach, je ne dis même pas, je suis content.

  71. Nathan Pissaro

    Chez les Spurs, hein ?

  72. Tony Parker

    Oui, chez les Spurs, bien sûr. Je dis, je vais montrer à toutes ces équipes qui ne m'ont pas pris, je vais vouloir les défoncer.

  73. Eric Larchevêque

    Non, mais c'est pas, donc ta rage, c'est décuplé. Je ne sais pas, j'y pense, je veux dire,

  74. Tony Parker

    les trucs de foodie, justement, je parle comme ça, c'était drôle.

  75. Eric Larchevêque

    Et donc, tu arrives chez les Spurs, et tu dois faire ta place dans l'équipe. Et donc là, c'est quoi ? C'est une équipe qui est soudée, qui t'accueille ?

  76. Tony Parker

    C'est une équipe qui était déjà bien établie. Ils étaient allés en demi-finale l'année d'avant, donc c'était quand même déjà une grosse équipe. Ils avaient un des meilleurs joueurs de la NBA, avec Tim Duncan. Donc moi, quand j'arrive, il faut que je fasse mes preuves. Je me dis, ok, j'ai 19 ans. Tu sais, aux États-Unis, la première impression, elle est tellement importante. C'est clair. Et aux États-Unis, si tu ne fais pas une bonne première impression, ils t'oublient vite, quoi. Parce que de toute façon, tu as 400 joueurs à NBA, tu as 60 nouveaux joueurs qui rentrent chaque année, tu en as 60 qui dégagent. La moyenne d'une carrière pour un joueur, c'est 4 ans. Donc c'est très, très dur de s'imposer. C'est extrêmement faible.

  77. Nathan Pissaro

    Je pensais que ça, c'était les stades de NFL. En NFL, c'est hyper court aussi.

  78. Tony Parker

    En NBA, c'est super court. Quand tu regardes les joueurs… C'est 30 ans. Ah bah oui. Et moi, j'ai eu la chance, j'ai joué pendant 18 ans à NBA. C'est énorme. Je suis dans le côté, bien sûr, très, très rare au niveau de la longévité. Mais quand je commence ma carrière, il n'y a rien qui dit que je vais faire ça.

  79. Tony Parker

    Ouais, exactement.

  80. Eric Larchevêque

    Et donc, tu dois faire ton trou, tu dois prouver. Tu fais comment ? Toujours en travaillant plus ? Parce que là, c'est différent, la dynamique.

  81. Tony Parker

    Toujours en travaillant plus. Et c'est marrant parce qu'au début, ils voulaient me tester les joueurs, surtout les intérieurs. Parce que moi, j'aimais bien aller dans la raquette et aller défier les grands. Et je me rappelle un jour, il y a un gars, Kevin Willis, il me fait une très, très grosse faute. Je tombe par terre, je me relève et je le pousse et tout. Genre, je veux commencer une baston, mais j'avais zéro chance de gagner cette baston. C'était juste pour montrer. Ouais, c'est vrai. C'était juste pour montrer que j'étais là et ça. Et donc, c'est marrant parce qu'après, le coach, tu sais, il me prend à part et je pensais qu'il allait, tu sais, me défoncer ou je ne sais pas. En gueuler, ouais. En gueuler, exactement. Et en fait, il me regarde, il me fait, j'adore, j'adore, tu vois. Parce qu'il a dit, au moins, je sais qu'avec moi, on peut aller à la guerre. Je ne vais pas contre n'importe qui. De toute façon, je vais jouer de la même façon. Moi, j'avais un jeu qui était très, très agressif. J'attaquais le panier et j'adorais ça. Et donc, je pense que mes coéquipiers, ils ont très vite compris qu'ils pourront compter sur moi. Comptez sur toi, oui. Et au bout de cinq matchs, le coach, il ne veut pas perdre de temps et il me met titulaire directement à 19 ans. Premier meneur européen, tu sais, à réussir à NBA. Donc après, tu sais, ça allait très, très vite, quoi.

  82. Nathan Pissaro

    Mais tu sais, moi, je… Alors, sans vouloir faire absolument un parallèle dans le sport, mais quand je recrute des mecs, j'aime voir cette grinta, j'aime voir cette volonté de se battre. Je sais qu'ils seront avec moi, ils ne vont pas me lâcher, on ne va pas se lâcher. Moi, c'est pareil.

  83. Tony Parker

    Quand je recrute, que ce soit dans le monde du business ou dans le monde du sport, moi, je regarde, tu sais, s'il a un moteur, tu sais, si de lui-même, il va y aller. Tu sais, les gens, ils me demandent souvent, Anthony, est-ce que tu penses que tu peux travailler le mental et tout ça ? Moi, c'est mon avis personnel. Et moi, je pense que tu ne peux pas vraiment travailler. Tu es avec moi. Moi, je pense que tu l'as ou tu ne l'as pas. Il y a des gens, ils sont nés pour être leader. Il y a des gens, ils sont nés pour être Robin et ils sont complémentaires et on a besoin d'eux aussi parce que tu ne peux rien faire tout seul, surtout dans un sport collectif. Tu as des gens, sans manquer de respect, bien sûr, ils gagnent 1 000 euros, mais ça leur va, ils n'ont pas besoin de plus. Tu sais, tout le monde est différent. Mais moi, je pense que les gars qui sont leaders, il y a des gens, il y a des raisons pour quoi ils sont là et pourquoi ils réussissent. Et moi, j'aime bien être inspiré par ces gens-là.

  84. Nathan Pissaro

    Côté business, tu as monté plein de boîtes. Tu as eu aussi des fractures. Est-ce que tu te souviens de la première grosse fracture que tu as eu, toi, business ? Je ne parle pas de sport parce que je sais que tu as fait 2 heures de sport dans ta vie, donc ce n'est pas trop ton truc.

  85. Eric Larchevêque

    Moi, ma première vraie fracture, c'est…

  86. Nathan Pissaro

    Il est grand, il avait la taille. Il avait le potentiel NBA. Il est plus grand de ça.

  87. Eric Larchevêque

    Par contre, en matière de dynamique et tout, non, mais là, il n'y avait pas photo, donc je n'irai pas du tout sur ce terrain-là. Ma première fracture, en fait, elle est réelle. C'est quand j'ai 7, 8 ans et que je me casse la jambe au ski. Donc, j'ai eu une vraie fracture physique et ça, ça m'a marqué. Et j'ai dû passer beaucoup de temps au lit seul, enfin pendant des mois en rééducation. À l'époque, il n'y avait pas de télé, il n'y avait rien. Et c'est ce moment-là où j'ai passé tellement de temps avec moi-même que j'ai appris à me connaître et à me faire confiance. Et en fait, cette première fracture, je pense qu'elle a été assez positive et c'est là où j'ai trouvé, je pense, une grande partie aujourd'hui de cette confiance que j'ai en moi qui me permet d'avancer. Donc, cette première fracture littérale, je pense, ça m'a forgé. Et après, la seconde fracture, en fait, ce n'est pas vraiment le business, mais c'est là où j'ai trouvé ma rage. Tu sais, cette rage un peu qui te fait que t'avances. J'ai passé toute mon enfance et mon collège à côté de Vierzon, donc vraiment dans la campagne. Et je suis arrivé à Paris au lycée. Et là, j'étais en décalage complet. Donc déjà que moi, socialement, je n'étais pas toujours extrêmement apte. Là, c'était vraiment terrible parce que j'étais habillé comme un plouc. Tout le monde se moquait de moi. J'avais la coupe au bol. Enfin, c'était vraiment la totale. Et il y avait vraiment une sorte de harcèlement quotidien à l'école. Et en fait, je me disais, je vais montrer, tu es un peu comme toi, je vais montrer à tous ces cons que je pourrais construire quelque chose de grand. Et ça m'a vraiment donné cette rage. Et ce moteur, ça m'a donné un drive. Et ça, c'est hyper important. Et ce drive, il est toujours là aujourd'hui. Je pense que peut-être qu'il était un peu miné, mais en tout cas, il a été révélé par ces oppositions, en fait. Ces gens qui te disent, tu n'y arriveras jamais. Ça, il faut s'en nourrir. C'est un vrai moteur. Et c'est dingue la force que ça peut donner.

  88. Nathan Pissaro

    C'est marrant que tu dis ça parce que au lycée, c'était pareil. Je n'étais pas le gosse le plus bankable. Je ne m'habillais pas pareil. Et je me souviens aussi des moqueries et tout. Ça m'a… Sans parler de harcèlement, parce que ce serait trop lourd comme mot, dans mon cas à moi. Mais c'était des petites moqueries, tu ne t'habilles pas pareil. Effectivement, j'en veux à ma mère de m'avoir fait subir des conneries comme ça. Je te jure.

  89. Eric Larchevêque

    Oui, c'est pareil. Mais bon, en fait, je pense que ça m'a aidé finalement. Parce que j'étais habillé comme un groupe look. Elle était persuadée que j'étais super.

  90. Nathan Pissaro

    Mais c'est pareil. Je n'ai même trop.

  91. Eric Larchevêque

    Et en fait, ça aide à forger. Mais en fait, c'est le regard des autres. Toi, j'imagine que quand tu es allé au NBA, tu es passé de l'ombre à la lumière, du jour au lendemain. Et donc, est-ce que tu as eu des haters ? Est-ce que tu as eu des gens comme tu étais un peu différent ? Frenchie ? Tu t'étais toujours. Moi, ce que je trouve très drôle,

  92. Tony Parker

    ce que tu viens de dire, c'est que j'étais à Paris, je jouais à Paris et on disait que j'avais la grosse tête et il se prend pour qui ? Et six mois après, je suis en NBA, je suis titulaire et d'un seul coup, les gens… Mais il a réussi parce qu'il a un gros mental, il a une grosse confiance en lui. C'est marrant comment ça se switche. Je trouve que c'est bizarre des fois quand les gens ont un avis critique. De toute façon, il y a les gens qui font et il y a les gens qui critiquent les gens qui font. Moi, je préfère faire partie des gens qui font. Et c'est vrai que je suis humain comme tout le monde. Au début, je regardais tout, Eric. Je regardais les commentaires, et bien sûr que ça te touche, ça te blesse. Je vais dire non, mais moi, je vais lui montrer. Et en fait, à 25 ans, quand j'ai gagné mon troisième titre en cinq ans, on joue, on gagne en finale, troisième titre. Et ce jour-là, je deviens meilleur joueur des finales NBA. Premier européen de l'histoire à être meilleur joueur des finales. Et là, je voyais encore des critiques et tout ça. Ils trouvent tout loin. Et c'est ce jour-là que je me suis dit, attends, je ne peux pas faire mieux dans mon sport. Tu ne peux pas faire plus haut, en fait, gagner le titre, MVP. Et donc, c'est ce jour-là que j'ai décidé de ne plus faire attention à tout ça et de ne pas laisser ça m'affecter au quotidien ou mon moral ou les trucs comme ça. C'est une décision que tu prends ? C'est dans ta tête ? C'est une décision. C'est une décision que je prends. Je me dis, je ne vais plus laisser ces gens m'affecter que maintenant, je vais me concentrer sur les gens qui m'aiment, les gens qui me soutiennent parce que je veux mettre mon énergie dans ça et pas dans les gens qui sont toxiques. Parce que de toute façon, tu ne peux pas plaire à tout le monde. C'est impossible. C'est impossible. Quoi que tu fasses. Donc, pourquoi perdre beaucoup de temps ? Oui, je sais, mais pourquoi perdre du temps sur des gens de toute façon que quoi que tu fasses, s'ils ne t'aiment pas, ils ne t'aiment pas. Il va quand même toujours trouver un truc pour te critiquer. Moi, il y a des gens, par exemple, on a fait la keynote là. C'était trop bien. Eric, il a été fantastique et tout ça. Et tu as des gens, ils viennent me voir et donc, je commence à leur parler. Déjà, je les vouvois. Donc, déjà, ils me regardent bizarrement. Ah, tu nous vouvois et tout ? J'ai fait, bah oui, c'est comme ça que j'ai été éduqué. Moi, mais t'es Tony Parker. J'ai fait, ça n'a rien à voir. Moi, je ne vous connais pas. Je vous vois tant que vous ne me dites pas qu'on peut se tutoyer. Moi, c'est comme ça que j'ai été éduqué. Mes parents, ils m'ont éduqué comme ça. On commence à parler et puis, ah, mais t'es vachement sympa. Je ne te voyais pas comme ça. Et donc, moi, à chaque fois,

  93. Nathan Pissaro

    de toi, en fait, tu vois.

  94. Tony Parker

    Ils s'inventent des trucs. Ils pensent qu'on devrait vivre comme ça ou je ne sais pas quoi. Et donc, moi, juste d'être sympa et de répondre à leurs questions et on a une discussion très sympa. J'ai parlé avec plusieurs personnes à la keynote. Eh bien, je ne te voyais pas comme ça. C'est drôle, moi. Je trouve ça drôle.

  95. Nathan Pissaro

    Je te rassure. Je ne pense pas que ça ait beaucoup changé.

  96. Tony Parker

    Tu aussi, tu as pensé ça, Nathan, avant que tu me rends compte ?

  97. Nathan Pissaro

    Mais sur la mentalité, je pense qu'elle n'a pas changé. Je pense qu'on doit être 20 ans plus tard. Je prends l'exemple. Je ne sais pas si tu vois qui c'est, Arthur Fils, un jeune tennis man. Je crois que c'est l'un des seuls qui est parti aux States. Je pense que ça dit la même chose. Ouais, Gromelon, pourquoi il ne reste pas en France ? Mais le mec, il veut se donner les chances. Il sait que là-bas, tu rentres dans un tunnel d'infrastructures, de compétences et voilà, il se donne les moyens d'essayer de réussir.

  98. Tony Parker

    La France, on n'est pas un pays où tu ne peux pas réussir, où on n'est pas un pays de sport. Je n'irais pas jusque là. Parce qu'on a quand même des sportifs, on est costauds. On a Antoine Dupont au rugby, Léon Marchand, Wemby, Teddy Riner, Mbappé. Dans chaque sport, on a des athlètes de très très haut niveau. Mais c'est vrai que la mentalité des Américains, c'est quand même quelque chose. Parce que là-bas, c'est vraiment un pays de sport. Ils adorent ça et ils se nourrissent de ça. Et les meilleurs championnats, ils sont là-bas. Donc c'est normal que, je comprends qu'il y ait des athlètes, Léon Marchand, il s'entraîne aussi aux États-Unis. Normal, il a pris le coach de Michael Phelps. Tu vas là où il y a les meilleurs. Mais je mettrais quand même une belle lumière, là je parle plus de basket, sur notre formation française, quand même les coachs, quand même, à un moment donné, on travaille très très bien aussi en France. Et c'est dommage qu'on n'arrive pas encore à, tu sais, j'aimerais bien qu'il y ait plus de coachs en Euroleague ou en NBA. Là, on a les joueurs, très bien. Je pense que la prochaine étape, ce serait amener nos coachs. Teddy aussi, pendant longtemps, il y avait la barrière de la langue aussi. Parce que nous, on n'est pas un pays où on parle bien anglais, mais je trouve qu'on progresse. On mette ça aussi en lumière, la formation française. On travaille bien. En tout cas, nous, on est sur une vague ultra positive. Quand tu vois les JO 2024, c'est incroyable. Le soutien populaire qu'on a eu, c'était un très très gros succès, les JO.

  99. Nathan Pissaro

    Tu parlais tout à l'heure, tu disais, tu as eu beaucoup de haters qui venaient de ton propre pays, qui étaient français.

  100. Tony Parker

    Exactement, bien sûr.

  101. Nathan Pissaro

    Toi, tu as eu ça, Eric, quand tu as monté des boîtes, est-ce que tu as eu cette sensation que… Parce que toi, c'est quoi la répartition de ton marché, par exemple, avec Ledger ? Et d'où venaient les critiques ? Comment tu as vécu ça ?

  102. Eric Larchevêque

    Déjà, avec Ledger, on est arrivé sur un marché qui était un petit peu nouveau, celui des cryptos. Et en plus, le fait d'apporter des solutions hardware, matérielles, donc c'est des coffres forts pour cryptoactifs. Et ce qui est sûr, c'est qu'évidemment, on a eu des gens qui n'aimaient pas ce qu'on faisait, qui trouvaient que c'était inutile, qui… Pas mal de critiques. Et d'un point de vue général, même si Ledger, c'est une boîte qui est globale, 2% du marché, c'est la France. C'est-à-dire que la France, c'est un tout petit marché. Au début, on n'avait même pas de site en français au niveau de Ledger parce que ce n'était pas le sujet. Ce qui est sûr, c'est que le pays ou ceux qui ont toujours le plus critiqué Ledger, qui ont été vraiment les plus terribles, c'est vraiment les Français. C'est incroyable. Et en fait, je pense que les Français, en tout cas, dans l'univers crypto, parce que les Français, en général, qui ne sont pas dans l'univers crypto, je pense que Ledger, ça ne leur parle pas trop, mais sont les plus critiques. Alors qu'on a une entreprise qui rayonne dans le monde entier, tu vois, il y en a sûrement qui sont fiers et qui sont contents, mais vraiment, dès qu'il s'agit de bitcher, tu vois, de dire des choses, c'est terrible.

  103. Tony Parker

    Pourquoi tu penses que c'est ça ?

  104. Nathan Pissaro

    Si je fais une analogie, parce que je pense que le Français, il est toujours sceptique au départ, mais par contre, après, quand il t'aime, il t'aime à la folie. Je vois par exemple, je ne sais pas si les Américains aiment plus Michael Jordan que les Français aiment Zinedine Zinedine. Je ne sais pas si, un peu comme les Corses, tu vois, quand tu es dans la famille, tu es dans la famille. Je ne sais pas si…

  105. Eric Larchevêque

    Je pense que les Français adorent critiquer, c'est un sport national, de toute façon. Toi, par exemple, quand tu t'es lancé dans le business, tu as fait plein de choses et c'est vrai que tu as été vachement critiqué, notamment récemment avec un objectif que tu avais, de développer une station de ski.

  106. Tony Parker

    C'est quoi l'histoire ?

  107. Eric Larchevêque

    Tu parlais quand même des stations de ski

  108. Nathan Pissaro

    et comment tu gagnes de l'argent

  109. Tony Parker

    quand tu as une station de ski ? Déjà, la station de ski, ça me fait rire parce que je ne peux pas encore dire trop de choses donc je vais rétablir la vérité parce que dans les prochains épisodes, tu n'as jamais parlé de ce truc de ski ? Parce que déjà, il y a plein de choses qui se disent dans les médias, ce n'est même pas mon projet. Mais c'est pour ça que c'est très drôle. Mais quand je pourrais parler à la fin de l'année, quand on aura réglé les trucs de DSP, tout ça, on va en parler parce que c'est vrai que je n'ai jamais dit quoi que ce soit parce que pour l'instant, je laisse les gens en parler parce qu'ils ne savent même pas de quoi ils parlent parce que ça va dans tous les sens parce que quant à mon nom, bien sûr, ça fait des clics, c'est mieux de faire les gros titres et tout, on connaît tout ça. Mais il y aura un moment et je le dis sur cette émission parce que franchement, on a parlé de cette station de ski, on va rétablir la vérité. Je ne peux pas le faire aujourd'hui mais franchement, sur les prochains épisodes, on rétablira la vérité.

  110. Nathan Pissaro

    Est-ce que tu peux juste dire comment on gagne de l'argent quand on a une station de ski ? C'est quoi le business d'une station de ski ?

  111. Tony Parker

    C'est les remontées mécaniques, c'est les remontées mécaniques, c'est les passes que tu prends pour aller skier et après, tu as différents restaurants parce qu'il y a Villars et il y a Corançon, donc il y a deux stations et donc c'est comme ça que tu es.

  112. Nathan Pissaro

    Et au début, tu achètes quoi ? Tu achètes le fonds de commerce de la station de ski ou tu achètes des terres ?

  113. Tony Parker

    Alors, il y avait un peu de terres aussi, donc c'était un peu un deal aussi, il y avait un peu d'immobilier mais à la base, tu achètes les remontées mécaniques.

  114. Nathan Pissaro

    Ok, tu achètes les remontées.

  115. Tony Parker

    Mais après, les terres ne sont pas à toi. Ça, ça appartient toujours à la ville et ça appartient toujours à la ville. C'est pour ça 20 ans, 25 ans et nous, c'est ce qu'on négocie. Donc après, tu l'as et après, il faut la renouveler.

  116. Nathan Pissaro

    Ok, et c'est un business qui peut être rentable.

  117. Tony Parker

    C'est pour ça, moi, ça me fait rire aussi quand il parle de la station. Depuis que je l'ai acheté, on est très rentable. On est très rentable.

  118. Nathan Pissaro

    Mais c'est fou la presse.

  119. Tony Parker

    Mais après, c'est pour ça que après, il faut choisir ses batailles. Je me dis, s'il fallait que je réponde à chaque truc, chaque article, rétablir la vérité, à un moment donné, je me dis des fois,

  120. Eric Larchevêque

    parce que je pense...

  121. Tony Parker

    Parce que des fois, il y a une injustice. Mais oui, c'est injuste. Tu peux vivre ça comme une injustice. Et moi, je dis toujours à mes amis, il faut prendre de la hauteur. Prendre de la hauteur, il y a des tempêtes, reste solide sur tes appuis, laisse passer. Moi, je trouve que la vie, elle est bien faite. Moi, je crois beaucoup au karma, les bonnes énergies, quand tu sèmes des bonnes graines, que tu es une bonne personne. Les trucs qui vont revenir. Et moi, je crois beaucoup en mon étoile. Quand je regarde ma vie, jamais j'aurais pu imaginer, même dans mes rêves, les plus fous. Et pourtant, je disais tout le temps, il faut rêver en grand. Je ne pensais pas que Hall of Fame, tout ça, franchement, on a temps. Retirer le maillot. Mais oui, avoir mon maillot retiré aux Etats-Unis, avoir mon maillot retiré en équipe de France. Enfin, jamais de la vie, j'aurais pu imaginer tout ça. Je fais confiance en mon étoile.

  122. Eric Larchevêque

    Et pour prendre de la hauteur, justement, tu vois, ça peut paraître facile à dire. Qu'est-ce que tu peux dire à tous ceux qui regardent l'émission, tous ceux qui tentent des choses, qui prennent des risques, qui se mettent en avant et qui se prennent invariablement, inévitablement, des critiques, des méchancetés et qui le prennent parce qu'on est humain,

  123. Tony Parker

    tu vois. Bien sûr.

  124. Eric Larchevêque

    Et ils savent. On leur dit, non, mais il faut que tu oublies. Mais comment tu fais ? Tu vois, comment tu as réussi ? Est-ce que tu as dit, je l'ai décidé ? Mais c'est quoi ? C'est un travail mental ? C'est comment ? Quelles sont les clés ? Tu vois, quelles clés tu peux donner ?

  125. Tony Parker

    j'arrive à faire, je ne sais pas, c'est comme ça que mon cerveau, il fonctionne. j'arrive à compartmentaliser, j'arrive vraiment à faire ça très, très bien. Et on m'a dit que les gens qui arrivent à faire ça, c'est dans une… C'est assez rare en fait. Ah ouais. En fait, moi, on m'a dit, mon cerveau, ce n'est pas moi qui le dire, c'est les spécialistes, que mon cerveau, il est dans une minorité en fait de comment les gens y pensent et comment j'arrive à mettre les choses de côté, faire la part de choses, de se concentrer sur ce qui est essentiel. Et je sais que c'est dur, attention, je sais que c'est dur. Et après, moi, ce que je fais aussi, c'est la méditation. Je trouve que c'est important aussi de méditer. Moi, j'aime bien méditer. Oui, régulièrement.

  126. Eric Larchevêque

    Et tu as appris tout seul ? Comment tu as fait ? Tu as eu un coach ?

  127. Tony Parker

    Non, j'ai eu un coach, bien sûr. Et on m'a appris à comment méditer et je trouve que c'est quelque chose qui est très, très important. C'est quelque chose que j'aimerais incorporer.

  128. Nathan Pissaro

    On dirait « Inception ». Tu entraînes ton cerveau.

  129. Tony Parker

    En fait, tu entraînes ton cerveau à pousser tous les trucs négatifs en fait et que ça ne t'affecte pas en fait. Franchement, on en parle tout le temps avec mes collaborateurs. Ils sont un peu comme toi. La plupart, ils disent « Ah, c'est injuste. » C'est normal. C'est ta première réaction quand tu as des trucs injustes qui t'arrivent ou qui ne savent pas la vérité ou qui vont juger alors qu'ils n'ont pas la vision globale. Combien de fois, moi, ça m'arrive en tant que président, moi, j'ai la vision globale et lui, il n'a que son petit truc et il se concentre sur ce truc. Des fois, j'ai l'impression que mon job, c'est plus être psychologue que vraiment faire les trucs. Mais c'est comme ça. C'est le job.

  130. Nathan Pissaro

    Éric, récemment, tu as fait une énorme annonce qui note, une énorme keynote qui a fait des milliers, des dizaines de milliers, des centaines de milliers de vues, etc., qui a été suivi par plein de personnes.

  131. Eric Larchevêque

    Oui, pour annoncer un nouveau projet, un nouveau projet, on est tous les trois associés dedans.

  132. Nathan Pissaro

    Exactement. Il y a une grosse partie, surtout sur YouTube, LinkedIn. En fait, on a une vraie ségrégation des réseaux sociaux. Beaucoup d'adorations, beaucoup de…

  133. Eric Larchevêque

    Tu parles des réactions.

  134. Nathan Pissaro

    Oui, des réactions. Tu as beaucoup de gens qui ont adoré sur LinkedIn, sur YouTube, etc. Et puis, il y a une petite fraction assez concentrée sur Twitter. Alors là, c'était Shitstorm. C'était Shitstorm. Oui, oui, tout à fait. Comment toi, tu gères ? Est-ce que c'est… Je m'en fous, je ne regarde pas. De toute façon, c'était pareil sur Ledger. Comment tu gères, toi, ces critiques ?

  135. Eric Larchevêque

    Il y a eu effectivement beaucoup de critiques. À partir du moment où on s'expose, à partir du moment où tu proposes quelque chose, tu peux être certain que les gens réagissent. Surtout qu'on a fait aussi du buzz autour. On a dit, venez regarder, on a annoncé, on a utilisé des superlatifs. C'est vrai, on va proposer quelque chose de vraiment disruptif, vraiment radical. Et en fait, tout dépend à qui tu t'adresses. Et je pense qu'il y a beaucoup de gens qui attendaient une certaine forme de radicalité, peut-être extrême, dans l'approche du projet qu'on a amené, et qui ont été déçus. Et quand on est déçu, on se met en colère. Là, on a envie de se venger. Et je pense que c'est ça qui a généré un peu un shitstorm. C'est le terme de haters et de gens qui se sont vraiment défoulés sur moi et sur la keynote, à la fois sur le fond et sur la forme. Et donc, c'est vrai que quand on sort de scène, on est là et dans la salle, ça s'est super bien passé. C'est vrai qu'il y avait une ambiance. Alors que, oui, quand on est rediffusé ensuite à l'écran, c'est un petit peu différent.

  136. Nathan Pissaro

    C'est comme quand tu regardes un concert à la télé. C'est pas la même chose. En plus,

  137. Eric Larchevêque

    il y avait des blagues, des trucs. Et c'est vrai qu'il passait peut-être plus à plat sur la retransmission et ce qui pouvait faire un peu cringe alors que dans la salle et tout, c'était rigolo et ça passait. Et donc, ouais, j'en suis pris plein la gueule. Et donc, au début…

  138. Nathan Pissaro

    C'était ça. En fait, quand on prend du recul, c'est très minoritaire comme critique.

  139. Eric Larchevêque

    Je pense qu'il y avait des gens qui ont aimé, des gens qui n'ont pas aimé. Je pense que, je ne sais pas, le pourcentage du sentiment. Mais en tout cas, il y avait quand même suffisamment de critiques pour que ce soit important. Et que du reste, la preuve, on en parle. Et je pense que, là, c'est intéressant d'en parler, non pas pour répondre aux critiques ou se justifier sur quoi que ce soit, mais pour dire comment on gère ça. Parce que je pense que tout à chacun, c'est toujours la même chose, on s'expose, on fait quelque chose, on prend un risque et inévitablement, tu vas avoir des gens qui vont réagir et qui parfois vont se moquer de toi et vraiment vont essayer de te faire mal. Et moi, ça fait 30 ans que je fais du business, ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, j'ai déjà eu des shitstorms. Avec Ledger, on a déjà eu des problèmes, on a eu des méga shitstorms. En fait, on a eu des situations de crise où il y a des gens, en fait, qui vraiment réagissent de façon tellement émotionnelle que ça devient extrêmement dur. Et ils vont venir aller t'insulter et quand on a énormément, parce qu'après, tu as un mouvement de fond. Les gens se mettent sur le mouvement de fond parce qu'il y a aussi les trolls, il y a des gens qui adorent en fait le sang, etc., et qui se rajoutent.

  140. Nathan Pissaro

    Twitter aime le sang.

  141. Eric Larchevêque

    Et donc, c'est difficile émotionnellement à se gérer. Et donc, là, je vois que tu as quelques… Voilà, pour illustrer… Exactement,

  142. Nathan Pissaro

    on a repris quelques critiques. Alors, il y en a un qui est allé droit au but de la grosse merde. Tout ça pour une bitcoin sur J'accompagné à la sauce Mr. Robot. Tout ça pour arriver sur son site de scam et paf, ça nous propose de rejoindre son club privé premium de Eric Larch. pourquoi tout ce cirque, un truc que personne n'a jamais fait au monde, quelle déception.

  143. Eric Larchevêque

    Voilà, là, c'est exactement quelqu'un qui s'attendait sur quelque chose de différent. Nous, moi, dans mon esprit, ce qu'on propose, c'est une vraie disruption, c'est-à-dire de baser une entreprise sur le bitcoin, de permettre à tout le monde de s'y adosser et d'avoir ensuite une action au niveau social, politique, économique dans le monde entier. Enfin, je pense que c'est une vraie nouvelle forme d'expression. Et pour eux, en fait, je pense qu'ils ne comprennent pas ou ils attendaient à plus et donc, ouais, la grosse merde. Donc, quand tu lis ça, en fait, que tu as tout donné, tu vois, et que tu as vraiment bossé pour le truc, qu'il y a des équipes qui ont bossé, parce que tu penses que tu ne penses pas qu'à toi, 120 personnes et que tu as des trucs de la grosse merde et il y en avait plusieurs, ce n'est pas juste un, tu vois, il y en avait plusieurs. En fait, moi, comment je réagis ? Comment est-ce que j'essaie de gérer ça ? J'essaie de comprendre. Tu vois, je ne me dis pas, tu vois, je pars au combat, je me pars au combat, je vais dire, non, tu as tort. S'il dit ça, c'est qu'il y a une raison et j'essaie d'analyser pourquoi, en fait, il dit ça, parce qu'on peut tous avoir des avis différents et je me dis, ok, en fait, c'est quelqu'un qui finalement pensait être dans la cible quand il a entendu le mot radical, quand il a entendu on fait quelque chose de nouveau dans le bitcoin, c'est quelqu'un qui est déjà dans le bitcoin, qui maîtrise et qui peut être aussi un libertarien à mort et qui attendait des choses, des annonces de fous.

  144. Nathan Pissaro

    Oui,

  145. Eric Larchevêque

    là-bas, ou alors dire que je brûle mon passeport, enfin, tu vois, un truc complètement débile où le mec se serait marré, tu vois, il aurait dit, c'est débile, mais je me marre.

  146. Nathan Pissaro

    Il t'aurait quand même oublié dans 48 heures. Il m'aurait oublié

  147. Eric Larchevêque

    dans 48 heures, donc je pense qu'il s'est déçu et comme on a fait beaucoup de teasing, il faut le dire, je l'assume, en fait, il est déçu et donc, tous ces gens-là qui ont été déçus, ils se disent, on se venge et on brûle le truc et donc, comme je comprends la raison pour laquelle ils disent ça, je ne suis pas forcément d'accord avec eux mais je comprends, du coup, je me dis, ok, je comprends pourquoi ils disent ça et donc, voilà, ça me paraît de gérer le truc et hop, je mets de côté.

  148. Nathan Pissaro

    J'en ai une qui cible Tony. Règle simple, basique à appliquer à tous vos projets pour éviter de servir d'exit liquidity, Tony Parker dans un projet égale projet de merde et si en prime, vous avez la clique des influx crypto-fr dans le package, c'est égale sélection naturelle. Qu'est-ce qu'on répond à ça, Tony ?

  149. Tony Parker

    On en parlait tout à l'heure, de l'injustice. Station de qui ? L'effet station de ski. Il ne peut pas savoir et je suis un peu comme Eric en fait. Tu sais, tu l'entends, tu essayes de comprendre. Ça, je suis d'accord avec lui d'analyser en fait pourquoi les gens, ils critiquent, pourquoi ils sont déçus et puis après, comme nous, on a la big picture, comment tu veux qu'ils comprennent ? Donc, c'est pour ça que moi, pareil, j'entends, j'écoute, pas forcément d'accord, ça c'est sûr et puis après, je me concentre sur mon truc et je trouve qu'à force et avec le temps, tu arrives à forcer le respect entre guillemets. Et moi, dans le monde du sport, moi, c'est ce que j'ai fait. Je n'ai jamais été Michael Jordan, Kobe Bryant, tu sais, j'étais le petit qui est venu de Normandie et qui a dû, étape par étape, forcer le respect en fait. Et en fait, plus tu avances dans ta carrière et après, tu veux que les gens ils disent quoi ? Après, tu forces le respect, c'est-à-dire qu'il va dire ok, ce n'est pas mon style de joueur mais il est Hall of Fame, tu veux dire quoi ? Et moi, dans le business, c'est pareil. Des fois, il faut laisser le temps au temps, il faut laisser les gens faire leur critique et après, c'est à toi de prouver et avec le temps, ils verront que ce soit moi dans mes business, la station de ski ou l'ASVEL. Tu sais, l'ASVEL, j'ai beaucoup été critiqué aussi par rapport à Squeak et ce contrat-là parce que j'ai décidé

  150. Nathan Pissaro

    de signer ce contrat.

  151. Tony Parker

    Tout au boulot. Mais jamais personne n'a mis autant d'argent dans le marché français en France. Jamais. Et c'est pour ça que des fois, mes amis, ils sont frustrés, ils trouvent que c'est injuste, ils trouvent que je devrais prendre plus la parole pour expliquer et moi, j'ai dit, je le ferai mais en temps voulu comme la station de ski, on l'a dit, je le ferai ici en temps voulu. Là, c'est pareil. Avec le bitcoin, les gens, ils peuvent se dire attends,

  152. Tony Parker

    il sort de nulle part en fait un bitcoin alors que c'est juste que j'avais fait le choix de ne jamais en parler, de rester un peu. Parce que je voulais rester discret, parce que, question de sécurité, il y a pas mal de choses qui m'ont fait faire le choix de ne pas en parler, on va dire, tout simplement. Et c'est vrai que, par rapport à Eric, quand on a eu nos premières discussions et qu'il m'a parlé du projet, il m'a tellement inspiré comme à la keynote. D'ailleurs, félicitations, je le dis devant tout le monde, moi, je t'ai trouvé très inspirant et très brillant dans cette keynote. J'ai décidé de changer d'avis et c'est vrai que la mère de mes enfants, elle m'a beaucoup poussé. Elle, elle est dans la crypto depuis des années. Je vais lui donner du crédit. C'est elle, c'est elle, c'est elle, c'est elle,

  153. Tony Parker

    qui a commencé bien avant moi et elle est à fond dedans. Et c'est vrai que, quand j'ai dit que j'allais me lancer dans le projet avec Eric, première réaction, contente, mais après, un peu peur aussi, c'est normal. Ça fait un peu peur, la réaction des gens, la sécurité, les enfants,

  154. Tony Parker

    c'est normal, c'est normal que tu penses à tout ça. Et donc, c'est pour ça que moi, quand je vois ces réactions-là, il peut peut-être se dire, mais attends, il sort de nulle part. Il ne peut pas savoir en fait ma vie et tout ce que je fais. Et surtout qu'en France, on fait souvent le choix de, on dit toujours, il faut être caché pour vivre heureux et tout ça. Mais là, j'ai fait le choix parce qu'Eric, il m'a inspiré, parce que tu m'as inspiré et que j'ai trouvé le projet qui peut avoir un impact sur notre société. On peut vraiment améliorer, tu vois, la vie des gens et avoir un meilleur futur. Et donc moi, en tant que père de deux enfants, moi, ça me parle en fait. Et donc, c'est pour ça qu'aujourd'hui, j'ai fait le choix. On tente, on va essayer. Exactement. Et moi, je trouve que je n'ai pas envie d'avoir 70 ans, 80 ans et avoir des regrets et me dire, ah, j'aurais dû essayer. Moi, je veux faire ma vie et dire, voilà, j'ai fait tout ce que j'ai voulu faire et au moins, j'ai essayé. Il y a beaucoup de gens, ils ont plein d'idées mais ils ont peur de se lancer. Mais moi, je dis, qu'est-ce qui peut arriver ? Ok, tu te lances. Eh bien, quoi ? Tu as loupé ? Eh bien, tu sais que les plus grands businessmen au monde, ils ont raté 50 000 trucs. Je lisais une interview de Xavier Niel. Ah oui. Xavier Niel, il me fait trop rire, il est trop marrant. Il dit, mais j'ai raté 50 000 trucs avant d'avoir réussi. Et c'est important parce que tu fais de l'expérience et c'est normal en fait de louper des trucs. C'est normal. Dans la réussite, il y a de l'échec, que ce soit dans le business ou dans le sport. Nous, notre plus grosse victoire avec les Spurs, c'est le titre de 2014. Eh bien, c'est à commencer comment ? Avec une grosse, grosse défaite en 2013, peut-être la plus grosse défaite de ma carrière. C'est comme ça. Et c'est dans la défaite, dans les moments durs, qu'on voit ta capacité justement, ta force de caractère. C'est là où en fait tu l'as construit.

  155. Nathan Pissaro

    Et si je prends un autre basketeur businessman, genre Shaquille O'Neal, est-ce qu'il a eu des échecs lui avant de réussir dans les burgers et tout ? Bien sûr.

  156. Tony Parker

    En plus, Shaquille, il est même pire que moi. lui, il fait 58 trucs.

  157. Nathan Pissaro

    Ah ouais ?

  158. Tony Parker

    Mais oui, lui, il est vachement diversifié.

  159. Nathan Pissaro

    Alors qu'aujourd'hui, il cartonne.

  160. Tony Parker

    Bien sûr. Parce que tu auras des hauts et des bas. De toute façon, dans le business, c'est pareil pour tout le monde. Et là, les gens, ils critiquent notre projet. On en reparle dans 2-3 ans, on verra. On reprendra les mêmes commentaires. Il y a un bon by the way.

  161. Nathan Pissaro

    Oui, c'est clair. Le parcours de Eric Larchevêque finalement résume tout et nous dresse un sacré portrait. Le porno, le poker professionnel et la crypto. En résumé, il aime l'argent facile et sans effort.

  162. Eric Larchevêque

    Ah, ça tape, ça tape. Mais bon, il faut assumer. Donc, au début des années 2000, j'avais un business qui venait du Minitel rose où il y avait du divertissement, adulte aussi. Donc, on monétisait des sites internet. Je fais la même chose que Xavier Niel au début. Donc, ça a été un business qui n'était pas si facile que ça.

  163. Nathan Pissaro

    Vous vous connaissez à ce moment-là ?

  164. Eric Larchevêque

    Xavier ? Non. Non, on s'est croisé plusieurs fois à l'époque mais on n'a jamais vraiment échangé. Ensuite, le poker. Ce poker, ce n'était pas un business. J'étais joueur de poker. C'était le troisième joueur français à un moment. Je fais championnat de l'Union, championnat d'Europe. Bon, mais c'était un vrai sport. C'est le sport assis le plus violent.

  165. Nathan Pissaro

    Et le dernier, c'est la crypto.

  166. Eric Larchevêque

    Oui. Alors,

  167. Nathan Pissaro

    je pense que Ledger, ce n'était pas ce qu'on appelle un business facile.

  168. Nathan Pissaro

    ça n'a pas été un business facile. Entre l'usine, avia, dans le match. Oui,

  169. Eric Larchevêque

    en fait, c'est ça, la facilité n'existe pas. Quel que soit le business, c'est simplement, ça ne paraît pas facile. Je pense que c'est comme les grands artistes, les grands danseurs, tu vois, les chanteurs, tu les regardes, tu dis, waouh, ça a l'air tellement simple. Mais derrière, tu as tellement de travail pour réussir à donner l'impression que c'est simple, que les personnes, les athlètes, sans effort, quand ils font des démonstrations, quand ils font, tu vois, dans le cirque, tu dis, waouh, tu dis, ils sourient, ils ne tremblent pas, alors qu'ils mettent une puissance énorme. Mais c'est ça, les vrais professionnels. Et donc, finalement, que les gens se disent, en fait, tout ce qu'il a fait, c'était tellement facile, qu'il aime l'argent, etc. C'est-à-dire, j'ai bien fait mon boulot. Si ça donnait l'impression que c'était si facile que ça, c'est que finalement, j'étais un bon professionnel. Parce que la vérité, non, c'est super dur, c'est pas revenir là-dessus pour les heures, mais il y a énormément de sacrifices, c'est compliqué. Et surtout, on ne le fait pas pour l'argent. De toute façon, là, à ce stade, j'ai suffisamment d'argent pour pouvoir, effectivement, m'acheter une île personnelle, aller là-bas et puis rester tranquille et rien faire et pas m'embêter pour le reste de ma vie. Et pourtant, j'ai envie de revenir. Ce n'est pas pour en gagner plus, c'est pour avoir de l'impact.

  170. Nathan Pissaro

    Surtout que sur le nouveau projet et qu'on en a discuté, on savait que c'était un truc de conviction. Moi, tu m'as dit, écoute Nathan, je ne me relance dans rien. Si ce n'est pas un truc qui va me faire vivre au sens expérience vivre pour la fin de ta vie, jusqu'à la fin de ta carrière. C'est ça,

  171. Eric Larchevêque

    exactement. De toute façon, la seule façon de vivre, c'est d'être dans l'action, d'avoir un projet, d'avoir l'impression de donner du sens à sa vie et d'être utile. Donc, il n'y a que pour ça que tu as envie de te relancer dans l'arène. Moi, je sais que The Bitcoin Society, il y a un vrai objectif, il y a une vraie mission, il y a une vraie conviction derrière. En fait, on investit énormément, on va mettre de l'argent, on va investir. Ce n'est pas un business. Ce n'est pas un truc facile où l'argent va tomber. Je pense qu'on va prendre beaucoup de risques, on va beaucoup s'exposer. Mais c'est ça qui est beau et c'est pour ça qu'on lit.

  172. Nathan Pissaro

    Tu dis que tu veux avoir de l'impact et il y a eu une autre partie de déception des gens, c'est qu'ils voulaient que tu annonces ta candidature au présidentiel en 2027.

  173. Eric Larchevêque

    C'est vrai. Alors déjà, en fait, cette déception et les gens qui m'en veulent de ne pas le faire, déjà, c'est un honneur. Parce qu'en fait, s'ils sont déçus que je n'y aille pas, ça veut dire qu'ils pensaient vraiment que j'avais quelque chose à apporter. Alors, pourquoi je n'y vais pas ? Parce que, oui, c'était une vraie discussion. Puis des gens sont venus me voir, des amis, ils m'ont dit « Mais il faut que tu ailles. » Bon. Simplement, je pense que le jeu politique, ce n'est pas moi. Je ne pense pas que je serais une bonne personne, que je pourrais réussir là-dedans parce que c'est un vrai panier de crabes et je pense que je n'ai pas les capacités de le faire. Tu vois, je ne me sens pas y arriver. Je pense qu'on a tout à perdre. C'est-à-dire que, oui, je pourrais avoir une espèce de mini-base de gens qui trouveraient que j'aurais quelque chose à apporter. Mais entre faire 3% et aller chercher, je ne sais pas…

  174. Nathan Pissaro

    50 ? Oui,

  175. Eric Larchevêque

    il y a vraiment un monde. Alors, oui, aujourd'hui, en fait, un humble maire de New York qui a été élu six mois avant, personne ne le connaissait. Donc, il peut se passer des choses. Macron, quand il est arrivé au pouvoir, personne ne le connaissait avant. Donc, il peut se passer des choses. Mais, moi, je ne suis pas un homme de réseau. Je n'ai pas un réseau. Je n'ai pas, en fait, des choses que je pourrais activer. moi, je suis très, très seul. ce n'est pas ton truc. Non, je ne suis pas social.

  176. Nathan Pissaro

    Tu es solo.

  177. Eric Larchevêque

    Moi, je suis solo. Alors, pas complètement, puisqu'on est là. Mais pour moi, en fait, c'est des cercles très restreints.

  178. Nathan Pissaro

    Mais tu sais que souvent, je t'interromps, parce que, tu sais, on a passé du temps avec des gens, même des gens très connus et qui m'écrivaient après et qui me disaient, voilà, je suis parti, je sais, est-ce que ça va avec Eric et tout ? Parce que, j'ai dit, mais vous savez, Eric, il est, parfois, il a ce petit syndrome un peu Asperger. Il est un peu autiste. Un peu autiste.

  179. Nathan Pissaro

    mais franchement, je pense que, je pense qu'il est vraiment sur une petite partie du spectre.

  180. Eric Larchevêque

    Je pense. Et je ne pense pas

  181. Nathan Pissaro

    s'en formaliser. Moi, on interagit toujours, ça me va hyper bien.

  182. Eric Larchevêque

    Non, mais c'est sûr. En fait, socialement, je n'ai pas forcément les codes. Je peux être très à l'aise en société et je peux faire une conférence, parler, etc. Mais c'est vrai que je suis awkward, tu vois, pour le dire à l'américaine. Et je n'ai pas vraiment les codes sociaux. Donc, pour faire de la politique, je pense que c'est compliqué. Et de toute façon, j'ai plus, j'aurais tout à perdre. Et je ne suis pas sûr d'y arriver. Et je ne suis pas sûr d'être la bonne personne pour le faire. Et de toute façon, mon arène, mon combat, c'est l'entreprenariat. Je pense qu'on peut aujourd'hui impacter le discours politique, économique, par l'entreprenariat. C'est ce qu'on essaye de faire avec The Bitcoin Society. C'est quelque chose de complètement nouveau. La technologie Internet fait évoluer la notion de société. Et donc, avec ce projet, on veut faire quelque chose de nouveau, on le comprendra, je pense, dans les semaines, dans les mois, dans les années qui viennent. La portée de ce qu'on essaye de mettre en place, aujourd'hui, ce n'est pas très lisible. Et c'est normal, quelque chose de nouveau, les gens ne comprennent pas forcément. Et donc, c'est très critiqué, pas de problème. Comme la crypto au début, comme le Bitcoin au début. Tout le monde disait, mais Eric,

  183. Nathan Pissaro

    comment Internet au début ?

  184. Eric Larchevêque

    Qu'est-ce que tu fous là-dedans ? Tu as ouvert la maison du Bitcoin, mais tu es un malade. C'est un truc du crime, du blanchiment. Donc, il y a des gens qui ne me parlaient plus. Et pareil, quand avant, j'étais dans les sites pour adultes, au tout début, les gens, en fait, ils ont arrêté de me parler. Je devais même être parrain d'un mariage dans ma famille. Les gens, ils ont dit, ah, mais non. Mais si. Donc, ça a ton cancel. Je me suis fait cancel par ma famille.

  185. Nathan Pissaro

    Mais en fait,

  186. Eric Larchevêque

    c'était finalement la meilleure chose qui me soit arrivée, parce que je me suis retrouvé seul, entre guillemets, mon tout petit noyau familial, quelques amis, mais je me suis retrouvé libre. Et quelque part, il n'y a rien de plus beau que d'être libre et avoir un cercle social très restreint, finalement. Déjà, moi, ça me va, parce que bon, je suis comme ça et je serais incapable de maintenir un cercle social au-delà de quelques personnes. Mais surtout, ça m'a donné cette liberté, ma capacité de bosser. Parce que moi, pour vivre, j'adore, je bosse tout le temps. Et donc, si j'avais des trucs sociaux, je deviendrais fou. Donc, ouais, je pense que, et pour en revenir un peu et conclure là-dessus, sur sa notion, tu vois, de fracture, de difficulté, tous ces gens qui te tirent vers le bas, tous ces gens, en fait, qui te disent des choses méchantes et en fait, il faut s'en débarrasser. Moi, je dis souvent, les boulets, il faut se débarrasser des boulets. Et même si tu veux aider les boulets, si tu veux aider les autres, tu dois d'abord t'aider toi-même. C'est comme dans un avion, tu as une dépressurisation, tu as les masses qui tombent, tu mets d'abord sur toi. Parce que si tu essaies d'abord sur ton enfant, tu risques de perdre connaissance, aider des personnes. Donc, tu dois d'abord t'aider toi-même. Je crois la responsabilité individuelle. Tu t'aides toi-même, tu te sors et ensuite, tu pourras aider les autres. Et donc, tous les gens négatifs, tous les gens mauvais, tous les gens qui te tirent vers le bas, mais tu coupes, tu coupes, tu coupes. Et moi, j'ai toujours fait comme ça. Après, effectivement, je ne suis peut-être pas la personne la plus entourée du monde, mais les personnes qui sont proches de moi, franchement, c'est un vrai plaisir et vous en faites partie. Je vous remercie. Mais voilà. Et donc, c'est comme ça, en fait, qu'on guérit ses fractures. C'est parfois en choisissant bien ses amis et son cercle proche.

  187. Nathan Pissaro

    Bah, écoute, tu as bien raison. J'adhère. J'adhère, j'adhère, je suis d'accord. Et on parlera, tu parles d'être libre, c'est ce qui fera l'objet d'un prochain épisode. On en parlera très bientôt.

  188. Eric Larchevêque

    Merci beaucoup et n'oubliez pas de vous abonner. C'était le premier épisode de Fracture. On va revenir avec d'autres invités, d'autres sujets. Abonnez-vous. Merci beaucoup. Merci d'avoir passé ce temps avec nous. Merci Tony. Merci Nathan.

  189. Nathan Pissaro

    Avec plaisir.

  190. Eric Larchevêque

    À très vite.